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> Le 19 janv. 2021 à 12:25, Philippe Strauss <[email protected]> 
> a écrit :
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> Ça je sais pas, j’ai pas de sentiment à ce sujet, mais j’en reviens tjr à mon 
> argument technique: BAD, "broken as designed".
> Même les « inventeurs » du bluetooth ne recommandaient pas d’utiliser leur « 
> bébé » pour évaluer une proximité (j’ose même pas parler de distance..)

Top, ce terme « BAD » ! J’ai appris un nouveau concept. Ca permet de mettre une 
étiquette sur des projets dont on voyait, depuis la planche à dessin, qu’ils ne 
pourraient jamais marcher.

J’en ai vu quelques un dans ma carrière : par exemple une offre au client qui 
proposait une migration d’un environnement Unix à Windows, sur la base d’un « 
outil de portage »; ça marchait sans doute dans certains particuliers, mais 
pour une grosse application complexe sur un serveur, il ne fallait quand même 
pas rêver…

Ou un projet de banque en ligne autour des années 2000, avec une armée de 
consultants et de best-of-breeds (qui m’avait l’air de ce « superman » tiré du 
Bric-à-Brac Gotlib, avec le cerveau d’Einstein et les jambes de Jazy, avec un 
résultat monstrueux à la fin)… qui fut qualifié de « fiasco » par les autorités 
de surveillance.

La vraie question que se pose l’ingénieur est la suivante: est-ce que cette 
prémonition que c’était foireux était juste du bon sens basée sur l’examen du 
projet, ou cela venait d’un biais cognitif (par exemple qu’on n’aimait pas le 
projet ou des personnes impliquées, qu’on soutenait un projet concurrent, etc.) 
?

Parce que, pour le moment, c’est bien l’objection que les défenseurs de 
SwissCovid (notamment l’équipe de projet) sont en train de mettre. Alors, le 
problème c’est qu’eux ne peuvent pas démontrer qu’il y a un biais cognitif chez 
ceux qui pensent que le projet est BAD... et que ceux qui pensent que le projet 
est BAD, ne peuvent pas garantir qu’ils n’ont pas de biais cognitif.

Dans la vraie vie, cette question de la subjectivité de ceux qui font des 
objections, passerait au rasoir d’Okham, parce qu’elle est indémontrable dans 
un sens comme dans l’autre. Et cette façon d’appliquer l’étiquette de façon 
automatique à tout objecteur, est à la limite de la discrimination sociale. 
Mais vu que la question est posée?

Alors, quand un ingénieur examine un projet et conclut qu’il y a des défauts 
structurels, dans quelle mesure peut-il se faire confiance? Dans quelle mesure 
doit-il tenir tête, par exemple à sa hiérarchie?

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