source Le Soleil
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/politique/200906/13/01-875467-occupation-des-edifices-publics-ambulanciers-avertis.php (Québec) Le gouvernement du Québec menace de cesser toute négociation avec ses ambulanciers s'ils continuent à occuper des édifices publics, comme ils l'ont fait au cours de la journée et de la soirée de vendredi, dans les bureaux du ministère de la Santé du chemin Sainte-Foy, à Québec. «On est prêts à s'engager à négocier, mais les ambulanciers devront cesser leurs moyens de pression», a indiqué une porte-parole du ministère de la Santé, Dominique Breton. «Nous n'accepterons pas de discuter avec les ambulanciers tant qu'ils continueront à faire des méfaits publics comme ils l'ont fait, vendredi.» Tout au long de la journée de vendredi, quelques centaines d'ambulanciers représentés par la CSN ont envahi les bureaux du ministère, entre midi trente et 1h du matin, samedi. Les ambulanciers ont expulsé tout le personnel de l'édifice, incluant les gens qui travaillent au bureau du ministre, Yves Bolduc. Ils n'ont commis aucun dégât dans l'édifice, mais certains ambulanciers ont activé la sirène de leur véhicule après minuit, tout juste devant l'hôpital Saint-Sacrement. Sur ordre du sous-ministre à la Santé, Jacques Cotton, l'unité du contrôle de foule de la police de Québec a pris le contrôle de l'entrée de l'édifice vers minuit. Certains ambulanciers assis devant la porte d'entrée ont résisté passivement quand les policiers leur ont demandé de bouger. Les policiers ont forcé un peu pour les tasser, passant même les menottes à certains, mais aucun coup n'a été échangé. Environ une demi-heure plus tard, des policiers munis de casque ont pénétré dans l'édifice, après avoir fait sauter la vitre de la porte d'entrée en éclats. Le sous-ministre Cotton est allé expliquer aux récalcitrants qu'ils devaient quitter les lieux. L'intervention de M. Cotton a été perçue comme un geste de provocation de la part de certains représentants syndicaux et ambulanciers qui étaient à l'extérieur. «Vas-y, mon sale, vas-y, mon ostie de sale», a-t-on crié à son endroit. «T'es un pourri.» «Si c'est la grève que tu veux, tu vas l'avoir.» Après le départ de M. Cotton, les policiers ont expliqué aux ambulanciers qu'ils pourraient être accusés au criminel s'ils devaient demeurer dans l'édifice. C'est à ce moment que tous les ambulanciers sont partis, sans geste de violence. *Récidive prévue* Avant de se disperser, les ambulanciers ont promis de récidiver «la semaine prochaine», afin de faire entendre leur point de vue sur les différends qui existent entre les deux parties sur les questions salariales. «Nos moyens de pression ne touchent pas aux services à la population», a indiqué Martin Jobin, président du syndicat local des ambulanciers de Québec de la CTAQ, pour répondre à l'ultimatum du gouvernement. «Nous vivons dans un pays libre où nous avons droit de nous exprimer. Et nous allons continuer à nous exprimer.» Même si les ambulanciers et le gouvernement ont un contrat de travail en main, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, les deux parties sont toujours à négocier les salaires. L'employeur souhaite verser l'échelon salarial maximum de 30,40 $ à ses ambulanciers qui détiennent un diplôme d'études collégiales (DEC); programme qui existe depuis quelques années seulement. Comme la grande majorité des ambulanciers ne possèdent pas ce DEC, ils sont nombreux à ne pas pouvoir obtenir le maximum de l'échelle. Depuis au moins une année, les discussions bloquent à cet enjeu, car les ambulanciers avancent que tous méritent le même salaire pour exécuter les mêmes tâches. Et les ambulanciers préviennent qu'ils pourraient avoir recours à la grève illégale si le gouvernement ne leur donne pas raison. «Nous irons avec la grève illégale s'il le faut, avance M. Jobin. Le gouvernement n'a qu'à négocier de bonne foi.»

