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Thales devra affronter la concurrence pour le "contrat du siècle" en
Arabie saoudite
LE MONDE | 06.05.06 | 14h38 • Mis à jour le 06.05.06 | 14h38
Ce n'est pas une décision favorable à la France que vient de prendre
l'Arabie saoudite. Riyad a fait savoir aux autorités françaises qu'elles
peuvent informer leurs " champions industriels" de la possibilité de
concourir à un appel d'offres international pour le "contrat du siècle".
Connu sous le nom de "Miksa" et évalué - approximativement - à 7 milliards
d'euros, il concerne la surveillance et la protection des frontières du
royaume. Les industriels intéressés doivent se faire connaître d'ici au 5
juin, date à laquelle aura lieu une conférence des soumissionnaires,
suivie, jusqu'au 25 juin, d'une visite sur le terrain.
Cette décision, confirmée vendredi 5 mai par plusieurs industriels,
signifie que Riyad renonce aux négociations de gré à gré avec l'Etat
français qui agissait jusque-là au bénéfice de l'industriel de la défense
Thales. La France est donc ramenée au niveau de ses principaux
concurrents, notamment américains, mais aussi anglais, allemands,
espagnols, italiens et russes.
Si les industriels français (Thales, EADS) ont théoriquement toutes leurs
chances, Riyad vient de refermer la porte aux intérêts français. Selon
plusieurs sources industrielles et gouvernementales françaises, cette
décision est une conséquence du puissant lobbying exercé depuis plusieurs
années par les Etats-Unis. Washington a fait comprendre aux Saoudiens que,
dans un paysage de sécurité qui a profondément évolué depuis les attentats
du 11 septembre 2001, le royaume, devenu la cible du terrorisme, doit se
rapprocher des Etats-Unis. Washington avait peu apprécié que les Saoudiens
choisissent, pour le renouvellement de leur flotte de combat, l'avion
Eurofighter (construit en coopération par la Grande-Bretagne, l'Allemagne,
l'Italie et l'Espagne) au détriment des appareils américains.
La décision des autorités de Riyad constitue un sérieux revers pour la
diplomatie française en Arabie saoudite, tout en constituant un nouvel
indice de la perte d'influence française dans le monde arabe. Lors de la
visite d'Etat, en mars, du président Jacques Chirac à Riyad, les Saoudiens
avaient eu la courtoisie de ne pas annoncer une décision qui était acquise.
Cette interminable négociation, qui dure depuis près de douze ans, avait
été engagée à une époque où l'Etat français contrôlait de facto
l'industrie de défense nationale. Depuis dix ans, le paysage industriel
s'est transformé et il n'était plus question, comme le réclamaient les
Saoudiens, que le gouvernement français se porte garant, y compris
financièrement, pour un industriel privé.
Le "programme de développement de la garde frontière saoudienne" prévoit
notamment la fourniture d'au moins 200 radars, d'un réseau de
télécommunications, de SIC (systèmes d'information et de commandement),
d'hélicoptères, peut-être de drones et d'avions de surveillance.
Laurent Zecchini
Article paru dans l'édition du 07.05.06
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