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Ces yeux qui nous matent de l'espace
Les satellites militaires de télédétection
Mohamed SIHADDOU - Espionnage militaire depuis l'espace n'est plus un
secret depuis longtemps. La télédétection spatiale a été largement
vulgarisée pendant les trois derniers conflits majeurs (Yougoslavie,
Afghanistan, Iraq).


Mais une certaine ambiguïté est savamment entretenue autour de la
capacité des satellites militaires de télédétection par les
détenteurs de ces technologies spatiales et amplifiée par les
médias. Bien que ces satellites soient de plus en plus performants,
leur résolution n'a pas encore atteint le niveau de sophistication
diffusé par certains films d'espionnage ou de science fiction.

- Instruments diplomatiques et psycho-médiatiques

Le 25 avril dernier, le satellite israélien de télédétection
baptisé D3 Eros B1 a été mis en orbite par la fusée russe Topol
depuis le cosmodrome de Svobodny en Sibérie. Le satellite, dit-on, est
équipé de capteurs optiques d'une résolution proche de 70 cm et
gravitera autour de la Terre à une altitude entre 480 et 600 km. Cet
engin rejoint d'autres satellites israéliens déjà en orbite depuis
1998 (série Ofek et Eros).

Bien que la date de lancement du satellite, qui coïncide avec
l'anniversaire de la Shoah, revêt un caractère hautement symbolique
pour l'Etat hébreu, les dirigeants israéliens semblent envoyer un
message instantané à leur ennemi potentiel, Mahmoud Ahmadinejad le
président iranien qui a renouvelé un jour auparavant ses menaces
contre Israël. Effectivement, quelques jours plus tard, Israël
diffuse de nombreuses images d'Eros B1 sur plusieurs sites sensibles
des pays arabo-musulmans considérés hostiles, dont l'Algérie et
l'Iran.

Shaoul Mofaz, le ministre israélien de la Défense, a déclaré que «
ce satellite (Eros B1) va permettre à Israël de recueillir de
précieuses informations loin de ses frontières...». Le président de
l'agence spatiale israélienne a affirmé que les images qui seront
prises par Eros B1 permettront de suivre avec précision les programmes
militaires iraniens disséminés à travers tout le pays, notamment de
localiser les centrifugeuses nucléaires et de détecter les
installations souterraines dans les plus petits détails. Et la presse
internationale titrait qu'Israël suivra à la loupe le programme
nucléaire iranien, toutefois sans s'interroger sur les capacités
réelles de ce satellite.

Sans aucun doute, les déclarations des dirigeants israéliens et la
diffusion des images d'Eros B1 rentrent dans le cadre de la guerre
psycho-médiatique. Elles visent simplement à faire peur ou à
impressionner, surtout à faire douter les dirigeants iraniens. Il est
vrai que le satellite D3 Eros B1 est un avantage stratégique sur
l'Iran, mais en aucun cas il pourra surveiller de plus près le
programme nucléaire iranien, ou bien encore espionner les activités
militaires ultrasensibles souvent bien protégées. Le plus concevable
pour ce satellite sera de fournir des images de localisation des
installations militaires en surface comme par exemple les bases de
lancement des missiles balistiques capables de frapper Israël. En tout
cas, l'Iran est sous haute surveillance par une multitude de satellites
occidentaux à haute résolution, surtout américains, et les
israéliens ont sûrement accès à leurs données.

Le responsable du NRO (National Reconnaissance Office) organisme
américain chargé de l'exploitation des données et de l'analyse des
images transmises par les satellites militaires a déclaré il y a 3
ans que « les satellites-espions américains peuvent identifier un
homme dans son jardin, lire le journal qu'il tient dans ses mains et
prendre son visage en photo ». Or, depuis les attentats du 11
septembre 2001, les Américains sont à la recherche d'Oussama ben
Laden et ces satellites hors du commun n'arrivent toujours pas à
l'identifier ou à savoir où peut-il bien se cacher! Combien de
missiles à guidage laser et par satellite ont été largués sur les
refuges supposés de Saddam Hussein et n'ont jamais réussi à
l'atteindre. Et Abou Mousaab Al-Zarkaoui, chef d'Al-Qaeda en Iraq,
demeure introuvable par ces satellites sophistiqués et ceci malgré sa
présence dans un espace bien précis et sous le contrôle total de
l'armée américaine.

-Limitations techniques évidentes

Ces déclarations donnent lieu à de fausses informations et des
commentaires erronés véhiculés le plus souvent par la presse. Du
genre que les satellites-espions peuvent savoir la composition de votre
dîner ou de votre sandwich et lire les titres des journaux... Non
seulement les plus perfectionnés des satellites militaires actuels
sont bien loin de telles performances, mais ils sont encore bien loin
d'y parvenir dans un futur proche. Actuellement, les meilleures
résolutions officieusement évoquées par les spécialistes ne
descendent pas au-delà de 10 cm, ce qui ne permet pas d'identifier un
visage ou encore moins de lire les titres des journaux.

