http://www.guerrelec.asso.fr/Lettre/PAGE28_FRAMEBD_ARCHIVES.htm

LA LETTRE DE GUERRELEC N° 28
Juin 2006

    * PP30 : Le plan prospectif à 30 ans de la DGA
      Antennes DEDALE contre les mines
      Des armées en pleine transformation
      Le programme Galileo
      La simulation ELINT : une vision bien française
      LTO et renseignement : la solution Thales
      Le Mirage IV raconté chez Guerrelec par ses acteurs
      Un as de la chasse nous a quitté



PP30 : Le plan prospectif à 30 and de la DGA

Un outil de préparation de l'avenir au ministère de la Défense

Depuis 1997, année de la création du Service d'Architecture des
Systèmes de Forces (SASF) de la Délégation Générale pour
l'Armement (DGA), la préparation de l'avenir au sein du ministère de
la Défense a connu un développement déterminant.
Une importante matérialisation de cette démarche s'est traduite deux
ans plus tard par une première version du "Plan Prospectif à 30 ans"
(PP30), devenu rapidement un élément central pour la préparation du
futur au sein du ministère.

Ce document de synthèse, fruit collectif de contributions et
réflexions fournies par différents services du ministère de la
Défense (la DGA, l'état-major des armées, les états-majors de
forces, la délégation aux affaires stratégiques), est "l'instrument
principal de l'idenfication des besoins et de l'orientation des études
et des recherches de défense". Il a en effet un rôle fondamental en
matière de programmation et de cohérence des études de défense
menées par le ministère, que ce soit les études amonts (EA) ou les
études à caractère opérationnel ou technico-opérationnel (EOTO).
Il contribue ainsi à l'éclairage des décisions ou arbitrages
capacitaires et constitue un élément essentiel de la préparation des
futurs programmes d'armement.

Prenant appui sur le livre blanc de 1994, et tenant compte du modèle
d'armées 2015 que les LPM successives ont l'ambition de rejoindre, le
PP30 procède à une analèse prospective croisée s'appuyant sur trois
piliers complémentaires :

    * d'abord la prospective géostratégique, qui s'attache à
identifier les grandes tendances des futures évolutions possibles du
paysage géostratégique et des acteurs des relations internationales
actuels et à venir, en mettant en lumière les dynamiques
énergétiques, démographiques, économiques, environnementales,
etc..., pouvant influer sur ces évolutions. Ces "possibles"
géostratégiques, tels qu'envisagés, permettent d'aboutir à une
analyse large des risques et menaces découlant de ces évolutions
susceptibles de peser sur les engagements futurs,
    * ensuite, la prospective opérationnelles, qui précise les
capacités militaires nécessaires pour faire face au champ des risques
et menaces identifiés et qui trace une perspective de la typologie des
engagements futurs. Une attention particulière est apportée à la
montée en puissance de nouvelles natures de menaces (menaces
asymétriques, terrorisme, ...) ou de nouveaux champs d'affrontement
potentiels, recouvrant par exemple les hypothèses
d'instrumentalisation croissante de l'infosphère ou de militarisation
de différents milieux, y compris l'espace. La prospective
opérationnelle examine également les conséquences de l'évolution du
concept de défense au travers du continuum sécurité
intérieure/sécurité extérieure,
    * enfin, la prospective technologique, qui s'efforce d'analyser
l'impact des potentialités technologiques futures ou des ruptures
technologiques éventuelles sur la satisfaction des besoins
opérationnels envisagés, conduite au travers des grands pôles
d'expertise techniques de la DGA. Cette démarche croise d'une part le
résultat des activités de veille technologique générale et d'autre
part, les résultats d'études technico-opérationnelles mettant en
rapport les besoins capacitaires et la définition de concepts
techniques susceptibles d'y répondre à terme. Elle vise à tirer
parti autant que possible d'un impératif croissant de dualité
civilo-militaire. Elle aboutit ainsi non seulement à identifier les
technologies les plus prometteuses pour les futurs systèmes de
défense mais aussi à développer des "idées de systèmes" (IdS),
concepts novateurs tant sur un plan technologique qu'opérationnel et
destinés à alimenter la réflexion commune DGA/EMA en terme de
systèmes futurs. C'est naturellement ce pilier technologique qui fait
tout particulièrement l'objet d'un dialogue approfondi avec
l'industrie.



