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Affaire Clearstream
Un autre informaticien sur la branche du corbeau

Ancien auditeur d'Arthur Andersen, Florian Bourges aurait pu transmettre  
la base des comptes clients.
par Renaud LECADRE
QUOTIDIEN : mercredi 07 juin 2006

Une nouvelle «source» fait son entrée dans l'affaire du corbeau : Florian  
Bourges, ancien auditeur du cabinet Arthur Andersen. Chargé en 2001  
d'expertiser le système informatique de Clearstream, à la demande de la  
chambre de compensation soucieuse de défendre sa réputation, il avait  
recensé quelques curiosités. Et Florian Bourges se dit désormais prêt à  
témoigner devant un juge d'instruction.

«Risque». Imad Lahoud, l'autre informaticien suspecté d'avoir bidouillé  
les fichiers de Clearstream, entendu ce matin par les enquêteurs sous le  
régime de la garde à vue, ne se prive pas de déplacer vers lui l'angle de  
tir : «Florian Bourges proposait de vendre des documents à qui voulait les  
acheter», indiquait-il ces derniers jours à Libération comme au Canard  
Enchaîné. Et de suggérer que la DGSE ou Jean-Louis Gergorin auraient pu se  
laisser tenter, histoire d'alimenter les lettres anonymes. Me Paul-Albert  
Iwens, avocat de Gergorin, affirme que son client n'a pas prononcé son nom  
durant son audition fleuve de la semaine dernière. En fait, Bourges aurait  
été utilisé par Lahoud pour se faire mousser auprès de Gergorin.

L'écrivain-journaliste Denis Robert, dans l'un de ses livres consacré à  
Clearstream (la Boîte noire), faisait allusion à ce mystérieux auditeur  
informatique sous le pseudonyme de Jonas. Qui lui aurait envoyé l'e-mail  
suivant : «Je possède la base clients complète. Je vous donne légitimement  
la priorité, je n'ai encore contacté personne d'autre. Je vous laisse  
proposer un prix.» Denis Robert a décliné l'offre mais a pris gratuitement  
Bourges sous son aile, jusqu'à lui faire rencontrer le juge Renaud Van  
Ruymbeke en octobre 2004. L'auditeur lui aurait alors fait part de ses  
doutes sur le rajout de personnalités dans le fichier Clearstream. C'est  
ce que raconte Denis Robert dans son quatrième livre sur l'affaire  
(Clearstream, l'enquête), écrit en dix-sept jours et à paraître demain :  
«Florian n'est pas la personne décrite comme ayant touché de l'argent. Il  
prend un gros risque en témoignant publiquement, mais il est obligé de  
sortir du bois.» L'avocat d'Imad Lahoud, Me Olivier Pardo, a affirmé hier  
soir à l'AFP qu'il avait déposé un référé au tribunal de grande instance  
de Paris pour faire suspendre la parution du livre le temps de l'audition  
de son client «car la publication d'informations vraisemblablement  
douteuses [...] est perturbatrice pour [son] client».

Bizarreries. Libération avait rencontré Florian Bourges il y a trois ans.  
L'audit de Clearstream se résumait pour lui à un «énorme point  
d'interrogation». Plusieurs centaines de transactions comportaient des  
dates manifestement erronées. Environ 2 000 transactions mentionnaient des  
comptes bancaires qui officiellement n'existaient pas... «J'ai transmis ça  
à mon manager, qui m'a dit de le garder pour moi», affirmait-il à  
l'époque. L'audit final d'Arthur Andersen s'est contenté d'imputer ces  
bizarreries à des erreurs de manipulation commises par des clients de  
Clearstream. Mais Florian Bourges demeurait sceptique. Depuis, ses  
soupçons ont grandi.

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Petit cours d'archéologie sur ordinateur

par Renaud LECADRE
QUOTIDIEN : mercredi 07 juin 2006

Décidément, l'affaire Clearstream rend Dominique de Villepin  
particulièrement fébrile. Hier, Matignon a pris les devant dans l'Est  
républicain en démentant une «nouvelle manipulation» : en janvier 2004,  
Imad Lahoud aurait écrit une note au Premier ministre pour en résumer les  
tenants et aboutissants. Concomitante à la désormais fameuse réunion du 9  
janvier, entre Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin et le général  
Rondot, cette note confirmerait qu'il suivait l'affaire comme le lait sur  
le feu et témoignerait d'un lien direct entre le Premier ministre et  
l'informaticien d'EADS.

L'avocat de Lahoud, Me Olivier Pardo, nie l'existence d'une telle note.  
Selon le quotidien messin, elle serait évoquée dans le livre de Denis  
Robert. En réalité, ce dernier s'est livré à de l'archéologie informatique  
: à partir d'un mail (avec fichier attaché en pièce jointe) que lui avait  
envoyé six mois plus tard Imad Lahoud, Denis Robert s'est contenté sur les  
conseils avisés de Florien Bourges de cliquer sur «propriétés» dans le  
menu fichier pour voir apparaître l'historique de la pièce jointe :  
celle-ci a été créée le 4 janvier sous le titre DDV sur l'ordinateur  
d'Imad Lahoud, a été copiée par Jean-Louis Gergorin en vue de préparer son  
rendez-vous avec Dominique de Villepin. Il ne s'agit donc pas d'une note  
directe de Lahoud à Villepin. Mais ce dernier n'allait pas se priver de  
crier au complot.

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