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La Tribune.fr - 15/12/06 à 11:17 - 587 mots
Sécurité
Les attaques financières, principale menace contre les entreprises, selon
les RG
Une note des RG, consultable dans son intégralité sur ce site, recense
1578 cas d'agressions contre des entreprises depuis le début de l'année.
Elles proviennent d'abord de concurrents français et ne concernent pas en
majorité les secteurs stratégiques.
L'attaque financière représente l'arme favorite d'une guerre économique
toujours plus virulente. Les vols de documents ou le piratage
informatique, tellement craints, figurent loin derrière dans le palmarès
des attaques contre les entreprises françaises établi par la section
financière de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG).
Dans une note intitulée "Intelligence économique défensive : physionomie
nationale du risque financier", consultable dans son intégralité ci-contre
(1), les spécialistes des RG remettent en cause quelques idées reçues bien
ancrées.
Ainsi, celle-ci, la guerre économique n'est pas seulement un thème de
colloque. Les RG recensent 1578 cas de vulnérabilités ou d' "agressions
économiques hostiles" dans 888 entreprises, entre le début de l'année et
fin novembre 2006. Ce chiffre est, à lui seul, un renseignement : il donne
une réalité chiffrée à la dureté de la compétition économique.
Celle-ci devient même toujours plus technique. Avec plus de 35 % des
modalités d'agression, le risque financier arrive largement en tête des
méthodes d'agression contre une entreprise. Il est suivi, et de loin, par
les intrusions, par les atteintes aux savoirs-faire et les attaques
physiques. En fin de liste, on trouve les risques humains ou informatique
et les atteintes à la réputation.
Pour les RG, les attaques financières sont de nature très diverses.
Organisées par un agresseur, et non pas seulement conséquence de
vulnérabilités internes, elles vont d'un paiement trop tardif (le risque
le moins élevé) jusqu'à la prise de contrôle (le plus fréquent). Cette
liste montre bien que le choix des armes est particulièrement étendu.
Toutefois, ces agressions financières sont moins souvent menées à leur
terme, en raison de la technicité exigée, que de simples attaques
physiques ou informationnelles.
Les RG montrent que les agresseurs sont essentiellement motivés par le
critère "secteur d'activité" et non pas par la localisation géographique
de l'entreprise, par ses résultats financiers ou par son caractère
stratégique. Les entreprises attaquées relèvent de 93 secteurs différents,
mais près de la moitié sont concentrées dans 14 secteurs, avec, en tête,
l'automobile, la métallurgie-sidérurgie, l'aéronautique ou l'emballage.
Les secteurs de la défense et de l'informatique figurent loin derrière
dans ce classement des entreprises attaquées.
Cette analyse met donc en cause l'idée reçue d'une guerre économique menée
d'abord par des états souhaitant s'emparer de secteurs stratégiques. Elle
est en fait menée par des entreprises contre leurs concurrents.
Ceci est confirmé par la nationalité des agresseurs. Les RG ont identifiés
368 auteurs de ces attaques. Ils sont originaires de 34 nationalités. Et
ce sont les Français les plus agressifs, toutes techniques utilisées,
suivis par les Américains puis les Chinois. Les Français sont aussi les
plus nombreux à utiliser les attaques financières, suivis par les
Américains et les Allemands. Chinois et Japonais préférant d'autres
modalités d'attaques, comme l'utilisation de stagiaires.
En clair, ce sont d'abord des entreprises françaises qui attaquent
d'autres entreprises françaises. Ces guerres hexagonales sont d'ailleurs
plus virulentes que celles concernant des attaques transfrontalières,
comme a pu le montrer la guerre menée autrefois par Thomson (devenu
Thales) contre Matra. Les conséquences de cette affaire, récemment jugée,
bouleversent encore le paysage économico-politique national.
Pascal Junghans
Lire la note
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