Les domaines de recherche inscrits dans le PP30 concernent tous les
aspects fondamentaux identifiés par les militaires et les industriels
de la défense. On y trouve les missiles, la gestion du champ de
bataille, les transmissions, les armes innovantes, ...

Cette approche prospective globale, synthétisée dans le PP30,
s'appuie sur une décomposition du système de défense en systèmes de
forces, au nombre de cinq -"Dissuasion" (DIS), "Commandement et
maîtrise de l'information" (CMI), "Protection, mobilité et soutien"
(PMS), "Engagement et combat" (EC) et "Protection et sauvegarde" (PS)-,
qui regroupent des ensembles cohérents et fédérateurs de moyens
militaires ou capacités concourant à la réalisation d'un même
objectif opérationnel, et constituent le cadre structurant naturel
dans lequel se développe la réflexion. Ces systèmes de forces
transcendent, sans pour autant la négliger, l'organisation par
services "Terre/Air/Mer" pour développer une approche capacitaire
véritablement interarmées.

En complément des visions prospectives générales à moyen et long
terme mentionnées précédemment, le PP30 intègre des réflexions sur
des problématiques structurantes transverses, qui en enrichissent la
vision. C'est par exemple le cas du processus de "transformation" qui
fait l'objet en France de réflexions approfondies depuis plusieurs
années. Ce processus, marqué par une volonté forte de se donner les
moyens de rester durablement performant dans le context de menaces
mouvant, asymétrique, destabilisant qui est celui d'aujourd'hui,
traduit l'ambition d'asseoir la supériorité de nos forces par la
maîtrise globale de l'information. Cette ambition trouve en partie sa
concrétisation au travers du "concept global des opérations en
réseaux". Domaine crucial dans lequel la guerre électronique tient
évidemment une place de choix.

L'ensemble de ces réflexions s'inscrit enfin dans une vision
prospective du paysage européen et de ses évolutions, en particulier
dans le contexte de la montée en puissance de l'Agence Européenne de
la Défense (AED).

Le PP20 tente ainsi d'initier l'identification des capacités
opérationnelles et des domaines technologiques susceptibles d'être
partagés au niveau européen, ou devant être maîtrisés dans un
cadre purement national.

Socle fondamental de la vision prospective partagée au sein du
Ministère de la défense, le PP30 est un outil essentiel de
pérennisation du système de défense de la France, en particulier en
ce qui concerne l'identification et la préparation des futurs
programmes d'armement. Il vise à présent à contribuer également aux
réflexions capacitaires et de préparation de l'avenir à l'échelle
européenne, tant en terme de démarche que de résultats. Faisant
déjà l'objet de premiers échanges avec l'AED et quelques partenaires
européens, le PP30 sera ainsi décliné fin 2006 en une version
spécifique exhaustive à usage de l'AED et de ses pays membres.

Une synthèse publique du PP30 est disponible sur le site Internet du
Ministère de la défense à l'adresse suivante :
www.defense.gouv.fr/sites/defense/enjeux_defense/politique_de_defense/objectifs/synthèse_du_plan_prospectif_a_30_ans/

ou taper les mots-clés "plan prospectif" dans le moteur de recherche
du site du Ministère.

Hervé Manière
DGA/D4S/SASF/SDCP
début
        r



Antennes DEDALE contre les mines



Engin de mort brutal, inssaisisable et omniprésent, la mine reste
encore au XXIe siècle l'une des armes les plus terrifiantes qui soient
alors même que, paradoxalement, elle demeure l'une des moins chères
à fabriquer. Voici plusieurs décennies que l'électronique est
apparue dans les mines antichar avec les premiers capteurs
magnétiques, et, depuis cette époque, les familles de mines
intégrant des capteurs électroniques magnétiques, infrarouge,
sismiques, à jauges de contraintes et autres, ... ont très largement
diversifié une menace efficace et robuste.

Pour apporter des contre-mesures efficaces à cette menace qui pèse
sur la mobilité des forces, MBDA France a choisi la voie du leurrage
des capteurs de ces mines, opération qui consiste à simuler de
fausses cibles devant les capteurs de mines pour les activer sans
dommage pour le porteur. Cette démarche engagée dpuis 10 ans a permis
de faire appel à l'experience acquise par MBDA France dans le domaine
des systèmes de missiles et a conduit à la création de plusieurs
systèmes innovants comme DEDALE et SOUVIM2 qui vont équiper
prochainement les régiments de la Brigade du Génie de l'Armée de
terre française.

