source: BATIK
Bulletin d'analyse sur les technologies de l'information et de la
communication
Lettre d'information électronique mensuelle publiée par OSIRIS
l'Observatoire sur les systèmes d'information, les réseaux et les inforoutes
au
Sénégal
n° 141 Avril 2011
Editorial
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Les grands noms des nouvelles technologies se retrouvent à Dakar…et après ?
Microsoft, Nokia, Google, OVH, Samsung, Jouve, Siemens, Viadeo, Mozilla,
nombreuses sont les firmes étrangères, petites et grandes, opérant dans le
secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui
ont
décidé d’ouvrir une représentation au Sénégal où d’y organiser
ponctuellement
des activités promotionnelles. De même, nombre d’initiatives portées par des
nationaux comme Seneweb, Gaïndé 2000, Facedakar, Money Transfer, PCCI, etc.
rencontrent un succès qui dépassent souvent les frontières du pays pour
s’étendre à la sous-région voire à d’autres parties du continent. Si l’on
ajoute à cette tendance, la dynamique entretenue par la communauté des
développeurs et des utilisateurs de logiciels libres et de sources ouvertes
autour des multiples « Camp » (BarCamp, BootCamp, CodeCamp, BlogCamp,
DruppalCamp, etc.), les concours de développement d’applications organisés
par
le projet « Mobile Sénégal », etc., la récente inauguration d’un incubateur
d’entreprises TIC, ou encore le seuil des cinq millions d’abonnés atteint
par
la Sonatel, on pourrait être tenté de penser que tout va pour le mieux dans
le
monde des TIC au Sénégal. Et pourtant la réalité est loin d’être aussi rose
qu’elle n’y parait à première vue. Ainsi, plus d’une décennie après
l’élaboration des fameux « Plans NICI » initiés par la Commission des
nations
unies pour l’Afrique (CEA) dans le cadre de l’Initiative pour la société de
l’information en Afrique (AISI), le Sénégal ne possède toujours de stratégie
nationale pour le développement des TIC là où certains pays en sont à la
deuxième voire à la troisième génération de plans en la matière ! D’aucuns
rétorqueront qu’une stratégie a été développée dans le cadre de la grappe
TIC
et téléservices de la Stratégie de croissance accélérée (SCA) quand d'autres
disent que le stratégie du Sénégal est de ne pas avoir de stratégie !
Certes,
la grappe TIC et téléservices dispose bien d'une stratégie mais celle-ci
tarde
à être mise en œuvre dans un secteur où le pire ennemi est le temps qui
s'écoule à grande vitesses du faite de la rapidité de l'évolution
technologique
et du positionnement de la concurrence sur tel ou tel créneau. De plus,
cette
stratégie ne possède pas un caractère national, entendu au sens de stratégie
holistique, puisqu'elle ne s’intéresse qu’au développement de la filière TIC
en
tant que sous-secteur économique et guère plus. Or, l'expérience a montré,
un
peu partout dans le monde, que l'on ne peut efficacement et durablement
insérer
un pays dans la société de l'information sans concevoir une stratégie
nationale
dans le domaine des TIC puisque dans l'expression « société de l'information
»
le mot le plus important est quand au fond le mot « société ». De même si le
Sénégal vient de se doter d’un incubateur d’entreprises TIC, à l’initiative
du
secteur privé, il ne dispose toujours pas de l’instrument essentiel pour
faire
faire un bond qualitatif significatif au secteur des TIC à savoir un parc
technologique intégrant la formation, la recherche et la production de biens
et
services TIC et offrant toutes les facilités nécessaires, le projet du
Technopole de Dakar lancé en 1996 ayant été abandonné au profit de celui du
cybervillage initié en 2004, étant l’un comme l’autre d’une très grande
virtualité. Côté financement, le secteur ne dispose toujours pas de
dispositifs
destinés à encourager l’investissement et l’innovation alors que des taxes
multiples et diverses (RUTEL, CODETE, etc.) frappent le sous-secteur des
télécommunications simplement considéré par l'État comme une vache à lait
destinée à résoudre les problèmes de trésorerie qu'il rencontre
régulièrement.
Dans le domaine de la formation à l'utilisation des TIC, il n'existe
toujours
pas de stratégie sectorielle digne de ce nom visant à l'introduction des TIC
dans le système éducatif de la case des tout petits à l'université même s'il
existe une multitude de projets et d'expériences souvent fort intéressant.
Last
but not least, la recherche en matière de TIC ne fait pas partie des
préoccupations des autorités gouvernementales qui ne lui ont jamais assignée
ni
objectifs ni moyens. Or, sans effort de longue durée dans ce domaine, il est
totalement illusoire de vouloir passer du statut de consommateur de biens et
services et TIC dans lequel se trouve aujourd'hui le pays à celui de
producteur.
Olivier Sagna
Secrétaire général
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