En plus des limitations de la résolution et sans évoquer les
perturbations météorologiques et atmosphériques, le meilleur des
satellites militaires ne peut observer à travers les murs ou les
toitures, et encore moins dans les bunkers souterrains ou les grottes.
Même s'il est vrai que des capteurs radars (Lacrosse, Discovery II...)
de plus en plus sophistiqués permettent de remédier partiellement à
ces limitations, leur résolution est nettement moins bonne que celle
des capteurs optiques.

Certes, la puissance des micro-processeurs a permis des avancées
spectaculaires dans le domaine de la télédétection spatiale mais
sans pour autant atteindre le niveau des films de science fiction. Le
développement de l'intelligence artificielle (systèmes experts) et la
capacité des logiciels de traitement d'images construits autour de
procédés algorithmiques puissants (opérations arithmétiques,
morphologie mathématique, reconnaissance des formes...) permettent de
détecter certains objets qui n'apparaissent pas en surface ou
camouflés comme les mines par exemple. Ce sont des opérations
onéreuses en temps et en opérateurs puisqu'il s'agit souvent
d'opérations non-instantanées et non-automatiques. Toutefois,
l'application des traitements numériques puissants ne garantit ni
l'analyse correcte du contenu de l'image, ni l'interprétation exacte
des informations extraites, et ne compense pas non plus la faible
résolution.

Il faut signaler également que les satellites à haute résolution ne
permettent pas une observation sans interruption. En effet, un
satellite militaire de télédétection est en orbite basse, dite
héliosynchrone (inférieure à 1500 km d'altitude), défile
constamment autour de la Terre, ce qui ne permet pas de surveiller en
permanence une cible donnée. Et plus la résolution est élevée, plus
la zone d'observation sera réduite, ce qui constitue une limitation
inhérente. Pour avoir une image en permanence et qui couvre une grande
zone, il faut placer le satellite en orbite géostationnaire à 36000
kilomètres de la Terre. Mais une orbite si éloignée de la Terre
constitue une limitation évidente à la haute résolution.

Enfin, les services de contre-espionnage des différents Etats ont
souvent recourt à des ruses et des astuces de camouflage pour contrer
ou brouiller l'action de l'espionnage par satellite. Ainsi, l'armée
irakienne utilisa de faux véhicules militaires gonflables qui, vus de
l'espace, semblaient tout à fait authentiques.

-Suprématie américaine

En matière de précision, les Etats-Unis conservent une avance majeure
sur l'ensemble des pays détenteurs des technologies spatiales.
L'histoire de l'espionnage spatial militaire américain a débuté avec
des satellites connus sous le nom KH (Key Hole, trou de serrure)
contrôlés par le NRO, organisme qui est né le 25 août 1960 sous
l'impulsion du Président Eisenhower. Il fut créé dans le but
d'assurer des renseignements efficaces aussi bien militaires
qu'économiques à travers le monde pour les institutions militaires et
les entreprises américaines. Aujourd'hui, le NRO posséderait des
satellites de télédétection uniques au monde. Le premier satellite
KH-1 Corona a été lancé en 1959 et a été suivi par divers
modèles: KH-4B, puis KH-5 Argon et jusqu'au KH-6 Lanyard.

Tous ces modèles à technologie essentiellement analogique ont été
remplacés par une série de satellites beaucoup plus évolués à
transmission numérique et en temps réel, désignée sous le nom
KH-11. Le premier modèle dénommé Kennan équipé de capteurs offrant
une résolution, dit-on, autour de 15 cm, a été mis en orbite le 19
décembre 1976. Pour atteindre de telles performances, les
spécialistes estiment que ce satellite a été équipé d'un miroir de
2,3 m de diamètre presque identique à celui du télescope spatial
Hubble mis en orbite le 24 avril 1990.

Le dernier satellite de la série KH-11 a été placé en orbite en
1988. Deux ans plus tard, l'armée américaine lança une nouvelle
série de satellites beaucoup plus performants au nom KH-12 Crystal. En
1995, une version encore plus évoluée baptisée Improved Crystal, a
été envoyée dans l'espace. Ce satellite est équipé de capteurs à
vision nocturne opérant dans différentes longueurs d'onde du visible
et de l'infrarouge avec une résolution de 10 cm (?). Et utilisant une
technologie radar à ouverture synthétique d'une résolution de 30 cm.
Grâce à la technologie radar, ce satellite est capable d'observer la
Terre de jour comme de nuit et dans des conditions géographiques et
météorologiques extrêmes (nuages, brouillard, végétation...).
Aujourd'hui, une quinzaine graviterait en orbite héliosynchrone à des
altitudes variant entre 200 et 1200 km.

