Subject: M. Obama esquisse le tableau de sa politique africaine pour les quatre 
années à venir
Date: Thu, 9 Jul 2009 08:25:43 +0000
From: [email protected]








M. Obama esquisse le tableau de sa politique africaine pour les quatre années à 
venir




L'interview du président Barack Obama sur AllAfrica.com

M. Obama esquisse le tableau de sa politique africaine pour les quatre années à 
venir

 

(Début de la transcription)



  La Maison-Blanche

Bureau du secrétaire de presse

Le 7 juillet 2009

INTERVIEW DU PRÉSIDENT BARACK OBAMA

PAR

ALLAFRICA.COM

Le 2 juillet 2009

QUESTION : Nous avons demandé aux personnes qui visitent notre site, 
AllAfrica.com, de nous indiquer ce qui les intéresse le plus dans votre 
politique. Comme vous pouvez l'imaginer, les réponses reçues couvrent des 
sujets très divers : règlement des conflits, questions de développement, 
questions commerciales, etc. Mais la question immédiate qu'ils se posent - et 
que nous nous posons également - est la suivante : pourquoi avoir choisi de 
vous rendre d'abord au Ghana, en Afrique subsaharienne ?

LE PRÉSIDENT : Eh bien, j'ai fait ce choix en partie parce qu'il y a eu au 
Ghana plusieurs élections qui ont permis une passation de pouvoir pacifique, y 
compris lors d'une élection très serrée. Je pense que le nouveau chef de 
l'État, le président Mills, a démontré son engagement envers l'État de droit, 
un engagement de nature démocratique qui garantit la stabilité du pays. Et à 
mon avis, la gouvernance et la prospérité sont directement liées. Les pays bien 
gouvernés, stables, dont les dirigeants reconnaissent qu'ils doivent rendre des 
comptes à la population et que les institutions sont plus fortes qu'une 
personnalité quelle qu'elle soit, sont généralement ceux qui produisent des 
résultats pour les populations. Et nous voulons appuyer ce message.

QUESTION : Et j'imagine que vous aimeriez voir un plus grand nombre de pays du 
continent africain suivre l'exemple du Ghana. Et je suppose que votre politique 
consiste en partie à encourager ce genre d'exemple.

LE PRÉSIDENT : Absolument.

QUESTION : Et comment allez-vous faire cela ? Est-ce que … ?

LE PRÉSIDENT : Eh bien, il s'agit - entre autres - de mettre en exergue les 
bons modèles. Ainsi, en me rendant au Ghana, j'espère attirer l'attention sur 
la bonne gouvernance de ce pays.

Je ne crois pas que l'on puisse attendre des pays qu'ils passent simultanément 
par des transitions similaires. Mais nous avons relevé des progrès dans les 
domaines de la démocratie, de la transparence et de l'État de droit, dans la 
protection des droits fonciers et nous avons constaté des efforts dans la lutte 
contre la corruption. Nous avons relevé des progrès ces dernières années. 
Pourtant, dans certains cas, nous assistons à quelques reculs. Dans le pays de 
mon père, le Kénya, je m'inquiète que les partis politiques ne semblent pas 
aller dans le sens d'une réconciliation permanente qui permettrait l'avancement 
du pays. Et le Kénya n'est pas le seul pays en situation préélectorale ou 
postélectorale où nous avons récemment noté l'existence de problèmes.

Et nous voulons nous assurer que les populations comprennent bien qu'il ne 
s'agit pas d'une notion abstraite que nous essayons d'imposer à l'Afrique. 
L'instabilité politique et la corruption ont des conséquences extrêmement 
pratiques et pragmatiques, qui déterminent par exemple si les habitants peuvent 
ou non nourrir leur famille et éduquer leurs enfants, et nous pensons que 
l'Afrique, que le continent africain est un continent aux promesses et aux 
défis extraordinaires. Nous ne parviendrons pas à concrétiser ces promesses 
sans une meilleure gouvernance.

QUESTION : A ce propos, avez-vous des priorités en termes de pays ou de régions 
? Par exemple, l'Afrique de l'Ouest, qui est très importante sur le plan du 
pétrole, ou l'Afrique de l'Est, qui a une importance stratégique pour les 
États-Unis ?

LE PRÉSIDENT : Je pense que l'ensemble du continent est important. Et n'oubliez 
pas que bien que je me rende au Ghana cette fois-ci, M. Tsvangirai, du 
Zimbabwé, a déjà été reçu dans le Bureau ovale. J'ai aussi reçu dans mon bureau 
M. Kikwete de la Tanzanie. À chaque fois, j'essaye de répéter le même message. 
Vous avez vu que le gouvernement de Tanzanie a fait de bonnes choses dans le 
domaine des prestations de services concrets offerts à la population, et chaque 
fois que les pays sont prêts à se prendre en main, nous voulons les 
accompagner. Et je pense qu'il existe déjà en Afrique des dirigeants forts qui 
sont prêts à aller de l'avant, et nous souhaitons être à leurs côtés.

