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SCOOP : Gergorin aux juges : « le ministère de la Défense a pénétré le
système Clearstream »
Le 03/06/2006 à 22 h 15 - par Laurence Dequay
Lorsqu'il rencontrait ces dernières semaines les journalistes, Jean-Louis
Gergorin jouait les va-en-guerre. A la justice affirmait-il, il
dévoilerait bientôt le nom de trois sources différentes qui l'avaient
conduit à répercuter, au plus haut de l'Etat, des soupçons de corruption
voire de collusion avec la maffia russe pesant sur tant sur des
industriels, des fonctionnaires et des hommes politiques (parmi lesquels
Nicolas Sarkozy). Pourtant de son propre aveu, selon ses premières
déclarations devant les magistrats D'Huy et Pons dont Marianne a pu en
exclusivité prendre connaissance, l'ancien vice-président d'EADS n'a pas
eu le premier juin dernier, recours à ces fables. Et s'il n'a pas donné
explicitement le nom de sa source - selon son avocat Paul-albert Iweins,
Gergorin en fait une question d'honneur -, l'ex-vice-président d'EADS a
été suffisament précis pour que les enquêteurs puissent dès mercredi,
mettre sous pression l'informaticien Imad Lahoud, avant de demander
éventuellement son incarcération. Voici pourquoi…
Aux juges, Gergorin a en effet affirmé que sa source était un « hacker » du
système Clearstream et que ce dernier a, durant des mois, opéré en liaison
avec des responsables du Ministère de la Défense. « J'étais et reste
persuadé que ces informations viennent d'une pénétration informatique de
Clearstream pendant plusieurs mois en liaison avec des responsables du
ministère de la défense dans les conditions que vous connaissez, leur
a-t-il précisé. En aucune façon, je n'ai altéré ou fait altérer ces
éléments informatiques. » Cette source, selon Gergorin, lui a fourni
verbalement, puis sous forme de shémas manuscrits mettant en scène des
flux financiers, des informations provenant du système Clearstream de fin
juin 2003 à début juin 2004. Puis, elle a persévéré en livrant des
résultats d’infiltrations antérieures. « Le hacker peut avoir une série de
données sans les exporter par un téléchargement, assène Gergorin. C'est
cet annuaire que j'ai présenté au Général Rondot en septembre pour obtenir
une vérification des informations troublantes.»
Les premières investigations lancées, l'affaire « Clearstream » intéresse
au plus niveau de l'Etat. Elle motive une réunion au Quay d’Orsay devenue
fameuse, le 4 janvier 2004, de Rondot, Gergorin et Dominique de Villepin
dans le bureau du ministre des Affaires étrangères. Devant les magistrats,
Jean-Louis Gergorin a confirmé et explicité cette mobilisation. « A partir
de janvier 2004, le général Rondot souhaitait intensifier les pénétrations
afin de décrypter les transactions et l'apport d'informations relatives
aux comptes les plus significatifs, a expliqué l'expert en stratégie. Il a
alors demandé à la source de fournir l'intégralité des fiches
transactionnelles extraite de Clearstream sous forme Access.... (ndlr :
une procédure informatique qui permet de ne pas être repéré)". Début avril
2004, la source a produit un listing complet des comptes référencés à
Clearstream, incluant les comptes d'Euroclear et les comptes ouverts à
travers des chambres de compensation nationale. Baptisée pompeusement «
Super-annuaire », ce registre aurait comporté plus de...33 000 comptes. «
Fin mai, la source nous informe, - Rondot et moi-même -, que 895 comptes
avaient été fermés en bloc le 12 mai 2004. Probablement à la suite des
investigations de Renaud Van Rymbeke (le juge en charge de l’enquête sur
les frégates auquel Gergorin a confié ses soupçons) », précise Gergorin.
Avec difficulté, l’ex vice-président d’EADS aurait par la suite obtenu de
sa source un CD-Rom du Super-annuaire. Mais il l’aurait fait poster à
Renaud Van Rymbeke sans prendre le temps de le visionner. Bizarrement,
l’infortuné magistrat ne reçut jamais ce document! Gergorin aurait alors
réclamé une nouvelle copie à sa source. Las, celle-ci lui aurait affirmé
ne plus disposer que d'extraits du listing, lesquels seront tout de même
recopié sur un nouveau CD-Rom et envoyé à RVR.
Lorsqu'ils interrogeront Imad Lahoud mercredi 6 juin, les juges D'Huy et
Pons mettront bien évidement les déclarations de Jean-Louis Gergorin, en
parrallèle avec le premier procès verbal d'interrogatoire du Général
Rondot. Dans ce document explosif, l'ex agent secret en poste au ministère
de l'Intérieur, racontait comment Imad Lahoud, après l'avoir entraîné sur
des collines à l'Ouest de Paris, lui avait affirmé qu'il s'infiltrait en
direct, par l'intermédiaire de son ordinateur portable, dans le système
Clearstream. Ce que Lahoud a vigoureusement démenti. Plus accablant
encore, selon nos informations, les deux juges disposent également de
scellés très intrigants saisis au siège de la DGSE. Il s'agit de plusieurs
CD-Rom, non-classés confidentiel défense, remis par Imad Lahoud à ce
service sous enveloppe de papier kraft. Sur l’étiquette d’un de ces
scellés, les magistrats ont saisi deux post-it. Sur le premier est écrit :
« listes comptes-totalité comptes av 2000 idem corbeau » et sur le second
« celui-là est complet.». Par l'intermédiaire de son avocat Olivier Pardo,
Imad Lahoud a annoncé mercredi qu'il prendrait ces distances avec
Jean-Louis Gergorin. Va-t-il avouer avoir produit ces pièces à
l'instigation de son ancien patron ? S'il reste sur ces dénégations, il
aura le plus grand mal à convaincre les enquêteurs qu'il n'est pas la
fameuse source aujourd'hui tarie...
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