Le générateur de signatures magnétiques DEDALE est destiné à faire
exploser en avant du véhicule porteur les mines antichar équipées de
tous types de capteurs magnétiques. En opération, DEDALE permet de
protéger la charue de déminage d'un engin de brêchage, confère aux
véhicules d'accompagnement des chars une réelle capacité de
désengluement et enfin, permet d'assurer des missions de sécurisation
ditinéraire. Mission primordiale en OPEX où les forces sont
comptées.

SOUVIM2 est lui, un système d'ouverture d'itinéraire capable de
traiter la totalité de la menace "mine" d'un itinéraire composé de
routes ou de piste et de baliser dans la foulée la voie sécurisée à
l'attention des convois logistiques qui le suivent.

Ces deux matériels spécialisés seront en service dans trois
régiments du Génie de l'armée française à compter de 2008 ; à
Illkirch-Graffenstaden (1er RG), à Metz (2e RG) et à Versailles (5e
RG).

Patrick Claveau
MBDA France
début




Des armées en pleine transformation




En réponse aux besoins croissants d'échanges d'information et de
communications : assurer la continuité du commandement pour les forces
en mouvement

Le contexte général et les besoins des forces armées sont
actuellement en pleine mutation. Aujourd'hui, la plupart des
opérations deviennent interarmées ou interalliées (Union Européenne
ou OTAN): plus d'efficacité passe notamment par une connaissance
partagée de la situation opérationnelle, quel que soit le type de
théâtre (urbain, classique ou lacunaire).
Les méthodes de travail en sont bouleversées: d'une transmission de
l'information très hiérarchisée, d'un management très vertical,
nous allons passer d'ici quelques années à une distribution de
l'information rapide, ciblée et transverse.
Un contexte de transformation du champ de bataille qui influe
directement sur les offres de la Business Unit de Thales Land & Joint
Systems pour assurer la mise en œuvre de ces opérations
info-centrées : il faut augmenter les débits et la mobilité, traiter
l'intégration de systèmes hétérogènes, rendre les systèmes
extrêmement flexibles, reconfigurables et interopérables. Ajoutons
que les besoins varient d'un client à l'autre, d'où la nécessité de
solutions modulaires et incrémentales.

DES EVOLUTIONS A ANTICIPER
Le "Business Model" est lui aussi en pleine mutation. Les succès de
Thales sur les marchés des communications tactiques ont été bâtis
en partie sur des partenariats avec les industriels locaux.
Aujourd'hui, il faut en outre nouer des alliances stratégiques pour
comprendre, influencer et développer les standards de fait, qui
accéléreront l'évolution du marché sur les nouvelles offres. Le but
est ainsi d'avoir une longueur d'avance par rapport à la concurrence.
Les succès "en solo", comme celui de la radio PR4G seront de moins en
moins fréquents.

CINQ ANNEES DE SUCCES...
La Business Unit Communications Tactiques de Thales a su, ces
dernières années, évoluer pour commencer à répondre à ces
transformations, en proposant des produits toujours plus performants et
en sachant anticiper sur la concurrence. Au-delà du succès mondial du
PR4G ou du MBITR, l'activité HF a été multipliée par quatre en cinq
ans et des offres prometteuses ont été développées:
faisceaux hertziens haut débit, solutions d'intercomm IP, solutions
système IP apportant une véritable valeur ajoutée à l'intégration
de moyens COTS (Commercial Off The Shelf).

... A CONSOLIDER !
Toutefois, les défis à relever pour rester un leader du marché sont
encore nombreux. C'est pourquoi la Business Unit travaille sur de
nouvelles lignes de produits offrant davantage de débit, de mobilité,
de transversalité, de sécurité et d'interopérabilité, tout en
simplifiant la gestion des systèmes. Les réseaux radio haut-débit
(cf. encadré HCDR en page ci-contre), les solutions sécurisées à
base de technologies civiles sans fil comme WiFi ou WIMAX : voilà
quelques-uns des "Dream Products" dont la recherche, la définition, le
développement et la production vont occuper lesannées qui viennent.


