http://www.lefigaro.fr/france/20060520.FIG000000649_l_informaticien_tente_de_s_abriter_derriere_le_secret_defense.html

L'informaticien tente de s'abriter derrière le secret-défense
20 mai 2006, (Rubrique France)

La stratégie d'Imad Lahoud, qui consiste à «mouiller» les services secrets
et à réfuter les propos de Gergorin et Rondot, comporte nombre de
contradictions.

APRÈS LE GÉNÉRAL RONDOT et Jean-Louis Gergorin, Imad Lahoud passe à la
riposte. Très inquiet des développements judiciaires à venir,
l'informaticien trace, dans l'entretien qu'il a accordé au Figaro, une
ligne de défense claire. S'il a bien reçu les listings informatiques de
Clearstream des mains du journaliste Denis Robert, en mars 2003, il
affirme les avoir aussitôt remis à la DGSE, sans en garder copie. Imad
Lahoud désigne même le général Dominique Champtiaux, directeur de cabinet
du patron des services secrets, comme l'ordonnateur de la mission secrète.

Une manoeuvre de diversion

Les déclarations d'Imad Lahoud se heurtent d'emblée à plusieurs éléments
du dossier. La principale contradiction porte sur les déclarations du
général Rondot. L'officier a expliqué sur procès-verbal, le 28 mars, que
«Imad Lahoud m'apportait (...) de nouveaux listings, à mon bureau (...) Je
lui ai demandé de tester devant moi le système de pénétration de
Clearstream». A la fin d'une de ces expériences, Philippe Rondot s'est
même dit «convaincu de la capacité d'Imad Lahoud à pénétrer un système
informatique».

La deuxième contradiction porte sur le rôle de l'informaticien à la DGSE.
Alors qu'il affirme avoir été «missionné» par le directeur de cabinet du
patron des services secrets, la DGSE expliquait la semaine dernière au
Figaro qu'il n'avait «jamais passé les portes de la caserne Mortier,
n'avait jamais été engagé à quelque titre que ce soit». Or, d'autres
sources à la «piscine» indiquaient qu'Imad Lahoud aurait été vu une
dizaine de fois dans un «local de contact» dans Paris et qu'il aurait
effectivement vendu un cédérom de Clearstream.

Cet aspect peut inciter Imad Lahoud et son avocat, Me Olivier Pardo, à
demander le moment venu la levée du secret-défense sur les éventuels
documents que l'informaticien aurait remis à la DGSE. «Ce qui aurait
inévitablement pour effet de créer une manoeuvre de diversion, un
coupe-circuit», souligne une source judiciaire. La ligne de défense d'Imad
Lahoud consiste à nier en bloc la détention et donc la manipulation des
fichiers de Clearstream. Il conteste même avoir entretenu des relations
sur le sujet avec Jean-Louis Gergorin. Des dénégations qui ont peu de
chances de convaincre les juges.

Mais dans une affaire où les affirmations sont souvent fluctuantes, et
même si Jean-Louis Gergorin a reconnu avoir envoyé les lettres anonymes,
la principale difficulté des magistrats consistera à trouver les preuves
matérielles de la manipulation des fichiers. En attendant, le général
Rondot, qui a refusé de répondre à la convocation des magistrats, devrait,
dès lundi, être conduit par la force à leur cabinet.E. D.


http://lefigaro.fr/france/20060519.WWW000000802_imad_lahoud_jetais_en_mission_pour_la_dgse_.html

Propos recueillis par ERIC DECOUTY
19 mai 2006, (Rubrique France)

CLEARSTREAM L’informaticien, suspecté d’être l’auteur des faux listings,
continue à nier avoir falsifié des documents et conteste les propos du
général Rondot.

Dans sa chambre d’hôpital à Paris, Imad Lahoud a reçu Le Figaro hier
après-midi en présence de son épouse et de son avocat Me Olivier Pardo.
Fatigué, nerveux, au bord des larmes, l’informaticien a accepté de
répondre aux soupçons dont il fait l’objet, dans un entretien que ses
médecins ont voulu bref.


LE FIGARO. – Comment avez-vous rencontré Jean-Louis Gergorin ?

