Estimé(e)s collègues

Je vois la situation de deux angles bien différents.

Le premier, c'est que nous sommes aux prises avec la génération des 
enfants-rois qui arrivent sur le marché du travail.  Je ne dis pas que tous les 
18-25 ans sont des enfants-rois, loin de là, mais il y en a qui le sont.  Et 
comme ils ont été habitués à avoir tout ce qu'ils veulent, comme ils le 
veulent, quand ils le veulent, ils ont énormément de difficultés à s'adapter à 
un système qui ne se plie pas à leurs moindres demandes.

J'ai quelques noms en tête (que je vais garder pour moi), de paramédics qui 
sont arrivés sur le marché du travail en chialant "qu'ils n'avaient pas que ça 
à faire travailler les fins-de-semaines".  Ils voulaient du temps libre pour 
faire leurs activités.  Ils arrangeaient leurs horaires et "tombaient malades" 
de façon systématique si le quart tombait la fin-de-semaine.  Sans farce, en 
entrevue, un candidat nous a dit qu'il voulait travailler du lundi au jeudi, de 
8h à 16h.  Est-ce que j'ai besoin de vous dire que son CV est tombé dans le 
déchiqueteur?!?  J'ai aussi vu des paramédics qui beuglaient partout qu'ils 
n'avaient qu'un salaire de crève-faim (je suis d'accord là-dessus, les salaires 
devraient être plus élevés...) et qu'ils étaient obligés de prendre un 2e 
emploi pour arriver.  Ce qu'ils voulaient dire par là, c'est que leur salaire 
de paramédic n'était pas assez suffisant pour soutenir leur train de vie à 250 
000$ par année.  Une maison à 350 000$ dans un domaine de prestige, des meubles 
de marques de prestige, un VUS pour tirer le bateau pour faire du wake-board la 
fin-de-semaine (c'est pour ça qu'il tombait subitement malade...) et 2-3 
voyages dans le sud par année.  Je suis de la génération X, et on m'a appris à 
dépenser selon mes moyens réels, pas ceux que je voudrais avoir.... et 
j'arrivais très bien avec mon salaire de paramédic.  Mais là encore, c'est le 
syndrome de l'enfant-roi.

Le deuxième angle, c'est celui de la formation.  Ayant été instructeur clinique 
(je préfère ça à "maître de stage") à plusieurs reprises, j'ai eu la chance de 
voir d'excellents futurs-paramédics, et d'autres moins excellents.  J'ai eu à 
dire à des stagiaires qu'ils rencontraient les critères de réussite que le 
collège nous donnait, mais qu'ils ne devaient pas espérer travailler dans notre 
service parce qu'ils ne rencontraient pas nos critères d'excellence.  OK, la 
pénurie de paramédic était moins grande à cette époque et nous avions donc plus 
de choix de candidats, mais quand même.... En principe, le diplôme signifie que 
les objectifs de formation ont été atteints.  Cependant, la note de passage 
reste de 60%, ce qui signifie que quelqu'un peut ne pas avoir atteint 40% des 
objectifs et être diplômé quand même.  Et malheureusement, je trouve que le 
savoir-être n'est pas assez évalué en stages.  Mais ça c'est un autre débat.  
Mon point finalement, c'est que le diplôme n'est pas une garantie de qualité à 
100%.  C'est la raison pour laquelle il faut réévaluer les compétences.  La 
survie de la population en dépend.  Sans farce.  J'ai vu des choses 
épouvantables dans des tests d'embauche.  Tu as beau te dire qu'ils sont 
nerveux et tout, faut quand même pas exagérer!  Tu leur donne un cas de triage: 
2 patients, un en ACR, l'autre critique (Fx bilatérale des fémurs, pneumothorax 
ouvert) mais respire et a un pouls.  Pas d'autre ambulance avant 25 minutes, CH 
à 15 minutes.  Et qu'est-ce qu'ils font les empaillés?  Ils sautent sur l'ACR 
et laissent l'autre patient là.  Ou ils essaient d'amener les deux....

Alors malheureusement, non ce ne sont pas tous les paramédics qui sortent du 
collège qui sont égaux (et c'est vrai aussi pour toutes les autres professions, 
en passant...).  Et je suis bien content que l'on continue à s'assurer que la 
compétence est bien là quand on les embauchent.  Parce qu'un jour ce sont eux 
qui vont venir me chercher.... Nous avons tous eu un confrère de classe que 
nous ne souhaitions  jamais voir à notre chevet quand nous serons malades...Et 
pourtant, vous savez qu'il a été engagé quand même.....

Paramédicalement vôtre,

Sébastien Gagnon, AEMCA
Paramédic

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