De façon pratique :

    * L'augmentation des détails se traduit par l'adoption de forme
d'onde toujours plus efficace mais aussi par une montée en fréquence
inéluctable (la physique est têtue) et / ou en étalement en
fréquence pour les applications nécessitant une extrême discrétion.
    * L'augmentation de la mobilité se traduit par une recherche de
miniaturisation plus poussée, dont les conséquences dépassent
largement la partie radio (émission réception) du produit. Les
principales évolutions apparaitront surtout au niveau des batteries et
des antennes qui s'intègrent dans les
      vêtements des combattants ou qui deviendront "virtuelles" grâce
à l'emploi du laser pentoseconde pour les émetteurs de grandes
puissances.
    * Le besoin de tranversabilité se traduit entre autre par une
gestion des réseaux simples pour l'utilisateur, chaque terminal étant
doté de capacité de reconfiguration automatique au niveau des
fréquences utilisées mais aussi des formes d'onde, ce qui permet de
traiter /'intégration des systèmes hétérogènes. Les principes
utilisés dans le monde
      civil, tel Bluetooth, sont repris et adaptés.
      Le besoin d'interoperabilité se traduit, entre autre, par le
développement de passerelles sécurisées vers des solutions à base
de technologies civiles sans fils tel que le WiFi au WIMAX.



L'exemple de la HCDR
LeRéseau Radio Haut-Débit, aussi appelé HCDR
(High Capacity Data Radio),est une nouvelle ligne de produits qui, par
incréments successifs, permettra de répondre aux problématiques de
mobilité, de haut-débit, de sécurité, de transversalité et
d'interopérabilité. Grâce à la HCDR un bond technique considérable
sera réalisé.

Elle intégrera pour cela des technologies de la radio logicielle
(SDR,Software-Defined Radio), pourra traiter beaucoupplus
d'informations et sera programmable et reconfigurable à volonté. La
HCDR accueillera différents protocoles de transmission,existants ou a
venir supportant de nouvelles applications de transmission de données
multimédia.


Ce véritable ordinateur miniature, constitué d'un système
d'exploitation standardisé et de ses logiciels dédiés (protocoles de
transmission et services associés), permettra de déployer en 2008 un
véritable réseau de communication radio à large bande mobile et
sécurisé en complément des réseaux de radios de combat existants.


Avec un peu d'imagination, on peut même rêver d'intégrer dans cet
équipement un mode interception GE afin de doter les forces de
capacité d'analyse du proche environnement électromagnétique.

Philippe Guillaume
Directeur domaine GE et radiosurveillance - Business line C2 ISR -
Thales Systèmes Terre et Interarmées
début



Le programme GALILEO




GALILEO, programe européen de radio navigation par satellites, vise à
rendre disponible sur la quasi totalité du globe terrestre un ensemble
de services de positionnement et de datation précise. Jusqu'à
présent, les seuls systèmes de radionavigation par satellites
existants étaient le GPS américain et le GLONASS russe, tous deux
étant conçus, réalisés et mis en œuvre par des militaires pour
répondre à des besoins de défense.

Prenant conscience de l'enjeu stratégique de ce type de système,
l'Union européenne a décidé dès 1999 de soutenir le programme
GALIlEO, dans le but d'assurer l'autonomie de l'Europe en matière de
radionavigation. GALILEO va ainsi constituer la seule véritable
alternative à l'actuel monopole mondial du système GPS. Ce sera par
ailleurs le premier grand projet d'ifrastructure dont l'Union
européenne sera propriétaire.

La phase de développement de GALILEO est co-financée à parité par
l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne, cette dernière
assurant la maîtrise d'ouvrage déléguée du projet. Pour cette
phase, la maîtrise d'œuvre a été confiée au consortium industriel
Galileo Industries, qui a pour mission de réaliser et de mettre en
orbite les quatre premiers satellites de la constellation, et de
réaliser l'infrastructure sol minimale permettant de valider les
principes de fonctionnement du système.

