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Clearstream: encore des nouvelles têtes Les enquêteurs s'intéressent de près à un cabinet d'«intelligence économique» dans l'affaire des faux listings bancaires impliquant des politiques. Par Renaud LECADRE QUOTIDIEN : mardi 31 octobre 2006 Le spectre d'une troisième équipe comme dans le sabotage en 1985 du Rainbow Warrior plane sur l'affaire Clearstream... Pierre Sellier, ancien agent de la DGSE recyclé dans un cabinet privé dit d'«intelligence économique», baptisé Salamandre, a été entendu hier par les policiers chargés de l'enquête sur les faux listings bancaires de Clearstream. Au coeur de leurs interrogations : ses relations avec Imad Lahoud, financier, mathématicien, soupçonné d'avoir manipulé des fichiers en vue d'établir une liste de personnalités auxquelles était faussement attribué un compte bancaire offshore. Mis en examen, il nie mordicus. Imad Lahoud a d'abord été «traité» par la DGSE entre décembre 2002 et avril 2003, le service d'espionnage espérant tirer parti de ses connaissances de la galaxie Ben Laden. A partir du printemps 2003, ce Franco-Libanais a été pris en charge par le général Rondot, électron libre du renseignement, dépendant théoriquement du ministère de la Défense. Mais ensuite ? «Le listing Clearstream ressemble à un arbre de Noël, avec une succession d'effets d'aubaine», note un proche du dossier. On y retrouve des dirigeants aéronautiques dans la ligne de mire de Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS qui a finalement revendiqué la paternité des cédéroms anonymes , des membres des services spéciaux français obsession du général Rondot , des politiques, comme Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement ou Alain Madelin. Mais qui aurait pu suggérer d'ajouter le nom Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa, patronyme complet du ministre ? Ancien directeur de la DGSE nommé responsable de «l'intelligence économique» à Matignon ( «Economie de l'intelligence», ironisent les détracteurs de cette espionnite en col blanc), Alain Juillet a été en contact avec Imad Lahoud. Pas plus de deux fois, se défend-il : fin 2002, lors de sa présentation au général Rondot, puis en 2004, à propos d'une faille dans la sécurisation du Blackberry, un ordinateur de poche. Deux fois par mois, rétorque Lahoud. A ce stade, difficile de savoir qui dit vrai, mais Pierre Sellier a peut-être la réponse. Dès 2005, aux prémices de leur enquête pénale, les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons s'intéressaient déjà au cabinet Salamandre, travaillant entre autres pour EADS (l'employeur de Gergorin et Lahoud), fournissant des notes géostratégiques sur l'après 11 Septembre. Mais Sellier est aussi réputé proche de Juillet, donc susceptible de lui rendre compte sur bien d'autres sujets... De fait, en mai 2005, Pierre Sellier avait à son tour «débriefé» Imad Lahoud. Il en a fait une note, un «verbatim», synthèse de ses entretiens particuliers avec lui. Lahoud affirme que leurs conversations ne portaient que sur la sécurité des systèmes informatiques ; Sellier rétorque qu'elles ont très vite dérivé sur Clearstream. Sa note, présentant Lahoud comme un «mythomane» se disant «couvert par Alain Juillet», est remontée au plus haut niveau. Et Sarkozy dans tout cela ? Une note une de plus du général Rondot ferait allusion à une rencontre «NS-IL» à Bercy, fin juin-début juillet 2004, au moment même de l'explosion de l'affaire Clearstream à la une du Point. En fait, un scribouillage initialement diagnostiqué «illisible» par les enquêteurs. Sauf que le général Rondot confirme dans une lettre aux juges d'instruction la réalité d'un rendez-vous de Lahoud à Bercy avec un membre du cabinet de Sarkozy, alors ministre de l'Economie, ce dernier se contentant de passer brièvement la tête à travers une porte. On finirait par s'y perdre, et cela n'est pas fini : derrière Salamandre se dissimulerait un Franco-Libanais, Ziad Takieddine, intermédiaire dans des contrats d'armements en Arabie Saoudite, proche de la galaxie Sarkozy. On n'a pas fini d'évoquer les dégâts collatéraux de l'affaire Clearstream. http://www.lemonde.fr/web/article/0,[EMAIL PROTECTED],[EMAIL PROTECTED],0.html Clearstream : le statut de simple témoin requis pour M. de Villepin LE MONDE | 30.10.06 | 16h29 • Mis à jour le 30.10.06 | 16h29 Le parquet de Paris a adressé, samedi 28 octobre, des réquisitions écrites aux juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons chargés de démêler l'affaire Clearstream, en leur demandant, notamment, l'audition