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Une seule déclaration de Nicolas Sarkozy a permis de faire basculer
l'affaire Clearsteam sur le dos du premier ministre

lundi 22 mai 2006, par Bertrand Dussauge

Après une seule déclaration à la presse le 28 avril, Nicolas Sarkozy
est progressivement sorti de l'affaire Clearstream. Au lendemain de
l'audition du ministre de l'intérieur le 10 mai, les juges Jean-Marie
d'Huy et Henri Pons ne protègent plus leur collègue, le juge Renaud
Van Ruymbeke, et rapportent sa rencontre avec Gergorin. Après ce
dernier rebondissement, les témoins ne cesseront d'accabler Dominique
de Villepin pour le faire plonger avec eux.

La chronologie des faits sur Clearstream que les quotidiens se plaisent
à publier actuellement est intéressante si l'on observe une date :
celle à laquelle Dominique de Villepin sera constamment associé à
l'actualité des déclarations des juges et des témoins au bénéfice
du ministre de l'Intérieur. Ce dernier mobilise les médias à
volonté. Le « Watergate » français est déclenché dans les médias
le 28 mars, jour de la perquisition chez EADS. Les premiers noms cités
dans l'article du Journal du Dimanche, le 2 avril sont : Alain Juillet,
actuel haut commissaire à l'intelligence économique, Nicolas Sarkozy
et Dominique Strauss-Kahn.

Comme un aimant puissant sur les médias, le président de l'UMP est
cité à la Une des journaux pour le moindre déplacement. La raison
est d'abord économique : le nombre de lecteurs augmente à chaque
fois. Ces lecteurs aiment les déclarations acidulées, les métaphores
accessibles au plus grand nombre et les attaques qui blessent les
représentants du pouvoir quels qu'ils soient. Bien sûr le taureau
dans l'arène est encore Dominique de Villepin. Mais pour combien de
temps ? Le premier ministre saigne sous le feu des banderilles
(violences, CPE...), il subit les derniers coups de lance pour
sectionner les muscles qui lui soutiennent la tête haute. Il est
possible que Nicolas Sarkozy n'ait pas besoin de porter l'épée qui
lui fera mordre le sable. Jacques Chirac pourrait s'en charger afin
d'effacer le plus mauvais conseiller de son règne à l'Elysée.

C'est pourquoi, lorsque la perquisition chez EADS est médiatisée,
Nicolas Sarkozy est systématiquement cité alors que disparaissent
rapidement des colonnes les DSK, Madelin ou Chevènement. Alors, le
candidat à la présidentielle le plus populaire de la droite doit
choisir entre une stratégie de défense avec sa détermination à
obtenir toute la vérité sur les propos échangés entre le général
Rondot et D. de Villepin et une attaque frontale avec son premier
ministre, sans remettre en cause sa participation au gouvernement.

Il faudra attendre le 28 avril pour que Nicolas Sarkozy accuse le
premier ministre de ne pas avoir déclaré son innocence. A partir de
ce même jour, Jacques Chirac sort de son mutisme et essaye de
protéger son poulain. Les médias, et particulièrement Le Monde,
suivent l'accusation de Nicolas Sarkozy et ne cesseront d'associer le
nom du premier ministre à tous les rebondissements de l'affaire
d'Etat. En comparant les courbes du nombre d'articles citant les deux
hommes du gouvernement depuis le 28 mars, celle de Dominique de
Villepin ne passera plus jamais en dessous de celle de son ministre de
l'intérieur à partir du 28 avril. Après la démission de J-L
Gergorin qui n'avoue pas tout de suite l'identité du pseudo « corbeau
», l'édition en ligne de Libération publiera plus d'articles sur
l'affaire Clearstream que son confrère Le Monde. Les aveux de
Gergorin, licencié d'EADS, et ceux du général Rondot innocentent
Nicolas Sarkozy. Il ne reste que quelques semaines pour connaître la
fin du film, qui mériterait la palme d'or du festival de Cannes, si le
premier ministre ne parvient pas à acheter le silence de Gergorin, de
Rondot et des autres figurants qui vont entrer en scène.


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