Pour la phase de déploiement complet du système, prévue en 2009 et
2010, et pour la phase d'exploitation du système sur une durée de 20
ans, le principe d'un partenariat public-privé a été retenu. Le
processus contractuel de cette «mise en concession» devrait aboutir
avant la fin de l'année 2006. GALILEO, qui devrait être opérationnel
fin 2010, sera au final constitué d'une constellation de pas moins de
30 satellites répartis sur trois plans inclinés à 56° par rapport
à l'équateur et voyageant à l'altitude de 23 616 km. Chaque plan
comportera dix satellites, pesant environ 650 kg chacun. Chaque
satellite fera le tour de la terre en 14 heures environ. Deux centres
de contrôle et de mission Galileo en Europe surveilleront le
fonctionnement des satellites, notamment des horloges atomiques qu'ils
contiennent, et assureront le traitement du signal d'intégrité. Le
dialogue entre le sol et les satellites se fera au travers de 4 ou 5
stations réparties sur l'ensemble de la planète.
Par décision du conseil des ministres de l'Union européenne de
décembre 2004, GALILEO pourra fournir cinq types de services
différents:

    * un service ouvert (OS:Open Service), disponible gratuitement pour
tout utilisateur ayant un écepteur Galileo;
      un service commercial (CS:Commercial Service), qui offrira des
prestations à valeur ajoutée moyennant le paiement d'un droit;
    * un service de sauvegarde de la vie humaine (Sol:Safety of life),
comportant une information d'intégrité du signal de haut niveau;
    * un service gouvernemental réglementé (PRS: Public Regulated
Service), réservé aux autorités publiques des États membres de
l'Union européenne;
    * un service de recherche et secours (SAR: Search And Rescue), qui
apportera d'importants avantages par rapport au système actuel
COSPAS-SARSAT, notamment en matière de précision de localisation et
de retour d'information vers le «naufragé». Contrairement aux quatre
premiers services, le SAR permettra une liaison bidirectionnelle entre
l'utilisateur et le système GALILEO, dans la mesure où la
constellation a ici pour objectif de détecter et de localiser
l'émission de l'utilisateur, puis de lui communiquer des informations.

En termes de défense et de sécurité, l'Europe a bien sûr,
rapidement pris conscience du risque de voir les capacités de
positionnement et de navigation précises qui seront offertes par le
système GALILEO utilisées pour nuire aux intérêts de l'Union
européenne, de ses Etats membres ou de leurs alliés. L'impérieuse
nécessité de pouvoir contrôler très rigoureusement l'accès aux
signaux GALILEO s'est alors imposé dans la définition des
caractéristiques du système.

C'est en r éponse à cette exigence que le PRS a été créé.
Réservé aux applications gouvernementales, ce service occupe des
fréquences différentes de celles utilisées par les services ouverts
et il est doté d'un contrôle d'accès à haut niveau de sécurité
par cryptage du signal.

Le PRS constituera ainsi un outil essentiel pour les activités de
défense et de sécurité, et le conseil des ministres de l'UE s'est
d'ailleurs bien gardé d'exclure tout usage de GALILEO dans le domaine
de la défense. En effet, si GALILEO est bien un programme à vocation
avant tout civil sous contrôle civil, rien n'interdit son utilisation
par les militaires pour les besoins propres des États membres de
l'Union européenne, dans le cadre de la responsabilité de chaque
État membre en matière de sécurité et de défense de son
territoire, de ses citoyens et de ses intérêts nationaux.

Le ministère de la Défense français étudie à présent la
possibilité d'équiper certains équipements de ses forces avec des
récepteurs bi modes GPS PPS-GALILEO PRS. Cette solution technique
présente en effet l'avantage majeur d'améliorer
la précision, la disponibilité, l'intégrité et la résistance au
brouillage des récepteurs GPS actuels.

Première infrastructure stratégique de l'Union européenne, GALILEO
est conçu pour répondre dans le domaine de la radio navigation à de
multiples applications, commerciales et gouvernementales, civiles mais
aussi à des fins de sécurité et de défense. Pour assurer son
succès, ce système devra confirmer dans les années qui viennent la
confiance que ses utilisateurs potentiels mettent en lui, en
démontrant son niveau de sécurité et sa valeur ajoutée par rapport
aux autres systèmes existants, non européens.

Hervé Manière
DGA/D4S/SASF/SDCP
début




La simulation ELINT :
une vision bien française






Ci-dessus, exemple de présentation sur écran avec SIMELINT.

