Merci Stéphane pour ce billet.
La liste IPv6Tech me parait la mieux adaptée, même si ce document RFC est somme 
toute assez peu technique.
Mais mon commentaire lui l'ai un peu plus : même si cette RFC prône la 
libéralisation de la politique d'allocation de préfixe IPv6 aux sites, ils 
existent certaines contraintes techniques à cette allocation : notamment le DNS 
inverse, afin de pouvoir en déléguer facilement la gestion au site, demande que 
la longueur du préfixe IPv6 soit un multiple de 4.
Mais donc on peut désormais dire clairement que l'IETF n'impose aucune 
restriction sur la taille des préfixes délégués, sauf celle d'être inférieure à 
64bits. Ca va faciliter notre discours pendant les formations :)
Dernier détail qui m'a amusé, la mention à la RFC3056 (6to4) ... comme quoi il 
y en a qui y tiennent ...


 
Le 27 mars 2011 à 20:56, Stephane Bortzmeyer a écrit :

> [Si vous répondez, merci de réfléchir deux secondes à si cela concerne
> les deux listes ou bien une seule.]
> 
> Un important RFC puisqu'il met à jour le 3177 en supprimant la
> recommandation « Un /48 pour tous les sites ».
> 
> RFC 6177 : IPv6 Address Assignment to End Sites
> 
> http://www.bortzmeyer.org/6177.html
> 
> ----------------------------
> 
> Auteur(s) du RFC: Thomas Narten (IBM), Geoff Huston (APNIC), Lea Roberts 
> (Stanford University)
> 
> 
> ----------------------------
> 
> 
> Ce RFC vient remplacer le RFC 3177 et modifier assez sérieusement les 
> recommandations en matière d'allocation d'adresses IPv6 aux sites 
> situés aux extrêmités du réseau (entreprises, universités, 
> particuliers, à l'exclusion des FAI et des opérateurs). Le RFC 3177 
> recommandait, en gros, de donner un préfixe de *même longueur*, un /48, 
> à tout le monde. Ce nouveau RFC 6177 met un sérieux bémol à cette 
> recommandation.
> 
> Le RFC 3177 avait été publié en 2001 et mis en œuvre par les RIR dans 
> leurs politiques d'allocation d'adresses (celle du RIPE-NCC est en 
> http://www.ripe.net/ripe/docs/ipv6policy.html). À partir de 2005, 
> plusieurs critiques se sont fait jour (voir par exemple la proposition 
> 2005-08 (http://www.ripe.net/ripe/policies/proposals/2005-08)), menant 
> à une révision de ces politiques et à ce nouveau RFC 6177. Les 
> critiques portaient aussi bien sur la technique (un /48 n'est-il pas 
> excessif ?) que sur la politique (est-ce vraiment le rôle de l'IAB et 
> de l'IETF de recommander des politiques d'allocation ?). Résultat, le 
> « /48 pour tous » n'est plus la politique officielle.
> 
> La section 1 de notre nouveau RFC rappele les principaux changements 
> par rapport au RFC 3177 :
> * La possibilité de distribuer des /128 (une seule adresse IPv6) est 
> retirée, un site comprend forcément plusieurs machines,
> * Les valeurs numériques explicitement indiquées par le RFC 3177, /48, 
> /64 et /128, ne sont plus mentionnées, de crainte qu'elles ne 
> deviennent « sacrées » et soient, par exemple, codées en dur dans 
> certaines mises en œuvre d'IPv6, ce qui n'avait pas été prévu,
> * Et, la plus spectaculaire, le retrait de la recommendation d'un /48 
> pour tous les sites. Il n'y a désormais plus de recommandation 
> officielle de l'IETF, la taille des allocations devant être décidée par 
> les RIR. (On notera que c'est un changement de gouvernance : les RIR, 
> émanation des opérateurs réseau, sont moins favorables que l'IETF aux 
> demandes des utilisateurs.)
> Mais alors, que reste-t-il du RFC 3177 ? Le principe comme quoi un site 
> ne devrait pas avoir à geindre et à supplier pour avoir suffisamment 
> d'adresses. En IPv4, la rareté des adresses justifiait les obstacles 
> mis devant les utilisateurs mais, en IPv6, cet argument ne joue plus. 
> Les sites devraient donc toujours avoir les adresses dont ils ont 
> besoin, et ne jamais être contraints à utiliser des techniques comme le 
> NAT pour économiser des adresses, ces économies étant tout à fait 
> inutiles avec IPv6.
> 
