LE VERIDIQUE :
Réaction à l’article de Jemal Ould Yessa : Faire la part des choses !

Notre journal, Le Véridique, a noté avec quelque déception, votre
virulente réaction suite à notre reportage sur le meeting du Prdr organisé
au Hodh Charghi le 18 mars 2006. Reportage que vous avez classé dans la
catégorie de ce que vous appelez « journalisme de complaisance ».
C’est votre point de vue et vous l’assumez totalement comme d’ailleurs
toutes vos prises de position et les conséquences qui en découlent. C’est
là un courage politique et intellectuel qu’il faut vous reconnaître et
qui, quoi que l’on dise, mérite respect.

Néanmoins, souffrez que l’on ose cette remarque, que le courage, quel qu’
il soit, n’implique pas lucidité. Celle-ci consiste d’abord à faire la
part des choses ; en l’occurrence ici, c’est de distinguer les convictions
politiques particulières et les exigences professionnelles.

Il s’agit d’un reportage ; et comme tel, c’est un genre journalistique qui
a ses exigences. La première est de décrire la situation telle qu’elle est
afin que le lecteur ait l’image la plus fidèle de cette réalité. Ainsi
informé, il sera à même de se faire une idée, de prendre position en
fonction de ses convictions ou aspirations. Ce qui implique que le
journaliste s’efface devant les faits. Nous savons que c’est là une chose
difficile mais pas impossible ; d’où toute la grandeur mais aussi tout le
risque de cette profession.

Il découle de ce qui vient d’être dit, qu’il n’est pas question pour le
journaliste d’influencer le lecteur en prenant position à sa place, en lui
imposant une lecture déterminée de l’actualité. Ce que précisément vous
nous reprochez. Vous voulez que l’on juge à la place du lecteur, vous
voulez peut-être que l’on dise au lecteur que les responsables de ce parti
(le Prdr) « sont (des) rejetons, agnats, cognats ou vague périphérie d’une
espèce de prédateurs, pourtant en voie d’extinction partout dans notre
environnement » ? Vous pouvez le dire, et l’écrire quant à vous parce que
vous défendez une ligne politique définie ; vous vous adressez à un public
dans un autre registre. Ce n’est pas le nôtre. Nous informons les lecteurs
pour qu’ils ne soient pas les otages d’un discours particulier ; nous
faisons en sorte pour qu’ils aient une appréciation des faits qui aillent
au-delà de la manipulation politicienne. Vous voyez donc que ni notre
mission ni notre démarche ne rejoignent les vôtres. L’objectif final peut
être le même mais pas les voies pour y parvenir.

Nous tenons à cette ligne libre de toute prise de position partisane.
Liberté qui s’est traduite, depuis que nous nous sommes investis dans le
domaine, par des prises de positions claires. Nous avons dénoncé toutes
les politiques sectaires, extrémistes qu’elles viennent du pouvoir ou de
tout autre milieu politique. Parce que nous sommes fondamentalement contre
toute forme d’extrémisme ou d’exclusion. C’est pourquoi nous avons
toujours dénoncé les exactions commises par le régime précédent à l’
encontre de la communauté négro-mauritanienne ; nous avons toujours
réclamé le retour des déportés, la réparation de tout le mal qui leur a
été fait, la punition des coupables de telles forfaitures. Quels qu’ils
soient. Parce que nous soutenons que le mal qui leur a été fait, a été
surtout dirigé contre le pays entier.

L’amnistie a été décrétée par le Cmjd ; certains exilés sont revenus pour
mener le combat ici, aux côtés de tous leurs compatriotes épris de
justice. Ce que nous avons toujours réclamé.

Vous ne faites pas partie de ceux qui sont revenus. Vous avez vos raisons.
Nous avons la liberté de nous poser des questions sur la nature exacte de
votre combat. Nous ne doutons pas, un instant, que vous êtes fidèles à
vous-mêmes ; nous nous interrogeons sur votre lucidité politique, nous
avons peur de l’excès de confiance que vous avez en vous, de la haute idée
que vous faites de votre personne.

Hormis les discours – dont on peut discuter de la teneur, s’ils ont un
contenu réel – que vous composez sur le net, nous ne savons pas ce que
vous valez sur le terrain de l’action concrète. Ceux qui ont quelque chose
à démontrer, ceux qui ont quelque chose à proposer à leurs compatriotes
pour assurer la mutation à laquelle nous aspirons tous, n’ont pas quitté
le pays ou, s’ils l’ont fait à un moment donné, sont revenus à la première
occasion. Vous et vos semblables êtes restés là où vous vous sentez le
mieux. Restez-y mais gardez-vous de donner des leçons ; vous vous êtes
disqualifiés. Commencez par votre auto-critique, revenez au pays et
montrez ce que vous valez ; mais ne vous servez pas du malheur des autres,
de leurs difficultés pour vous construire une stature bon marché. La
virulence de vos propos est proportionnelle à votre inefficacité ; c’est
pour compenser votre impuissance. Votre peur d’affronter la dure réalité
du terrain. Si le dossier des déportés, du passif humanitaire, de la
gestion des deniers publics, etc. ont pu évoluer, c’est grâce aux
Mauritaniens qui ont combattus, se sont sacrifiés ici pour cela. Votre
combat est en réalité un narcissisme qui ne dit pas son nom.

La Rédaction

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SOURCE: http://www.cridem.org/modules.php?name=News&file=article&sid=3578




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