La technologie de ces satellites militaires est une des technologies
les mieux protégées au monde. Leurs vraies caractéristiques sont
gardées secrètement et leurs orbites précises ne sont jamais
dévoilées. Même si on peut relativement deviner les performances de
ces satellites en recoupant les diverses informations disponibles et en
se référant aux satellites civils de plus en plus performant dont la
technologie est dérivée, par contre il est difficile d'évaluer avec
précision leur capacité réelle. Tout ce qu'on peut dire, c'est que
ces satellites espions sont de gros télescopes spatiaux, semblables à
Hubble, mais tournés vers la Terre.

Si la tendance technologique se maintient à ce rythme, certainement de
nouveaux satellites beaucoup plus performants seront mis en orbite dans
les années à venir et pourront détecter des objets plus petits que
10 cm. En tout cas, NRO s'est engagé à mettre au point des capteurs
encore beaucoup plus évolués et qui pourront même observer en
profondeur sous la Terre.

-Satellites civils proches des militaires

Depuis quelques années, les militaires et les organismes de
renseignement n'ont plus le monopole de l'exploitation des images
satellites à haute définition. Des entreprises privées américaines
et russes ont le droit de commercialiser des images d'une résolution
d'un mètre, soit à peine plus que celle d'Hélios, le satellite
militaire français, mais interdites à la vente pour certains pays
sous embargo technologique (Cuba, Corée du Nord, Iran...). Une bonne
interprétation de ces images, recoupée avec des informations d'autres
sources, permet de dévoiler les endroits les plus secrets de notre
planète.

En effet, depuis 1995, date à laquelle l'administration Clinton a
rendu publique les images des anciens satellites KH, le gouvernement
américain autorise des entreprises privées à vendre des images avec
une résolution de plus en plus fine. Avant cette date, la loi
américaine interdisait de commercialiser des images satellite d'une
résolution inférieure à 10 mètres. En septembre 1999, Space Imaging
a ainsi lancé le satellite Ikonos, d'une résolution de 80 cm. Ce
satellite, est une version, dit-on, allégée du satellite KH 11,
fabriqué par le même constructeur, Lockheed Martin. Pour la première
fois, un satellite civil permet d'obtenir des images d'une précision
proche de celle des satellites espions militaires.

Bien que les satellites de télédétection civile présentent des
résolutions plus faibles que celles des satellites militaires, les
grandes surfaces qu'ils couvrent les rendent précieux pour les
renseignements militaires stratégiques. Les services rendus par le
satellite français SPOT durant la guerre du Golfe (1991) ont suscité
un vif intérêt chez les militaires américains. Depuis, l'US Air
Force a conçu un réseau de stations mobiles désignées « Eagle
Vision », permettant de recevoir des images de différents satellites
civiles (SPOT, Landsat, IRS-1, ERS-1, Radasat...).

Le 17 avril 2000, les Russes ont mis sur Internet des images du
satellite KVR-1000 d'une résolution de 2 m. Les Américains ont réagi
rapidement en proposant au grand public des images d'une résolution
inférieur à 1 m. Le 15 mars 2000, la Federation of American
Scientists (FAS) a mis sur son site Internet des images extrêmement
précises des installations nucléaires pakistanaises. La consultation
de ces images donne une idée de l'espionnage satellitaire que se
livrent depuis des années les pays détenteurs de ces technologies
spatiales.

Cette compétition entre Russes et Américains n'est pas pour battre
les records scientifiques mais s'inscrit dans une véritable bataille
commerciale pour gagner des contrats, qui oppose désormais des
entreprises privées de quelques pays détenteurs de cette technologie
spatiale. De plus en plus des résolutions militaires fines sont
cédées au domaine public; ainsi, la résolution d'un mètre est
largement suffisante pour obtenir de précieuses informations
stratégiques militaires et civiles ou pour la cartographie de zones
sensibles (Ikonos :1m ; Quickbird: 70 cm).

Le géant américain d'Internet Google proposera bientôt un vaste
choix d'images satellites. Google Earth est actuellement au stade
expérimental, mais déjà la première version, mise en ligne cet
été, permet d'observer avec une grande précision de nombreux sites
stratégiques dans le monde. Un clic de souris sur un planisphère et
vous voilà au dessus de votre quartier, village, ou la ville que vous
voulez visiter. De nombreux pays se sont plaints de la diffusion de
leur territoire par Google mais les lois américaines ne l'interdisent
pas. Sauf pour un seul pays au monde : Israel. Les images au-dessous
d'une résolution de 2 mètres concernant ce pays sont interdites à la
diffusion.