Sur le plan économique, cela se traduit par un potentiel d'échanges commerciaux 
accrus. Ainsi, nous ne nous intéressons pas uniquement à l'aide étrangère mais 
aussi au renforcement des capacités qui favorisent le développement intérieur 
de ces pays et nous souhaitons œuvrer dans un cadre multilatéral mais aussi 
renforcer nos relations bilatérales avec nombre de ces pays.

Mais, comme vous l'avez remarqué, certaines raisons stratégiques, économiques, 
environnementales et de sécurité intérieure expliquent l'importance que cette 
région revêt à nos yeux. Et l'une des raisons pour lesquelles nous voulions - 
bien que nous ne visitions qu'un pays à la fois, j'ai pensé qu'il serait 
logique de lier la visite du Ghana à la réunion du G8, et nous allons 
d'ailleurs rencontrer un certain nombre de pays africains en Italie lors de la 
réunion du G8 - et avant cela, nous nous réunissons en Russie - pour montrer 
que l'Afrique est directement liée à notre approche globale de politique 
étrangère, qu'il ne s'agit pas d'un événement isolé, de la visite de rigueur 
sur le continent africain lors du présent mandat, histoire de dire que nous y 
sommes allés, mais plutôt d'un événement qui s'inscrit dans un dialogue plus 
vaste portant sur les nouveaux défis internationaux restant à relever dans 
l'avenir.

QUESTION : Je suppose que l'aide au développement occupera une place importante 
dans votre politique africaine. En fait, l'aide au développement est assez 
fragmentée, qu'il s'agisse de l'aide des États-Unis ou de l'aide 
internationale, puisque divers pays adoptent des approches diverses. Et à 
l'heure actuelle, plus que tous les autres présidents, vous vous servez 
d'outils technologiques et je ne peux m'empêcher de me demander si vous avez 
l'intention ou si vous avez déjà pensé à utiliser la technologie pour donner 
une certain cohérence à cette aide, si vous voulez, par exemple en vue de faire 
un suivi de l'aide en termes d'efficacité et de savoir où elle est distribuée, 
etc.

LE PRÉSIDENT : Oui, je pense que vous venez de souligner un point important, et 
même au sein du gouvernement américain, les politiques d'aide ont été 
fragmentées et réparties sur divers ministères ; diverses théories ont été 
adoptées par divers responsables, selon le gouvernement en place ou le parti au 
pouvoir à un moment donné. Essayer de stabiliser l'aide et de la focaliser, 
fonder nos politiques sur l'efficacité et non sur des positions idéologiques 
anciennes, tout cela revêtira une importance considérable.

Et la technologie peut jouer un rôle très important dans la rationalisation de 
l'aide étrangère, elle peut veiller au suivi de l'application de l'aide, à ce 
qu'elle bénéficie aux personnes censées la recevoir. Ce qui m'inquiète, dans 
notre politique d'aide en général, c'est le fait que les consultants 
occidentaux et les coûts administratifs finissent par absorber un fort 
pourcentage de la totalité de l'aide. Et il me semble que nous devrions essayer 
de réduire notre présence et d'optimiser la formation pour que les populations 
s'en sortent elles-mêmes. Par conséquent, je crois qu'il est important de se 
servir de l'Internet, de logiciels et des technologies modernes en vue 
d'améliorer les prestations.

Je pense aussi au fait que dans nombre de ces pays, la façon dont nous 
réfléchissons non pas à la haute technologie mais plutôt aux techniques plus 
simples, servant par exemple à améliorer la production alimentaire, est d'une 
importance capitale. Et je reste frustré par le fait que la révolution verte 
que nous avons introduite en Inde dans les années 1960 n'est toujours pas 
présente en Afrique en 2009. Dans certains pays, la productivité agricole a 
baissé. C'est absolument insensé. Et nous n'avons pas besoin d'ordinateurs 
complexes pour résoudre ces problèmes ; il nous faut des méthodes agricoles 
authentiques, qui ont fait leurs preuves, et des technologies économiques et 
efficaces mais susceptibles de considérablement influer sur le bien-être 
quotidien des populations.

QUESTION : De plus, vous venez de mentionner il y a quelques minutes 
l'importance des investissements, outre celle de l'aide. Quel équilibre faut-il 
trouver entre l'aide et les investissements ? Vous obtenez - la plupart des 
entreprises obtiennent un retour sur investissement plus important en Afrique 
qu'ailleurs. Faudrait-il donc insister encore plus là-dessus ? A votre avis, 
quel genre d'équilibre est possible dans l'aide au développement ?

LE PRÉSIDENT : En fait, je voudrais faire une remarque. Tout d'abord, il n'y 
aura pas d'investissements sans bonne gouvernance. C'est en partie la raison 
pour laquelle nous mettons l'accent sur ce point. Je le répète, il s'agit là 
d'une approche très pratique, réaliste, pour savoir comment améliorer la vie 
quotidienne des populations africaines. Si les responsables gouvernementaux 
demandent 10 %, 15 % ou 25 % au départ, les entreprises ne veulent pas investir 
dans ces conditions. Voici le premier point.

