Le mardi 27 mai 2008
 Manque d’ambulances sur la Rive-Sud
«La situation est critique» 
- Un paramédic 
 Le paramédic Gabriel Lévesque, flanqué des députés Christian Lévesque et Éric 
Caire, a dénoncé le manque d’effectifs ambulanciers à Lévis, où l’attente 
atteint parfois 45 minutes.
      Photo - Stevens LeBlanc  
CÉDRIC BÉLANGER

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Le paramédic Gabriel Lévesque était en congé, le 10 mai, quand un homme a chuté 
dans les escaliers d’un restaurant de Lévis, où il était attablé avec des amis.


Il a fallu 45 minutes avant qu’une ambulance ne vienne chercher la victime, 
inconsciente et souffrant d’un traumatisme crânien.

Selon Gabriel Lévesque, cet exemple illustre à quel point la situation de la 
desserte ambulancière est «critique» sur la Rive-Sud.

«Cet homme risque d’en garder des séquelles importantes. Lorsqu’il y a un 
traumatisme crânien, les minutes et les secondes comptent. Cet homme avait 
besoin d’une chirurgie rapidement, mais les 45 minutes écoulées avant l’arrivée 
de l’ambulance ont malheureusement été perdues.

«La santé des gens est compromise durant certaines périodes de la journée, 
parce qu’on manque d’effectifs», dit-il.

96 heures manquantes

Flanqués des députés adéquistes Christian Lévesque et Éric Caire, des employés 
et dirigeants de Dessercom ont réclamé, hier, que le ministre de la Santé, 
Philippe Couillard, débloque au plus vite les fonds qui permettraient l’ajout 
d’une ambulance à Lévis, où la population a augmenté de 20 000 personnes depuis 
2003.

«Les statistiques d’appels nous démontrent qu’il manque 96 heures de service, 
principalement le jour. Cela équivaut à un véhicule supplémentaire et 
représente un budget de 600 000 $ à 700 000 $ de plus par année», dit René 
Déry, vice-président de Dessercom, qui couvre le territoire de la ville 
fusionnée de Lévis, Saint-Lambert et Saint-Henri.

De plus en plus fréquemment, des véhicules des régions limitrophes doivent 
venir assurer des transports de patients sur le territoire de Dessercom, parce 
qu’il n’y a plus d’ambulances libres. De 177, en 2005, le nombre de transports 
en provenance d’un autre service ambulancier est passé à 264, en 2007.

«Ça veut dire que le territoire était à découvert et que tous ces patients ont 
attendu longtemps», note M. Déry.

Préhospitalier négligé

Selon le député Christian Lévesque, des demandes répétées ont été faites à 
l’Agence de santé et des services sociaux, depuis mai 2007.

«Nous les avons rencontrés en décembre et ils nous ont alors dit que la 
priorité était la région de Lévis, qu’il y aurait des budgets supplémentaires, 
en janvier, et que ce serait réglé en mars. En mars, il n’y avait pas plus 
d’argent. Maintenant, on nous dit peut-être à l’automne. Mais en attendant, 
c’est de la vie des gens de Lévis qu’on parle.»

Selon son collègue et critique en santé, Éric Caire, ce n’est pas dans les 
agences que ça bloque, mais au ministère. Il estime que le ministre Couillard 
n’accorde pas assez d’importance au secteur préhospitalier.

«Le préhospitalier est négligé partout au Québec, tranche-t-il. C’est toute la 
différence entre le considérer comme une prolongation de l’urgence ou des 
chauffeurs de taxis. Quand on a une démonstration aussi éclatante qu’il manque 
des services, je ne pense pas qu’on puisse jouer au jeu du report des budgets.»

Toujours une priorité

Au cabinet du ministre Couillard, on assure que Lévis figure toujours dans les 
priorités, même si l’on ne peut dire quand des fonds seront débloqués.

L’attachée de presse du ministre, Marie-Ève Bédard, a fait savoir qu’au départ, 
le ministère désirait attendre les résultats de cinq projets-pilotes qui sont 
menés touchant l’organisation des services ambulanciers, ainsi qu’un rapport 
sur l’inventaire des ressources offertes dans chaque région avant d’octroyer 
des budgets supplémentaires. Mais, a-t-il statué, certaines régions où les 
besoins sont plus pressants, dont Lévis, pourraient ne pas avoir à attendre la 
fin des projets-pilotes.

«Nous n’avons pas encore d’échéance. Il faudra voir avant si l’ajout d’un 
véhicule est la solution au problème. Mais le ministre a dit qu’on ne peut 
attendre la fin des projets-pilotes», dit en terminant Mme Bédard.

http://www.mediamatinquebec.com/index.php?section=Accueil&id=9835

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