Simuler le réel est une problématique d'intérêt qui vise la
compréhension des phénomènes et leur reproduction par le calcul. Une
simulation réussie facilite les phases d'analyse et de mise au point,
simplifie les tests avant recette et réduit sensiblement les coûts
par rapport à des expérimentations en vraie grandeur.

Peu de domaines échappent à la simulation! L'exemple type est celui
lié au programme de renouvellement des armes nucléaires suite à la
signature par le président de la République du
Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, en 1996. Comme
l'a indiqué récemment Didier Besnard, directeur du projet au CEA-DAM,
"Le programme Simulation repose sur les essais nucléaires
souterrains de1995-1996, nous donnant la référence expérimentale
robuste sur laquelle sont basées nos armes en renouvellement. Les
outils du programme Simulation sont là pour valider les écarts
par rapport à cette référence, lors de l'opération de
militarisation. Ceci ne changera pas dans le futur. "

Le domaine ELINT implique également de procéder à des phases de
simulation, que ce soit pour former les opérateurs, pour qualifier les
récepteurs ELINT ou pour tester de nouveaux principes d'émission et
de décodage à la réception. Outre la simulation qui vise à
modéliser la source émettrice, il est souvent nécessaire de
générer la forme d'onde correspondante. Il existe de nombreux
fournisseurs de générateurs hyperfréquences, qui proposent aussi des
solutions logicielles pour décrire l'environnement radar et produire
les formes d'ondes qui sont ensuite téléchargées sur l'appareil pour
être finalement générées. Les solutions constructeur sont doubles -
logicielle et
matérielle, l'une servant à la promotion de l'autre.

Adopter une solution fournisseur plutôt qu'une autre revient à
établir une dépendance forte vis-à-vis d'un matériel et d'un
logiciel - ce second point est certainement préjudiciable lorsque la
maîtrise du contenu et des évolutions n'est pas assurée.

Pour les radars, ce qui importe le plus, est de décrire correctement
le contexte d'émission. De plus, il convient que cette description
soit suffisamment générique pour permettre la simulation des radars
présents et futurs. Ceci permet de tester immédiatement les formes
souhaitées sans être dépendant d'une nouvelle version du logiciel
constructeur qui les intégrera éventuellement dans six mois ou plus.
L'outil de simulation génération ElINT développé par Rubisoft -
appelé SIMELINTTM - tient compte des
constats liés à la nécessaire maîtrise de la description. La
méthode consiste en une décomposition de la forme d'onde en
sous-ensembles unitaires qui s'associent pour former le signal
désiré. Le principe,
déjà indiqué par le CELAR, revient à décrire en premier des
descripteurs - période temporelle pendant laquelle le signal est
modulé. Le regroupement de descripteurs forme une impulsion ou un
groupe d'impulsions. Les impulsions sont ensuite associées pour former
des trames, sous ensemble du dernier maillon de la chaîne appelé
motif. Ce jeu de poupées russes, s'il est apparemment plus complexe
que la représentation généralement proposée par les constructeurs,
offre l'avantage certain de l'ouverture et de l'évolutivité. En
définitive nous obtenons un fichier informatique qui contient les
données I-Q à transmettre au générateur radiofréquence adapté.

À ce jour Rubisoft a interfacé un générateur Agilent Technologies
dans la bande des 250 kHz-20GHz pour permettre la description et la
génération d'environnements inter- et intrapulse multi-radars
multi-fréquences. Chaque radar est placé à distance d'un récepteur;
ses caractéristiques temps-réquence phase sont connues, et les radars
sont cumulés en tenant compte des diagrammes d'antenne et des
balayages éventuels pour générer le scénario résultant. De plus,
afin d'autoriser une gestion dynamique des scénarios, nous avons
développé une électronique spécifique, synchrone du générateur.

André Minnino
Rubisoft
 début





LTO et renseignement :
la solution THALES




Le concept des Laboratoires Technico-Operationnels (LTO) ou Battle labs
est né aux USA d'un besoin de transformation et d'une nécessité de
justification financière. Bien qu'ayant été les premiers à avoir
conceptualisé les LTO, les Etats-Unis ont mis quelques années avant
de mettre en oeuvre des connexions réellement interarmées.