Deuxième point, il me semble que lorsque mon père a quitté le Kénya pour les 
États-Unis, au début des années 1960, les PIB du Kénya et de la Corée du Sud 
n'étaient pas équivalents - celui du Kénya était en fait plus élevé. Que 
s'est-il passé en 50 ans ? La Corée a connu un mélange d'investissements 
étrangers, d'intégration du pays dans l'économie mondiale, et un certain sens 
de la stratégie, en particulier l'idée que certains secteurs pouvaient 
promouvoir leurs exportations. Une grande priorité a été accordée à l'éducation 
pour former une main-d'œuvre qualifiée et l'investissement étranger 
s'accompagne obligatoirement du transfert de technologie, ce qui permet de 
développer et d'alimenter les industries nationales.

Il existe donc des modèles. Nous savons ce qu'il faut faire. Ce que l'on n'a 
pas encore vu, c'est l'application constante et régulière, au fil du temps, de 
certains de ces modèles en Afrique, et je pense qu'il faut maintenant s'y 
atteler.

QUESTION : Est-ce là un échec de la politique américaine ou de la gouvernance 
africaine ?

LE PRÉSIDENT : Je dois dire que la communauté internationale n'a pas toujours 
adopté la bonne stratégie, mais au fond, je crois fermement que les Africains 
sont responsables de l'Afrique.

Je pense que les progrès de l'Afrique ont été entravés du fait que pendant de 
nombreuses années, nous avons trouvé des excuses à la corruption et à la 
mauvaise gouvernance ; que ceci soit en quelque sorte la conséquence du 
néocolonialisme ou de l'oppression de l'Occident ou du racisme, je ne suis pas 
trop… je ne crois pas aux excuses.

Je pense connaître l'histoire de l'Afrique aussi bien que ceux qui m'ont 
précédé dans ces fonctions. Et je peux vous expliquer en long et en large 
pourquoi les cartes coloniales qui ont été dressées ont contribué à déclencher 
des conflits, et vous parler des termes défavorables des échanges commerciaux 
de l'époque qui a suivi le colonialisme.

Et pourtant, la réalité, c'est que nous sommes en 2009. L'Occident et les 
États-Unis ne sont pas responsables de la situation économique du Zimbabwé de 
ces quinze à vingt dernières années. Ils ne sont pas non plus responsables de 
certaines politiques désastreuses que nous avons pu voir à l'œuvre ailleurs en 
Afrique. Et je crois qu'il est très important que les dirigeants africains 
assument leurs responsabilités et soient obligés de rendre des comptes.

Et je pense que les populations africaines le comprennent. Le problème, c'est 
qu'elles n'ont pas toujours eu la possibilité de s'organiser et de se faire 
entendre pour que les choses s'améliorent.

QUESTION : Pour terminer notre conversation, bien que votre présidence soit 
encore très jeune, je me sens néanmoins obligé de vous poser une question sur 
l'héritage que vous laisserez derrière vous (rires). La voici : lorsque vous 
aurez terminé votre mandat, quelle sera, à votre avis, la marque vous aurez 
laissée en matière de politique africaine ? En quoi consistera-t-elle, selon 
vous ?

LE PRÉSIDENT : À la fin de mon mandat, j'aimerais pouvoir affirmer que les 
États-Unis ont été un véritable partenaire des pays africains, qu'ils les ont 
aidés à construire des institutions à la fois politiques, civiles et 
économiquee qui auront permis d'améliorer le niveau de vie et la sécurité des 
populations africaines ; que nous les avons mis sur la voie de l'intégration 
dans l'économie mondiale, et qu'un jeune qui grandit à Johannesburg, à Lagos, à 
Nairobi ou à Djibouti peut se dire : oui, je peux rester en Afrique, je peux 
rester dans mon pays et réussir, et grâce à ma réussite, mon pays et mon peuple 
seront plus forts.

Ce serait un bon bilan. Je ne m'attends pas à l'accomplir en quatre ans ou même 
en huit ans, mais je pense que l'on peut s'engager sur cette voie. Et les 
États-Unis sont un partenaire essentiel dans ce processus. D'accord ?

QUESTION : J'aimerais pouvoir disposer d'une heure supplémentaire. (Rires). 
Mais je vous remercie de m'avoir accordé ce temps d'entretien.

LE PRÉSIDENT : Merci beaucoup.

(Fin de la transcription)



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Teko Folli

Information Specialist

Embassy of the United States of America

Côte d'Ivoire - Abidjan 

Public Affairs Section - PAS

01 B.P. 1866 Abidjan 01

Tel : (225) 22 49 45 99

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            [email protected]

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“Watch your thoughts, for they become words.

Watch your words, for they become actions.

Watch your actions, for they become habits.

Watch your habits, for they become character.

Watch your character, for it becomes your destiny.”

- - Author unknown










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