comme simples témoins du premier ministre Dominique de Villepin et de la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie. Il a également réclamé les mises en examen de l'écrivain Denis Robert et de l'ex-consultant Florian Bourges. Il a enfin requis, comme l'a révélé le quotidien l'Est Républicain, une série de confrontations entre les principaux protagonistes de l'affaire. Les juges d'instruction ne sont pas tenus de suivre ces réquisitions. Le premier ministre et la ministre de la défense avaient eux-mêmes demandé à être entendus par les deux magistrats et le conseil des ministres a donné, le 18 octobre, son feu vert à l'audition de Mme Alliot-Marie. Cependant, le statut de simple témoin réclamé par le parquet pour M. de Villepin signifie que, selon Jean-Claude Marin, le procureur de Paris, aucune infraction ou complicité ne peut lui être reprochée. OBSTINATION Cela ne semble pas être la position des juges dont l'obstination à isoler le rôle du premier ministre au départ de la supercherie qui faillit compromettre de nombreuses personnalités - dont Nicolas Sarkozy - témoigne de soupçons persistants. Ceci pourrait conduire les magistrats à convoquer M. de Villepin en qualité de "témoin assisté", voire de "mis en examen". Ils cherchent notamment à démontrer qu'en janvier 2004, lorsqu'il prit en main le dossier Clearstream, M. de Villepin, alors ministre des affaires étrangères, n'avait pas d'autorité légale pour le faire ; dès lors, si l'instruction devait aboutir à sa mise en cause, les poursuites dont il serait l'objet ne relèveraient pas de la Cour de justice de la République (CJR), mais des tribunaux ordinaires. Dominique de Villepin a affirmé (Le Monde du 24 octobre) qu'il a toujours agi "en tant que ministre" et donc non à titre personnel. Concernant Florian Bourges, ex-consultant stagiaire au cabinet d'audit Arthur Andersen, le parquet demande aux deux juges d'instruction de le poursuivre pour "abus de confiance" pour avoir conservé et transmis à Denis Robert puis à l'informaticien Imad Lahoud des listings de comptes de Clearstream, qu'il s'était procurés lors d'un audit à l'été 2001. A cette occasion, M. Bourges avait affirmé avoir relevé des "anomalies sur le système informatique" de Clearstream. Il avait alors décidé de contacter l'écrivain Denis Robert, auteur d'un livre dénonçant des malversations présumées au sein de la société financière luxembourgeoise, à qui il avait remis les documents. Selon le parquet, M. Robert devrait ainsi être mis en examen pour "recel d'abus de confiance". M. Robert a estimé que "cette demande apparaît comme un contre-feu allumé par le parquet et donc par le pouvoir politique" . Ces infractions, à la différence du vol, ne sont pas prescrites. Le parquet demande aux juges d'entendre le général Philippe Rondot, autre personnage central de cette affaire, comme "témoin assisté", un statut que l'ancien conseiller pour le renseignement a lui-même réclamé et que les magistrats lui avaient refusé en mai. Son avocat, Me Eric Morain, s'en est "réjoui" dimanche. Enfin, Jean-Claude Marin souhaite que plusieurs confrontations aient lieu entre M. Bourges et M. Robert, entre l'écrivain et Imad Lahoud, entre le général Rondot et M. Lahoud et entre M. Rondot et Jean-Louis Gergorin. En juin, M. Bourges avait désigné M. Lahoud comme le falsificateur des listings Clearstream truqués qui ont été envoyés par Jean-Louis Gergorin au juge Renaud van Ruymbeke. M. Gergorin, ex-vice-président d'EADS, et M. Lahoud, ancien informaticien dans cette même entreprise, sont les deux seules personnes à ce jour à être mises en examen dans cette affaire pour "dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux". Ces réquisitions font suite à une demande, jeudi 26 octobre, de réquisitoire supplétif de MM. d'Huy et Pons pour "faux, usage de faux et recel de faux" pour des faits de 2003 relatifs à la transmission de listings par M. Gergorin à M. de Villepin et au général Rondot. Le parquet de Paris estime que la saisine des magistrats est suffisamment large pour leur permettre d'enquêter sur ces faits. Gérard Davet et Hervé Gattegno Article paru dans l'édition du 31.10.06 --~--~---------~--~----~------------~-------~--~----~ You received this message because you are subscribed to the Google Groups "guerrelec" group. To post to this group, send email to [email protected] To unsubscribe from this group, send email to [EMAIL PROTECTED] For more options, visit this group at http://groups-beta.google.com/group/guerrelec -~----------~----~----~----~------~----~------~--~---