Dans le cadre de la transformation des forces françaises qui, sous la
pression de l'évolution de leurs missions en particulier dans des
modes d'actions asymétriques et dans l'intégration continue des
progrès technologiques et des contraintes budgétaires, sont amenées
à évoluer profondément, THALES a développé et mis à la
disposition des forces sont Laboratoire Technico-Opérationnel.

Ce LTO contribue de façon majeure à l'approfondissement des
capacités à développer au regard des progrès des technologies et
les conséquences de l'intégration de ces technologies lors de
l'emploi des forces.

Dénommé Battlefield Transformation Center (BTC), ce Laboratoire
Technico-Opérationnel regroupe les moyens disponibles dans les centres
principaux du Groupe encore appelés Transformation Integration Centers
(TIC) : 1) Colombes pour les fonctions "interarmées" et terrestres, 2)
Elancourt pour le milieu aérien, 3) et 4) Bagneux et Massy pour les
systèmes anti-aériens et leurs centres de commandement, 5) Pessac
plus particulièrement orienté vers les drones. Ces TIC sont en
liaison avec deux centres à l'étranger : Crawley en contact avec le
BTC UK et Hengelo en Hollande. Tous ces centres, connectés entre eux
par liaison haut débit, permettent de jouer en temps réel des
simulations ou de vrais logiciels (mis en oeuvre des SIC) dans des
contextes plus ou moins complexes mettant en jeu dans une approche
"joint" les différents milieux Air, Terre et Mer.

Ces moyens participent en particulier à l'élaboration des
dimensionnements des futurs moyens de renseignement ou des systèmes de
guerre électronique.

Les simulations de moyens de recueil SIGINT satellitaire ou aérien
(drones, vecteurs pilotés) associées à l'exploitation des métriques
précises fournissent rapidement et dans de nombreuses configurations
de mission (théâtres divers, altitudes, etc...) des informations sur
les atouts d'une solution par rapport à une autre et peremttent ainsi
un gain de temps considérable dans les optimisations d'un système
dans le cadre d'une mission donnée.

La comparaison d'architectures systèmes concurrents pour des missions
de destruction de défenses ennemies est testée dans des scénarios
représentatifs des possibilités militaires associées à la
coopération de Transall Gabriel, de nacelles ASTAC sur Mirage F1CR, de
drone et enfin de l'avion de frappe finale RAFALE en mission air-sol...
Les transmissions de données, éléments majeurs de la guerre en
réseau (le Network Centric Warfare américain) sont introduites dans
la boucle et l'influence de leurs performances sur la capacité à
remplir la mission fait partie des travaux de base de ces simulations.

Patrick Demoulin, Thales Airborne Systems
début



Le Mirage IV raconté chez Guerrelec par ses acteurs




Acteurs d'autrefois ou d'il y a encore peu, mais tous acteurs à part
entière de l'aventure du Mirage IV, ils étaient nombreux, en ce soit
du 11 mai 2006 aux côtés du colonel Bernard Agnard, pour participer
à la soirée exceptionnelle de présentation du tout nouvel ouvrage
parrainé par l'association Guerrelec : "La guerre électronique sur
Mirage IV A", un livre paru récemment aux Editions Lavauzelle.

Prenant le contre-pied de nombreux articles et ouvrages monographiques
publiés jusqu'à aujourd'hui sur le bombardier mythique de la "force
de frappe française", ce livre est le premier à faire parler dans le
détail les acteurs autour d'un sujet resté longtemps tabou : la GE.
Et quels acteurs ! Alain Courthieu, d'abord, pilote de chasse sur
Mirage 1C, Mirage IIIE et Mirage F1CR qui terminera sa carrière comme
général commandant des FAS ; Bernard Agnard qui a débuté sa
carrière militaire sur chasseur-bombardier F-18F "Thundrstreak" et l'a
achevée quelques décennies plus tard sur Mirage IV 1 comme commandant
d'escadre ; puis Pierre-Alain Antoine qui a laissé sa marque sur
F-100D "Super Sabre" avant de passer sur Mirage IV puis ultérieurement
sur Mirage IIIE puis Jaguar ; Pierre Baratault, Jacques Delarche,
Bernard Dortomb, Patrick Hénin, Bernard Jeanjean, Ronan Kerfriden,
Patrick Kleinknecht, Jules Mérouze, Xavier Moraïz, Bernard Plourdeau,
Bernard Puaud, Patrice Thomas ; et efin le colonel Didier Priolet,
dernier commandant d'une unité de Mirage IV -l'Escadron de
Reconnaissance Stratégique 1/91 "Gascogne" de Mont-de-Marsan, escadron
auquel l'on doit les surprenants clichés de Sarajevo, Belgrade, Kaboul
ou Bagdad réalisés au cours des opérations militaires impliquant la
France au tournant du siècle.

