http://www2.dw-world.de/french/thema/1.183590.1.html

26.05.2006

Publication du rapport sur les écoutes du BND

Jusqu'ici, le dossier était classé « confidentiel ». Mais
l'affaire des services de renseignements allemands a pris une telle
ampleur dans le pays que le rapport de la commission de contrôle
parlementaire vient d'être publié. Un document très attendu
puisque le BND, le service de renseignement fédéral allemand, aurait
mis sur écoute certains journalistes, ce qui est interdit par la loi.
Le gouvernement abonde dans le sens du rapport.

C'est un rapport allégé qui a été publié sur le site internet du
Bundestag. Certains passages ont été masqués de noir pour protéger
les personnes mentionnées, conformément à une décision de justice
préalable. Une publication retardée, et pour cause : ce rapport
pourrait déclencher une véritable crise politique, comme le
laissaient déjà supposer les indiscrétions qui avaient filtré ces
derniers jours.

L'affaire est en effet compliquée. D'une part, les services du BND
sont soupçonnés d'avoir placé des journalistes sur écoutes, pour
identifier d'éventuels informateurs. Parmi les journalistes
surveillés : le directeur due l'hebdomadaire Der Spiegel. Et
d'autre part, les services secrets auraient chargé certains hommes
de presse d'espionner leurs collègues. Ces mesures sont qualifiées
par le rapport d' « en grande partie contraires à la loi ».

Les regards se portent avec insistance en direction du secrétaire
d'Etat à l'Intérieur, August Hanning, qui a dirigé le BND entre
1998 et 2005. Son éviction poserait toutefois problème étant donné
son rôle clef pour assurer la sécurité durant la Coupe du Monde de
football. Egalement mis en cause, Ernst Uhrlau, successeur de Hanning
à la tête du BND et qui était à l'époque coordinateur des
services de renseignement auprès du chancelier. Il a d'ailleurs
présenté ses excuses au nom de ses services. Mais le nom le plus
célèbre à n'en pas douter est celui de Frank-Walter Steinmeier,
actuel ministre des Affaires étrangères, chef de cabinet à la
chancellerie durant ces années.

179 pages plutôt explosives, donc. L'opposition réclame la
constitution d'une commission d'enquête. La confédération des
avocats demande un contrôle plus efficace des services de
renseignement. Le gouvernement a quant à lui condamné l'atteinte à
la vie privée et à la liberté de la presse que représentent les
écoutes téléphoniques. Berlin affirme n'avoir été informé de la
collaboration de certains journalistes avec le BND qu'en début
d'année. Des pratiques désormais interdites : la mise sur écoute
comme l'utilisation de journalistes comme informateurs.

La confédération des journalistes a qualifié la surveillance de leur
profession d' « attentat contre la liberté de la presse », tout en
condamnant le fait que certains journalistes aient travaillé avec le
BND. Le président de la confédération a réclamé lui aussi un plus
grand contrôle politique des services de renseignement.
Sandrine Blanchard


--~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~
You received this message because you are subscribed to the Google Groups 
"guerrelec" group.
To post to this group, send email to [email protected]
To unsubscribe from this group, send email to [EMAIL PROTECTED]
For more options, visit this group at http://groups.google.com/group/guerrelec
-~----------~----~----~----~------~----~------~--~---

Répondre à