Victoire du Oui, mais à quel prix ?
« Une victoire racontée en détail, on ne sait plus ce qui la distingue d'une défaite»
Sartre, Jean-Paul
 
Le OUI  l’a emporté. A quel prix ? C'est ce qu’il faut proposer au débat afin de tirer les leçons pour l'avenir et anticiper sur les futures échéances.
Au début, il paraît judicieux de poser certaines questions sur le comment du referendum, le pourquoi, et, enfin, de se demander à qui profite le OUI.
Pour cela il faut faire un  bref retour sur le déroulement de la campagne et l'intrusion de l’administration, du gouvernement et de leur géniteur militaire, dans cette campagne qui se voulait un modèle de démocratie et un test grandeur nature de notre machine électorale. Les enjeux n'étaient pas de taille et les susceptibilités tribales presque absentes. Même si certains électeurs pensent qu’on ne leur a pas offert de véritable choix, ce qui est difficilement explicable en démocratie.
Les citoyens ont été harcelés à tout moment, aussi bien dans leur foyer par la « télévis -OUI- de Mauritanie» que dans la rue, en achetant du pain, en se déplaçant en  taxi, ou en se soignant à l’hôpital. Pauvres citoyens racolés  jusque dans l’isoloir. A titre d'exemple, à l’hôpital,  une réunion des médecins avec le SG du ministère de la Santé a eu lieu le jeudi passé. Le but était de les sensibiliser en faveur du vote massif pour le OUI. Il paraît que des médecins, afin de s’illustrer, ont poussé le zèle jusqu'à vouloir déplacer les malades sous perfusion jusqu’aux bureaux de vote à l’aide des ambulances. Pire encore, lors d’un dîner débat sur un sujet aussi pertinent que la FIEVRE à l’hôtel  Mercure, organisé par la société de pédiatrie (société scientifique apolitique), les organisateurs ont travesti et perverti cette rencontre scientifique par une incitation à voter OUI à la constitution, en contradiction avec toutes les lois de ce pays qui régissent les associations de ce type.
Partout on répète les mêmes arguments, soit la limitation du mandat présidentiel, modification dont l'intérêt paraît incertain, quand on sait qu’en France jacques Chirac a le droit de se représenter pour un troisième mandat, soit la CENI dont les  pouvoirs sont limités et dont l'efficacité est incertaine quand on sait que IDRIS Deby a gagné la dernière élections présidentielle  au TCHAD avec l'aval d'une CENI.
D'autres arguments moins convainquant ont été utilisés pour drainer les réticents. Que les Mauritaniens négro-africains veulent mettre le pays à genou, si le problème du passif humanitaire n'est pas évoqué. Et que les arrestations du quatuor smasside, nostalgique de l'ancien régime dictatorial, était dans le but de les empêcher de saboter la transition. Ainsi une psychose et une sensation d'insécurité se sont installées les jours de campagne. 
Pire encore, les tentes érigées au portes des bureaux de vote pour, soi disant faciliter le déroulement du vote, alors qu'ils servent en fait à inciter les citoyens à dire OUI. J’ai été moi-même victime des deux membres d’une confédération jusque-là inconnue pour son action civique la CNPL (Confédération Nationale des Professions Libérales)  et dont le nom ne vous dit rien, qui voulaient m’influencer dans le bureau numéro 29 de TEVRAQ ZEINA  sous le regard indifférent des responsables.
Pourtant la loi est claire, la campagne s’arrête à minuit et que pour sensibiliser ou expliquer, il fallait le faire au moment opportun et en dehors de l’enceinte du vote. J’ai protesté contre la présence illégale de ces énergumènes auprès de la CENI, qui a vite dépêché un imminent responsable qui a tranché objectivement en exigeant leur expulsion manu militari de l’enceinte du vote. Cet incident m’est arrivé moi, qu’en est-il des autres bureaux  et des autres citoyens. Si on accepte l’idée qu’au nom du renforcement du sens civique et de la démocratie, il faille donner un vrai choix aux citoyens.
Les militaires ont réussi le tour de force d'arriver à convaincre le plus grand nombre, que d'une part de leur bonne volonté, à quelques modifications près, et d'autre part qu'ils donnent au ''Gouvernement à Usage Unique'' la liberté du choix politique et économique en vue d'un éventuel changement, et aux citoyens la liberté de s’exprimer à travers les urnes. Autrement dit, une vraie transition, et qu’ils sont notre seul salut. Ce qui est le plus extraordinaire, c'est que cette mystification a bien marché jusqu'à aujourd'hui.
La partialité et la neutralité affichées au lendemain du coup d’Etat se sont dissipées  la veille du scrutin sur la constitution, pourquoi? Pourtant il s’agissait d’un scrutin sans visage tribal, qui devrait être un vrai apprentissage de la démocratie.
Il ne s’agissait  que d’une constitution qui a fait couler beaucoup d’encre et nous a coûté cher financièrement. Qui a financé la seconde déportation des 40.000 citoyens  inscrits à l’intérieur du pays? Qui a financé la campagne et selon quels critères?
Alors que le citoyens, au lieu de piétiner sur l’âge et les mandats du président, devait exiger le droit au travail, le droit au logement, les libertés individuelles et les rares acquis sociaux comme droits constitutionnels.
Malheureusement, notre «culture politique», consciencieusement entretenue, nous emprisonne dans une problématique uniquement électorale et parfaitement stérile.
C’est ainsi que les militaires conteront exercer une contrainte croissante sur toutes les décisions nationales. Certains citoyens avaient mille fois raison de critiquer le contenu, le comment du referendum constitutionnel, et de dénoncer ce qu’ils appellent le « ingérence de l’administration» (qui n’est qu’un cache-sexe pour les intentions inavouées du CMJD). Quant à qui profite le OUI. Je me la pause toujours comme vous. Pour arriver enfin à une certitude, nous avons une constitution. Et alors?
Dr Ahmed salem ould KLEIB
tel 00.222.6673276
medecin
Hopital national 


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