N'oublions pas aussi ceux qui ont rendu possible la réalisation
matérielle de l'ouvrage ; le général Gérald Parmentier du CFAS,
Jacques Pensec de l'ANFAS, l'IGA Bruno Berthet de Guerrelec, Henri
Chabrier et Robert Belot des Editions Lavauzelle, sans oublier
Geneviève Moulard et Philippe Wodka-Gallien du Comité historique de
Guerrelec.

De l'histoire du Mirage IV et de ses opérations, jamais tout, certes,
ne sera écrit, comme l'ont rappelé tour à tour en marge du livre
(illustration ci-dessus) le général Patrick Hénin et le capitaine
Bernard Plourdeau. Beaucoup de savoir et de documents, pour des raisons
de confidentialité et de secret militaire, sont à jamais perdus,
broyés, déchiquetés, brûlés, .... Seules en resteront quelques
traces dans la mémoire de ceux qui ont été associés de près du
Mirage IV durant sa carrière militaire et durant son développement et
sa modernisation ultérieure.

Un travail bien accompli mérite un mot de reconnaissance du chef de
projet ; c'est pourquoi Bernard Agnard a adressé la lettre qui suit
aux auteurs et aux différentes personnes qui ont aidé à la
réalisation de l'ouvrage : "Au lendemain de la présentation à
l'Ecole Militaire de notre livre "La Guerre Electronique sur Mirage
IV", je tiens à adresser mes remerciements à tous ceux qui ont
participé à cette entreprise. Je pense que vous pouvez tous être
fiers du résultat, au vu des appréciations élogieuses qui nous sont
adressées et du bon départ des ventes. Au delà de ce résultat, ce
livre aura aussi été l'occasion de renouer le contact avec d'anciens
partenaires et amis, de faire la connaissance de quelques autres et
d'avoir le plaisir de nous retrouver autour d'un sujet éminent qui
nous avait motivé en son temps. Nous avons eu une pensée pour ceux
qui n'avaient pu se joindre à nous. Leur rôle et leur message ont
été présentés pareillement. A tous donc, un dernier et sincère
grand merci.

Et maintenant ? On me suggère de réitérer l'aventure autour de la GE
du Jaguar. L'action me semble bonne à lancer dans la dynamique de la
précédente. Si certains d'entre vous ont aussi participé à ce
programme et ont l'audace de "rempiler", je suis preneur. Mais j'aurai
aussi besoin des noms de personnages-clé et des autres qui ont
émaillé les trente cinq années de vol de cet avion. La richesse de
ce carnet d'adresse fera celle du livre. J'attends vos suggestions pour
lancer un nouvel appel à témoignages. Vous avez, chers amis, toute
mon amitié."'

Certes, il n'y a jamais mieux que le travail d'équipe !

JM. Guhl
début



Un as de la chasse nous a quitté



Pilote de chasse, as des forces aériennes de la France libre (FAFL),
Pierre Clostermann (85 ans) est décédé le 22 mars 2006. Né au
Brésil en 1921, il s'engage dans les Forces Aériennes françaises
libres en 1942. Ses 33 victoires, dont 14 individuelles, firent de lui
un as de la chasse britannique comme française. Parallèlement à une
carrière politique après guerre aux côtés du générale de Gaulle,
il entame une carrière d'auteur en publiant notamment ses souvenirs,
"Le Grand Cirque" (en 1948), traduit dans une quarantaine de langues et
vendu à près de trois millions d'exemplaires dans le monde. En 1961,
il crée la société Reims-Aviation dont il devient le PDG en 1970.
Attaché à la ville du Chesnay (Yvelines) où il a habité, c'est au
Chesnay -où une rue porte son nom- qu'il a été inhumé fin mars
après des obsèques nationales aux Invalides présidées par le
ministre de la Défense. .


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