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Sous le plus vieux protocole de transmission du monde


Edition du 03/01/2007 - par F6ITU
Après 177 ans d'utilisation, les transmissions utilisant le code Samuel Morse
seraient sur le point de disparaître. En effet, après la suppression des
derniers postes de « coast guard » et l'élimination des stations météo
égrenant la liste des iceberg dérivants, les seuls « graphistes » -l'on dit
aussi « pianistes »- en activité sur terre sont les radioamateurs. Or, depuis
peu, la toute puissante ARRL, section américaine de l'IARRU, union mondiale
des radioamateurs ayant siège à l'UIT, vient de décider que la connaissance du
code morse ne serait plus obligatoire pour passer l'examen de radio-opérateur
nous explique le quotidien IHT. La maitrise du « code » était considérée par
beaucoup comme une sorte de « pont aux ânes » qui éliminait d'office les
personnes pas assez motivées. D'autres, en revanche, trouvaient stupide cette
obligation de connaissance d'un autre âge à une époque ou la maitrise des
technologies hyperfréquences et des modulations à quadrants est devenue le
pain quotidien des expérimentateurs scientifiques que sont les radioamateurs.
Il faut savoir que cet « examen morse » ouvrait la voie à l'exploitation des
ondes courtes et moyennes, de portées transcontinentales, tandis que les «
examens sans morse » cantonnaient leurs lauréats aux VHF, UHF, SHF,
transmission satellites et communication optiques ou quasi-optiques... très
rapidement, le « sans morse » est devenu synonyme de recherches et
expérimentations d'un haut niveau technique appliqué aux fréquences élevées.

Mais à quoi peut donc servir le morse en l'an 2007 ? La réponse est simple : à
bien recevoir, à très faible coût, sans débauche de puissance, et quelque
soient les conditions. Constitué d'une présence ou absence d'onde porteuse
(mode A1A désigné sous le nom de CW), c'est techniquement le mécanisme de
radio-transmission le plus simple qui soit. Il est possible de fabriquer un
émetteur morse avec une simple ampoule et un interrupteur. Avec un seul
transistor (allez, poussons jusqu'à 3), une bobine de fil de cuivre, quelques
condensateurs et résistances, l'on peut concevoir un émetteur capable
d'émettre à des milliers de kilomètres de distance dans la bande des ondes
courtes. En outre, la qualité exceptionnelle du décodeur -l'oreille humaine
associée au cerveau du même métal- permet d'aller « chercher » un signal bien
en dessous du niveau du bruit. L'intelligence, la probabilité, la rapidité de
l'esprit en train de reconstituer un mot amputé de certaines lettres,
l'habitude du « rythme » font qu'un bon graphiste peut tenir une conversation
là ou un ordinateur de plusieurs centaines de Mips est aussi efficace qu'une
promesse électorale.

Reste que, depuis quelques années, des machines et des programmes sont
également capables de « deviner » le contenu d'une communication. Et dans des
conditions particulièrement extraordinaires, alors même que le signal utile
est noyé à plusieurs dizaines de dB en dessous du niveau du bruit. A commencer
par des processeurs de signaux, des filtres à capacités commutées. Puis des
algorithmes de convolution, des techniques de « précodage » appliquées à
certaines informations connues et indispensables (le JT65 par exemple) font
qu'il est envisageable d'utiliser des procédés dits « fortement prédictifs »
pour déchiffre un message ASCII particulièrement perturbé. Des astuces
applicables à une multitude de couches de transport véhiculant des données
numériques, que ce soit dans le domaine des ondes courtes que de la lumière
sur 430 TeraHertz. Mais avec quelle débauche de moyens, avec quelle profusion
de ressources...

Le code de Samuel Morse, père des télécoms, n'est peut-être plus d'une très
grande utilité technique (encore que certains spécialistes des liaisons
Terre-Lune-Terre estiment le contraire), mais il conserve un charme
indiscutable : celui d'un langage cryptique réservé aux seules personnes ayant
fait l'effort de l'apprendre, une lingua franca qui se moque bien de la
barrière des langues tant que la conversation demeure sur un plan purement
technique, un procédé d'émission d'une simplicité qui n'a d'égale que sa
robustesse. Des milliers de personnes de part le monde « tapent » sur leurs «
clef », qu'il s'agissent des mutants du « high speed club » dont la vitesse de
frappe dépasse, et de très loin, la rapidité de conversation d'un bateleur de
foire, aux opérateurs « militaires » qui, avec un calme métronomique,
acheminent leur trafic sans erreur ni fatigue. « A 20, on est bien » dit le
proverbe. A 20 mots par minute, 1200 mots/heure, vitesse minimale de l'examen
d'opérateur radiotélégraphiste de l'Armée Française et de tout « radio »
débutant, soit près d'une demi-heure pour communiquer vers n'importe quel
point du globe le contenu de cet article. A 300 000 kilomètres par seconde,
sans spam, sans problème de relai smtp, sans clavier, sans ordinateur, avec la
puissance électrique d'une petite lampe de poche et la chaleur d'un monde
d'entraide et de recherche. AR... K




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