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Réseaux sociaux: dogfood pour la NSA

Edition du 17/06/2006 - par Marc Olanié 

L'alerte a été donnée il y a déjà quelques mois par les principaux
spécialistes en « intelligence économique » : les réseaux sociaux, LinkedIn,
6nergie, Viaduc et consorts, tout comme les blogs à caractère professionnel,
sont de véritables mines d'informations que n'hésitent pas à compiler les «
social engineers ». Dans les coulisses du Cert IST, au cours des causeries du
Clusif, entre deux petits-fours sauce ISO27001, tout le monde s'accorde à dire
que « les gens » sont plus diserts et plus enclins aux confidences sur ces
nouveaux médias humains. Probablement même bien plus que par courriel, car ces
réseaux reposent essentiellement sur la scénarisation de l'égotisme (du
nombrilisme ?) des contributeurs. Reste que ces inquiétudes n'ont été
partagées que dans le cadre étroit des réunions de spécialistes.

Aux Etats-Unis, nous apprend un article du New Scientist, la très secrète NSA
st en train d'évaluer les capacités de d'extractions analytiques offertes par
ces serveurs. Cette forme de « data mining » pourrait constituer à la fois un
trésor inestimable en matière de matériau d'approche, mais en plus apporter
une matière premières inépuisable aux grandes centrales de renseignements.
Depuis des lustres, la NSA notamment, a affiné ses outils de filtrage,
d'analyse et de corrélation d'informations, notamment dans le secteur des
écoutes téléphoniques -Monsieur Georges Bush Jr en apprécie d'ailleurs la
performance-. Etendre ces outils de recoupage aux informations « dataminées »
sur le Web ne devrait pas poser trop de problèmes, explique le New Scientiste.
L'étape suivante consiste à multiplier ces sondages en profondeurs, à les
étendre à d'autres data centers -sécurité sociale, contributions directes,
puis à examiner à combien de « degrés de distance » Monsieur Untel, répondant
à tel profil, se situe par rapport à Monsieur Ixe, soupçonnée de sympathie
avec le milieu islamiste, la mafia russe ou l'amicale des joueurs de loto de
l'Idaho (de loin les plus dangereux d'un point de vue intellectuel). 

En d'autres termes, les barbouzes américains tentent de mettre la population
des habitués des réseaux sociaux dans une formidable feuille de calcul, dans
le but d'établir une cartographie des « liaisons dangereuses » : combien de
liens entre John Smith et Oussama Ben Laden ? Combien de liens également entre
ce même John Smith et le directeur du réacteur nucléaire le plus proche ?
C'est avec de telles statistiques que l'on parvient parfois à démasquer une
taupe, en vertu de l'adage « cherchez la femme ». C'est également en vertu de
ce principe que des milliers de personnes ont été victimes de la folie
maccarthyste. A la seule différence que, dans les années 50, il fallait au
moins une dénonciation anonyme pour expédier quelqu'un en prison. Désormais,
il suffira de se loguer sur Myspace et d'accepter le « parrainage » de l'ami
d'un ami d'un ami. 

Et ce n'est pas là un délire paranoïaque. C'est même, précisent nos confrères
américains, le sujet d'études très sérieuses sur l'analyse sémantique des
structures des réseaux sociaux. Et de citer un mémoire d'Universitaires du
Maryland et de Georgie sur ce sujet, recherches encouragées par un certain
Arda, Advanced Research Development Activity, un des tentacule de la NSA
chargé de trouver comment exploiter au mieux les montagnes d'informations que
collecte chaque mois l'agence de renseignement la plus secrète des Etats Unis.

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