-Satellites russes inconnus

Malgré cette rude bataille commerciale, les russes ne semblent pas
vouloir divulguer leur entière capacité en matière de
télédétection spatiale. Les performances d'une soixantaine de
satellites militaires russes actuellement en orbite sont peu connues,
quoique disposant certainement des technologies similaires à celles
des satellites américains. Si l'on croit le ministère russe de la
Défense, la Russie n'a plus un seul satellite-espion opérationnel. Il
est vrai que ces dernières années, les fusées russes n'ont lancé
que des satellites pour le compte des autres pays. Et pour avoir une
capacité en télédétection spatiale permanente, il faut procéder au
lancement périodique de nouveaux satellites car leur espérance de vie
est limitée.

-Satellites européens à haute résolution

Quant à l'Europe, la télédétection militaire était jusqu'à une
date récente très dépendante de l'armée américaine. Ce sont ces
derniers qui fournissaient à leurs principaux alliés en Europe les
images satellites à haute résolution mais que d'une façon
sélective. Le premier programme militaire dénommé Hélios n'a été
mis en œuvre qu'en 1995, grâce principalement à l'apport financier
et technologique de la France (80%) avec une participation de l'Italie
(13%) et de l'Espagne (7%). Ce programme de télédétection militaire
a débuté effectivement le 7 juillet 1995 avec le lancement d'Hélios
IA, suivi par Hélios IB le 3 décembre 1999. Ces deux satellites ont
fourni des milliers d'images durant les conflits en Irak et en
Afghanistan.

Le programme Hélios I a été remplacé par un système dit de
deuxième génération dénommé Hélios II. Ce programme, développé
par la France (95 %) en coopération avec l'Espagne (2.5 %) et la
Belgique (2.5 %), repose également sur deux satellites. Le premier
satellite de ce programme appelé Hélios IIA a été placé en orbite
le 18 décembre 2004. Jusqu'à présent, les militaires refusent de
révéler la résolution précise de ce satellite et utilisent le plus
souvent des périphrases telles que « largement inférieure à 1
mètre » ou « de l'ordre de quelques dizaines de centimètres ».
Certains spécialistes estiment que sa résolution est située entre 30
à 70 cm (?).

Ce satellite a une optique fonctionnant dans des longueurs d'ondes
visible et infrarouge et équipée de filtres pour la vision nocturne.
Sa position sur une orbite héliosynchrone à une altitude d'environ
700 km lui permet une quinzaine de rotation autour de la Terre et une
capacité d'une centaine d'images par jour. Les images Hélios sont
exploitées principalement par le Centre d'Interprétation des Données
Satellites (CIDS) européen à Torrejon (Espagne) sous la tutelle de
l'Union de l'Europe Occidentale (UEO) et également par d'autre centres
militaires de télédétection situés en France, en Italie et en
Belgique.

-Technologie monopolisée par quelques pays

La télédétection spatiale a connu ces dernières années une
avancée spectaculaire mais la technologie spatiale proprement dite
reste toujours le monopole de quelques pays. La coopération est très
limitée dans ce domaine à cause des réticences liées aux risques de
détournement technologique. Actuellement, une quinzaine de pays sont
en train de développer plus ou moins officiellement des technologies
spatiales dans le domaine de la télédétection. Des pays émergeants
comme l'Inde, le Pakistan, le Brésil, la Corée du Sud et du Nord,
l'Iran... travaillent depuis quelques années sur différents
programmes expérimentaux. Le Brésil a tenté, à deux reprises, son
entrée dans le Club de l'Espace, mais en vain. L'Iran compte lancer
prochainement un micro-satellite, mais une certaine confusion persiste
sur ses véritables capacités spatiales. Le Japon, envisage de lancer
en juillet prochain un deuxième satellite de télédétection d'une
résolution équivalente à 1 mètre pour surveiller de près la
péninsule coréenne.

-Télédétection et renseignement humain

Stratégique et décisive, la maîtrise des technologies de
l'information. Dans un monde de plus en plus complexe, l'accès à
diverses sources d'informations et aux renseignements civils et
militaires est fondamental dans la prise des décisions politiques,
économiques ou militaires. On sait, en effet, depuis plusieurs années
que la télédétection spatiale est un domaine à usage militaire et
civil qui ne diffère pas des autres domaines techniques. Les
satellites de télédétection sont devenus indispensables aux
scientifiques et aux industriels comme aux militaires.

Cependant, le renseignement humain est difficilement remplaçable par
les satellites, quelque soit leur niveau technologique et leur
sophistication ou leur quantité. Le satellite, l'avion, ou le drone ne
sont que des moyens parmi d'autres. L'espionnage classique exercé par
des agents sur le terrain ne sera jamais abandonné ou relégué au
second plan, que ce soit pour l'intelligence économique, politique ou
militaire.


Mohamed SIHADDOU-Ingénieur en Télédétection Toulouse/FRANCE
Mardi 23 Mai 2006 - 12:26


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