Imad LAHOUD. – Le 8 octobre 2002 à la fin d’un déjeuner qu’il prenait avec
mon frère Marwan Lahoud (aujourd’hui PDG d’une filiale d’EADS, NDLR) au
siège d’EADS. Je venais de sortir de détention provisoire (il est
poursuivi dans une petite affaire financière, NDLR) et il s’est montré
très gentil. Il m’a proposé de lui envoyer un CV. Deux ou trois mois plus
tard, alors que j’étais au chômage, sa secrétaire m’a appelé pour un
rendez-vous. Jean-Louis Gergorin m’a proposé un contrat de consultant.

Quelle était votre activité ?

Etablir une cartographie des entreprises de défense en Europe et dans le
monde.

A partir de quand avez-vous été en relation avec le général Rondot ?

J’ai été présenté par Jean-Louis Gergorin au général Rondot au début de
l’année 2003. C’est lui qui m’a mis en contact avec la DGSE. J’ai
travaillé pour la DGSE de février 2003 à mai 2003. De juin 2003 à juillet
2004, je travaillais essentiellement pour le général Rondot.

Que faisiez-vous ?

Je travaillais exclusivement sur les réseaux de financement islamistes.
Toutes les notes de mon travail existent à la DGSE, c’est très facile à
vérifier.

Dans quelles conditions avez-vous rencontré le journaliste Denis Robert ?

De mémoire, c’était en févriermars 2003. Lors d’une mission que m’avait
confiée la DGSE. L’objectif était de récupérer le maximum de documents
visant Clearstream, une chambre de compensation qui intéressait les
services et sur laquelle Denis Robert avait beaucoup travaillé comme
journaliste. J’ai été obligé de le tromper pour obtenir ce que l’on
m’avait demandé...

Quelles preuves avez-vous de cette mission ?

Elle m’a été confiée par le général Dominique Champtiaux, directeur de
cabinet de Pierre Brochant, le directeur de la DGSE. Des documents
l’attestent, il suffit de lever le secret défense.

Avez-vous récupéré des documents auprès de Denis Robert ?

Oui et je peux même vous dire qu’à la DGSE, ils étaient épatés que je
ramène un cédérom.

Y avait-il des noms de personnalités sur ce cédérom ?

Non.

Qu’avez-vous fait de ces documents ?

Je les ai remis le soir même de mon rendez-vous chez Denis Robert à un
collaborateur du général Champtiaux, dont je préfère taire le nom. Mais
tout ça est parfaitement archivé à la DGSE. Il y a les traces de ma
mission et des notes que je leur ai faites expliquant les mouvements
financiers qu’il était possible de faire au sein de Clearstream.

Avez-vous gardé une copie du cédérom ?

Non ! J’ai remis à la DGSE les listings et mes notes.

Le général Rondot était-il informé de cette «mission » ?

Évidemment. Il l’a su par la DGSE dès le lendemain de ma visite chez Denis
Robert. Ensuite, je lui en ai parlé et je peux vous dire que je me suis
usé la salive à essayer de lui faire comprendre le fonctionnement de
Clearstream.

En avez-vous parlé à Jean-Louis Gergorin ?

Non. Nous n’avons parlé de Clearstream et de l’histoire du corbeau qu’en
octobre 2004 après que son nom et le mien ont été cités dans la presse.

Comment expliquez-vous que le général Rondot affirme que vous êtes
l’auteur des falsifications des listings ? Dans son procès-verbal, il dit
que vous lui avez fait des démonstrations.

Je n’ai jamais pénétré le système informatique de Clearstream. Je n’ai
jamais essayé. Je n’ai donc jamais fait de démonstration. D’ailleurs,
qu’aurait-il compris ?... Il ne fait pas la différence entre un portable
et un fer à repasser. Lorsque je lis ses déclarations, je ne reconnais pas
la relation que nous avions. Je ne comprends pas. Maintenant, je le mets
au défi d’apporter la plus petite preuve à ses accusations.

Dans ses déclarations à la presse, Jean-Louis Gergorin laisse clairement
penser que vous êtes sa source...

