http://www.lefigaro.fr/eco/20060616.FIG000000085_les_nouveaux_marches_de_la_securite_globale.html

Les nouveaux marchés de la sécurité globale
Arnaud de La Grange
16 juin 2006, (Rubrique L'actualité économique)

Pour relancer le secteur stagnant de l'armement terrestre, les industriels
misent, au salon Eurosatory 2006, sur des domaines connexes comme
l'antiterrorisme ou la sécurité des frontières. 

Parler de défense, de sécurité extérieure ou intérieure dans les allées
d'Eurosatory 2006, c'est presque faire montre de ringardise. Le grand salon
international de la défense terrestre, qui s'achève aujourd'hui, était placé
sous le signe de la «sécurité globale». Les industriels prennent acte de
l'effacement des frontières entre menaces internes et externes. Et, surtout,
tentent de relancer un secteur à la courbe désespérément stagnante. 

Après la chute du mur de Berlin, les budgets de défense terrestre avaient été
fortement réduits. L'après-11 Septembre, ses risques et ses interventions
occidentales en cascades (Afghanistan, Irak...) aurait dû inverser la
tendance. Or ce n'a pas été le cas. «Le marché de l'armement terrestre est
plutôt plat», reconnaît Luc Vigneron, patron du Gicat (Groupement des
industries de défense terrestre). Ce qui n'empêche une participation record au
salon. «Pour relancer la demande, les entreprises font assaut d'innovations,
poursuit Luc Vigneron. Parallèlement, ils élargissent l'offre «défense» à des
domaines connexes, la protection des personnes, la sécurité des frontières,
l'antiterrorisme...» 

Guerre «infocentrée» 

Ce marché de la «sécurité globale», les experts d'EADS l'estiment à quelque 35
milliards d'euros pas an. Pour Hervé Guillou, responsable de la branche
«défense et systèmes de communication» du groupe, on observe bel et bien un
«transfert progressif des activités de défense du champ de bataille vers la
sécurité ou le maintien de la paix». Une entreprise comme la Sofema peut
rénover des blindés français, équiper la police brésilienne, vendre des moyens
d'écoute, faire des audits portuaires ou offrir des services d'intelligence
économique. 

Pour l'heure, cependant, ce sont encore les marchés traditionnels – les armées
de terre, donc – qui prédominent. «Les parcs vieillissants vont devoir être
renouvelés et il faudra prendre les décisions gelées depuis la fin de la
guerre froide, explique encore Luc Vigneron. Tout le monde observe l'évolution
des doctrines d'emploi des grandes armées occidentales avant de faire ses
choix.» Ces doctrines sont en pleine révolution. Notamment avec la
numérisation et le concept de guerre «infocentrée». L'électronique envahit les
systèmes d'armes terrestres, jusqu'au niveau du fantassin. Des technologies
que l'on ne trouvait jusque-là que dans l'aéronautique descendent au niveau du
sol. Et des entreprises plus habituées au Salon du Bourget se retrouvent en
force à Eurosatory. BAE Systems, Thales, Safran ou EADS en tête. 

Partenariats européens 

L'autre grande «tendance», d'ailleurs, c'est la troisième dimension.
«Eurosatory, ce n'est plus seulement le blindé à roues, commente le général
Bernard Norlain, PDG de la Sofema. Tout passe aujourd'hui par l'air ou
l'espace, qu'il s'agisse des déplacements ou des communications.» Les drones,
des mini-engins (lire ci-dessous) aux grands avions sans pilote comme le
Neuron de chez Dassault, survolent ainsi le salon. Le général Bernard
Thorette, chef d'état-major de l'armée de terre, y a d'ailleurs parlé
d'«aérocombat». 

Reste la question de l'ordre de bataille industriel. En inaugurant le salon,
le ministre français de la Défense a encore plaidé pour un regroupement de
l'industrie européenne de défense terrestre. Michèle Alliot-Marie a ainsi
salué le partenariat technologique entre le français Giat Industries – qui a
renoué avec les bénéfices en 2005 – et l'allemand KMV sur les blindés médians.
Une «première étape encourageante». Dans le même esprit, le délégué général
pour l'armement, François Lureau, a annoncé que l'Allemagne allait rejoindre
la France et l'Espagne dans le programme EuroMALE, un drone de surveillance de
moyenne altitude. 

Signe des temps, l'Agence européenne de défense et l'état-major des forces de
l'UE étaient présents sur le salon. Avec un stand de surface encore réduite,
mais de grandes ambitions. 


http://www.lefigaro.fr/eco/20060616.FIG000000088_depenses_militaires_en_hausse_dans_le_monde_mais_en_baisse_sur_le_vieux_continent.html

Dépenses militaires en hausse dans le monde, mais en baisse sur le Vieux
Continent 16 juin 2006, (Rubrique L'actualité économique)
 
n Les dépenses militaires mondiales ont atteint un niveau record en 2005, à 1
118 milliards de dollars – dont la moitié revenant aux Etats-Unis – selon le
rapport annuel de l'Institut international de recherche pour la paix à
Stockholm (SIPRI). Une hausse de 3,4% par rapport à 2004. Le Moyen-Orient est
la région où la hausse a été la plus importante. L'Europe, par contre, est la
seule partie du monde dont les dépenses militaires ont baissé, de 1,7%,
essentiellement à cause des réductions des budgets de défense en Europe de
l'Ouest. 

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