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02 novembre 2006
« La vérité interdite » : quand la censure vient d'outre-Manche

Parfois certains encarts publicitaires méritent qu’on s’y attarde. Ces  
derniers
jours, dans Le Figaro puis dans Le Monde, on a pu lire un texte signé par
Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié, intitulé « Présentation  
d’excuses au
cheik Khalid Bin Mahfouz et au cheik Abdulrahman Bin Mahfouz ». De quoi
s’agit-il ?  Pourquoi les auteurs de « La vérité interdite », un livre  
publié
en France en 2001 sur le financement des terroristes d’Al-Qaïda,  
présentent-ils
ainsi des excuses ? Ont-ils été condamnés en France pour diffamation ?  
S’agit-il
d’une décision de la justice hexagonale ? L’affaire est autrement  
compliquée.
Et, surtout, elle constitue une première, une première particulièrement
inquiétante.

En novembre 2001, Jean-Charles Brisard, l’auteur d’un «rapport sur
l’environnement économique d’Oussama Ben Laden» réalisé à la demande d’un
service français de renseignements et transmis par Jacques Chirac à Georges
Bush aux lendemains de l’attentat contre le World Trade Center, et  
Guillaume
Dasquié, rédacteur en chef d’Intelligence Online, une lettre spécialisée  
dans
les questions de renseignements, publient un ouvrage sur le financement du
terrorisme qui met en cause notamment les Bin Mahfouz, une grande famille
saoudienne richissisme.

L’ouvrage paraît en France puis dans plusieurs pays. Il faudra attendre  
près
d’un an pour qu’une plainte soit déposée, non pas en France mais… en  
Belgique.
Les plaignants seront finalement déboutés. Ils se retournent alors vers la
Grande-Bretagne… où le livre n’a jamais été ni publié ni vendu mais où les
tribunaux sont plus favorables. En effet, en matière de droit de la presse  
au
sujet d’articles ou de livres traitant du financement du terrorisme, la
jurisprudence britannique exige non seulement qu’on apporte la preuve que  
de
l’argent a bien été versé à une organisation terroriste mais, de plus, il  
faut
apporter la preuve de « l’intention », c’est-à-dire, par exemple,  
démontrer que
des financiers d’Al-Qa’ida en versant de l’argent à des membres de
l’organisation voulaient que ceux-ci l’utilisent pour préparer un  
attentat. Ce
qui, on en conviendra, est quasi impossible (une exigence très singulière  
dans
le monde de la presse et qui a pour origine des articles et des livres sur  
le
financement de l’IRA).

Résultat ? Nos deux journalistes sont condamnés à 600 000 livres sterling
d’amendes (près d’un million d’euros) par la justice d’un pays où leur  
livre
n’est pas en vente. Les plaignants ont dû, pour se retourner vers les  
tribunaux
britanniques, montrer que, via Internet, ils avaient pu se faire livrer le  
livre
sur le sol anglais !

En réalité, les Bin Mahfouz se moquent des dommages et intérêts obtenus. Ce
qu’ils veulent c’est que Brisard et Dasquié témoignent en leur faveur dans  
le
méga-procès qui devrait s’ouvrir d’ici à dix-huit mois aux Etats-Unis à
l’initiative des victimes des attentats du 11 septembre. Des négociations
s’engagent alors. Les auteurs de « La vérité interdite », refusent
catégoriquement de défendre devant le Tribunal de New York les Bin  
Mahfouz, qui
font d’ores et déjà l’objet d’une plainte et qui devront se présenter à la
barre. Les Bin Mahfouz transigent. En échange d’une lettre d’excuses dans
laquelle Brisard et Dasquié reconnaissent que deux de leurs sources se sont
rétractées après la publication du livre, les Bin Mahfouz s’engagent à ne  
pas
demander l’exécution du jugement. Et surtout les Bin Mahfouz exigent  
qu’ils ne
s’expriment plus jamais sur les autres preuves dont ils disposent.

Sur le fond du dossier, dès 2005, dans un ouvrage prémonitoire, « Al Qa’ida
vaincra » (Flammarion/Privé) Guillaume Dasquié avait réalisé sa propre
contre-enquête sur ces hommes d’affaires. Dans un chapitre que nous vous
proposons de télécharger ci-dessous, il listait les preuves factuelles, les
éléments matériels, concernant les relations entre les Bin Mahfouz et
Al-Qa’ida, de manière bien plus précise que ne le faisait « La vérité  
interdite
».  Il se permit même d’expédier par Chronopost cet ouvrage aux avocats  
des Bin
Mahfouz à Londres, pour provoquer un dépôt de plainte en France, qui  
l’aurait
amené à présenter ses preuves devant la 17è chambre du tribunal de grande
instance de Paris (compétente sur les affaires de diffamation). Les  
avocats des
Bin Mahfouz n’en firent rien. Comme ce dernier livre n’avait pas été  
traduit en
langue anglaise, ils ne pouvaient pas intenter de recours contre lui à  
Londres
(le juge britannique demandant au moins que l’ouvrage ait été traduit pour  
le
marché américain) ; et ils ne voulaient surtout pas d’une épreuve de vérité
devant un tribunal français. Donc, paradoxalement, les faits  
particulièrement
graves listés dans « Al Qa’ida vaincra » n’ont jamais été démentis ; mais  
la
version pour le marché américain de « La vérité interdite », qui lui est
antérieure, a, elle, conduit les auteurs à présenter des excuses.

Reste que le mal est fait : pour le grand public, « La vérité interdite »  
a fait
l’objet d’une lettre de rétractation. Qui a payé les encarts dans Le  
Figaro et
Le Monde ? Les auteurs condamnés et leur maison d’édition, comme toujours  
dans
ce genre d’affaire ? Pas du tout. Les Bin Mahfouz ont signé les chèques.  
Quand
on a l’argent…

Téléchargement courriers.pdf

Téléchargement extraits_al_qaida_vaincra.pdf



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