Roger ROMAIN
        a/conseiller communal
B6180 COURCELLES

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From: "Jean Bricmont" <[EMAIL PROTECTED]>
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Sent: Monday, January 31, 2000 11:43 AM


Chers ami(e)s,

A l'occasion de la remise d'un doctorat honoris causa par mon universit�
� M. Jospin, j'ai tenu � rappeler la guerre contre la Yougoslavie en
envoyant le texte ci-dessous � "La Libre Belgique". Beaucoup de gens tendent
� oublier cette guerre (qui pourtant �tait suppos�e marquer un tournant dans
l histoire, une nouvelle �re, celle du droit d'ing�rence humanitaire etc.)
et surtout � oublier le soutien dont elle a joui chez les socialistes et les
�cologistes (ainsi que chez bien d'autres progressistes). J'en  suis
incapable.

Alors que la gauche politique semble s'�tre r�veill�e en partie � Seattle,
il ne faut pas qu'elle oublie que les forces de l'Otan sont, in fine, le
bras arm� du capitalisme mondial
et qu'on ne peut pas plus faire confiance � celles-ci pour d�fendre les
droits de l'homme
qu'aux multinationales pour d�fendre l'environnement ou les droits des
travailleurs. Il y a encore beaucoup de travail � faire pour sortir de notre
torpeur.

D'aucuns diront que Jospin et la gauche fran�aise ne sont pas responsables
de ce conflit, que c'est seulement une affaire am�ricaine etc. Mais on ne
peut pas participer � une guerre, m�me comme simple "alli�", la justifier
vis-�-vis de l'opinion publique sous des pr�textes fallacieux et ensuite se
laver les mains. Il me semble qu'une guerre est quelque chose de
suffisamment grave pour qu'on puisse demander � tous ceux qui se pr�sentent
comme l'avant-garde du progr�s et de la d�mocratie (PS, PC, Verts)
d'appliquer la simple recommandation que faisait Mme Reagan aux
consommateurs de drogues: "just say no".

Merci de faire circuler ce texte,  si vous le jugez bon.

Amiti�s,

 Jean

 MONSIEUR JOSPIN HONORE PAR L'UCL: UN CHOIX REGRETTABLE.

A l'occasion de la f�te patronale du 2 f�vrier 2000, l'Universit� catholique
de Louvain
remettra les insignes de docteur honoris causa � Madame Brundtland,
directeur g�n�ral de l'OMS, � Monsieur Jospin, Premier Ministre de la
R�publique fran�aise et � Monsieur Prodi, Pr�sident de la Commission
europ�enne. A priori, on pourrait s'attendre � ce qu'un tel doctorat
r�compense une oeuvre artistique, litt�raire, scientifique, humanitaire ou
en faveur de la paix.
Mais, pour autant qu'on puisse voir, aucun de ces crit�res ne s'appliquent �
Messieurs Prodi et Jospin, qui sont � simplement � des autorit�s politiques.
Et, lorsqu'on honore de telles personnes, on prend toujours le risque que
ces distinctions ne soient per�ues omme exprimant un soutien � l'ensemble de
leurs actions (m�me si ce n'est pas l� l'intention des
autorit�s acad�miques).

Dans cet esprit, on ne peut oublier qu'en tant que Premier Ministre d'un des
principaux pays membres de l'OTAN, M. Jospin est co-responsable de la
violation flagrante du droit international, de la Charte de l'ONU, et m�me
de la Charte de l'OTAN constitu�e par l'attaque contre la Yougoslavie men�e
par l'OTAN au printemps dernier. Certes, cette attaque a �t� justifi�e par
des arguments humanitaires ; mais ceux-ci se sont r�v�l�s, avec le recul du
temps, totalement fallacieux :

 - Premi�rement, la guerre a �t� d�clench�e sans v�ritables n�gociations
pour tenter de l'�viter: � la conf�rence de Rambouillet, aucune n�gociation
directe entre Serbes et Albanais n'a pu avoir lieu et on a simplement
pr�sent� aux Serbes un ultimatum qui �tait inacceptable puisqu'il
permettait, comme le dit le New York Times, "� une force  purement compos�e
de troupes de l'Otan d'aller partout o� elle le voulait en Yougoslavie, avec
une immunit� compl�te contre toute poursuite judiciaire" (5 juin 1999). Ceci
�quivalait � une occupation militaire de tout le pays. Comme cette exigence
a �t�  abandonn�e par l'Otan lors des n�gociations de paix, on se demande
bien quel r�le elle pouvait jouer, si ce n'�tait de rendre les n�gociations
impossibles.

 - Loin de se limiter � des cibles militaires, l'action de l'OTAN a vis� la
destruction syst�matique de l'infrastructure �conomique du pays et elle a
atteint de nombreux objectifs civils (entre autres, le bombardement du
march� et de l'h�pital de Nis au moyen de bombes � fragmentation). Il s'agit
l� de crimes de guerre.

 - Au lieu de cr�er un Kosovo � multi-ethnique �, qui �tait soi-disant le
but poursuivi par  les dirigeants de l'Alliance Atlantique, on a assist�
apr�s la guerre � l'expulsion du Kosovo de ceux qui n'�taient pas Albanais;
comme le dit Amnesty International "la violence contre  les Serbes, les
Roms, les  Slaves musulmans, et les Albanais mod�r�s au Kosovo a augment�
dramatiquement", y compris "les meurtes, enl�vements, attaques violentes,
intimidations et incendies de maisons", accompagn�s d'une "campagne
organis�e visant � r�duire au silence les voix mod�r�es dans la soci�t�
albanaise" (AI News Release, 23 d�cembre 1999).
Tout cela se fait, alors que le Kosovo est administr� par M. Kouchner, qui
dispose pourtant de l'appui d'une puissante force militaire, et en violation
flagrante des accords sign�s par l'OTAN � la fin de la guerre, ainsi que des
r�solutions des Nations-Unies.

 - Finalement, la situation sanitaire et humanitaire en Serbie m�me, qui
doit accueillir des centaines de milliers de r�fugi�s, est catastrophique
suite � la guerre et aux sanctions.

 En d�cernant sa plus haute distinction � M. Jospin, l'UCL honore quelqu'un
qui, � un moment crucial de sa carri�re, a choisi la guerre contre la paix,
la violence contre la n�gociation et la force contre le droit. Ce choix, qui
va � l'encontre des valeurs et des principes auxquels l'universit� est
attach�e, est profond�ment regrettable.


 Jean Bricmont
Professeur � l'Universit� catholique de Louvain

 Jean Bricmont
FYMA
2,chemin du cyclotron
B-1348 Louvain La Neuve
Belgium
32-10-473277
Fax 32-10-472414
Home: 32-2-6540190


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