J’en ai entendu parler... Pourtant ce n’est pas moi le corbeau et ce n’est
pas moi le falsificateur. Je n’étais pas le seul informaticien à le
fréquenter. Tous les cabinets, tous les consultants de Paris étaient en
relation avec lui...

Selon les expertises, le disque dur de votre ordinateur aurait été
partiellement effacé, la nuit, quatre jours avant une perquisition ?

Vous n’êtes pas sérieux... Le système « Eraser », que n’importe qui peut
télécharger, permet d’effacer certains fichiers tous les jours à minuit.

En affirmant que vous avez remis les listings à la DGSE, vous sousentendez
qu’ils ont pu y être falsifiés...

Je n’en sais rien mais je dis que c’est possible.



http://www.lefigaro.fr/france/20060519.WWW000000804_le_domicile_parisien_dimad_lahoud_perquisitionne.html

Le domicile parisien d’Imad Lahoud perquisitionné
Eric DECOUTY
19 mai 2006, (Rubrique France)

Les magistrats ont concentré leurs recherches sur l’informaticien  
soupçonné d’avoir falsifié les listings Clearstream. Ce qu’il continue de  
nier.

BEAUCOUP le voient comme « le maillon faible » de l’histoire. En novembre  
2004, le général Rondot exprimait même à son sujet, dans ses désormais  
fameux carnets, sa crainte qu’ « I. L. dévoile ce qu’il sait ». I. L. :  
Imad Lahoud, un informaticien au passé trouble, proche de Jean-Louis  
Gergorin et principal suspect dans la falsification des fichiers de  
Clearstream.

Hier, pendant une grande partie de la journée, les juges Pons et d’Huy  
accompagnés de leurs greffiers et d’une équipe de policiers ont  
perquisitionné le domicile parisien d’Imad Lahoud. S’il n’a pas été placé  
en garde à vue à l’issue de cette « visite », d’autres rendez-vous  
judiciaires l’attendent, les enquêteurs ayant accumulé contre lui un grand  
nombre de charges.

La première concerne l’origine des listings falsifiés envoyés au juge Van  
Ruymbeke en mai et juin 2004. Entendu comme témoin par les policiers en  
août 2005, Lahoud a nié être le corbeau, mais a reconnu avoir été en  
contact avec le journaliste Denis Robert en 2003. Celui-ci, après la  
publication d’une enquête sur Clearstream, lui aurait montré des listings  
originaux de la société luxembourgeoise, mais sans lui en donner copie.

Interrogé à son tour, le 21 octobre 2005 puis le 15 mars 2006, Denis  
Robert livre une tout autre version : « Imad Lahoud est venu me voir en  
mars 2003 (...) Ce jour-là devant un témoin, je lui ai remis des listings  
de Clearstream que je détenais. » Et en juillet 2004, lorsque la presse  
publie les listings qu’a envoyés le corbeau à la justice, désignant une  
kyrielle de personnalités, Denis Robert les avait jugés « comparables au  
(sien) : même typographie, mêmes expressions ». A une différence près :  
les documents que s’était procurés le journaliste-écrivain ne présentaient  
aucun nom de personne.

Destruction de fichiers

Autre élément à charge contre Lahoud : les déclarations aux juges de  
Rondot enregistrées le 28 mars dernier. L’officier déclare qu’en novembre  
2003, Jean-Louis Gergorin lui a remis « un listing informatisé comportant  
des numéros de compte avec des noms (...) d’hommes politiques de droite et  
de gauche ». Il ajoute : « Jean-Louis Gergorin a fait état auprès de moi  
de la pénétration du système informatique de Clearstream par Imad Lahoud  
et du fait que le listing qu’il m’avait remis provenait de cette  
pénétration. »

Dans ses notes personnelles, le général Rondot présente même Imad Lahoud  
comme « l’informaticien » auteur de la falsification. A ces charges  
s’ajoute la destruction de fichiers dans l’ordinateur d’Imad Lahoud à  
EADS, en pleine nuit et quatre jours avant la perquisition de son bureau.

Pour l’heure, Imad Lahoud fait simplement savoir par son avocat qu’il «  
conteste l’ensemble des faits qui lui sont attribués ».

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