> La question de l'allocation d'un /48 aux sites d'extrêmité est discutée 
> dans la section 2. La recommandation du RFC 3177 était fondée sur trois 
> motivations :
> * Garantir que ces sites auraient suffisamment d'adresses et donc 
> décourager fortement les pratiques malthusiennes de certains FAI comme 
> par exemple, celle de ne donner qu'une seule adresse IPv4, ce qui est 
> compréhensible vue la pénurie mais gêne les sites qui ont plusieurs 
> machines, ce qui est pourtant banal aujourd'hui, même chez le 
> particulier. La plupart du temps, obtenir autant d'adresses IPv4 qu'on 
> a de machines nécessite de passer à un abonnement beaucoup plus cher, 
> sans que cela soit justifié par le coût de ces adresses.
> * La seconde motivation, et qui était souvent oublié par les 
> adversaires du « /48 pour tous », était de faciliter le changement de 
> FAI. Si certains FAI fournissent un /56 à un site et d'autres un /60, 
> le passage du premier au second nécessitera de refaire les plans 
> d'adressage (puisqu'il y a moins de sous-réseaux disponibles) alors 
> que, si tout le monde propose un /48, le changement de fournisseur ne 
> nécessite qu'un changement de préfixe (ce qui est en général très 
> simple avec IPv6). Mëme chose pour l'administration du DNS, les zones 
> dans ip6.arpa seront plus simples à gérer si on change juste de 
> préfixe, sans avoir à réorganiser ses sous-réseaux. L'idée d'une même 
> taille d'allocation pour tous (de la grande université au particulier) 
> est donc une mesure de protection du client, de garantie qu'il n'y aura 
> pas d'obstacle artificiel à un changement de fournisseur.
> * La troisième motivation de la recommandation du RFC 3177 était de 
> faciliter la croissance des réseaux. Ceux-ci peuvent souvent dépasser 
> les prévisions (une école connecte le bureau du directeur, puis une 
> salle de classe, puis finalement on connecte tout) et les plans 
> d'adressage prudents d'IPv4, conçus pour ne demander que le nombre 
> d'adresses strictement nécessaire, ont souvent gêné la croissance d'un 
> réseau.
> 
> Mais, alors, quels sont les problèmes perçus avec cette recommandation 
> du « /48 pour tous » ? D'abord, certains trouvent qu'elle mène au 
> gaspillage. (Je pense personnellement que c'est un argument subjectif, 
> sans base scientifique : il existe 280 billions de /48 disponibles, ce 
> qui fait qu'on n'épuisera pas IPv6 en en donnant un à chacun.) Les 
> partisans de cet argument disent souvent qu'on pourrait ne donner qu'un 
> /64 aux particuliers (ce que fait aujourd'hui un FAI comme Free), 
> oubliant qu'une maison bien dotée en appareils numériques peut avoir 
> besoin de plusieurs réseaux, pas seulement d'adresses, et que, avec 
> l'auto-configuration des adresses IPv6, il faut un /64 par réseau. 
> Notre RFC 6177 demande donc qu'un donne à tous davantage qu'un /64 (un 
> /56 est cité comme possibilité).
> 
> Notons que notre RFC 6177 ne traite pas explicitement le cas des 
> hébergeurs de serveurs dédiés comme Gandi ou OVH, qui ne permettent 
> apparemment qu'une seule adresse IPv6 par serveur, rendant ainsi 
> difficile d'y faire tourner plusieurs serveurs.
> 
> Le RFC 3177 contenait d'autres points (section 3). Par exemple, il 
> rappelait explicitement que la règle d'un /48 pour tous limitait le 
> pouvoir des intermédiaires : sans avoir à demander, sans remplir de 
> paperasserie, l'utilisateur avait droit à une quantité d'adresses 
> suffisante. C'est hélas quelque chose qui sera différent désormais, 
> l'utilisateur devra à nouveau affronter un bureau insensible pour avoir 
> la quantité d'adresses nécessaire.
> 
> _______________________________________________
> IPv6tech mailing list
> [email protected]
> http://mail.g6.asso.fr/mailman/listinfo/ipv6tech
> 

-- 
Bruno STEVANT - TELECOM Bretagne



_______________________________________________
IPv6tech mailing list
[email protected]
http://mail.g6.asso.fr/mailman/listinfo/ipv6tech

Répondre à