Message: 5 > Date: Thu, 11 Apr 2013 17:27:39 +0200 > From: Ista Pouss <[email protected]> > To: Philippe Verdy <[email protected]>, Discussions sur OSM en > français <[email protected]> > Subject: Re: [OSM-talk-fr] Activation HOT sur la RCA > Message-ID: > < > cagqaj4j21auihqh-6iqpbcerw7cstm0kmvn23_mosg41gn6...@mail.gmail.com> > Content-Type: text/plain; charset="iso-8859-1" > > Je vous trouve bien angéliques. > > Et j'aurais bien aimé aussi avoir l'opinion de Severin Menard, qui a lancé > cet appel.
Je ne suis pas sur le même fuseau horaire, et cette discussion au sein de talk-fr était également intéressante à suivre > J'imagine que HOT a réfléchi a ces questions ? > Oui, un petit peu, quand même, je vous rassure. Une partie d'entre nous a une expérience de plusieurs années dans l'humanitaire, notamment la gestion de l'information, au sein de différentes organisations, onusiennes ou autres. Tous avons vécu la frustration d'un manque de données de base ou d'un mauvais partage de celles qui existent. Les donnés OSM et notre approche sont très appréciées des organisations onusiennes, des Croix-rouge avec qui nous travaillons de manière formelle (exemple http://digitalhumanitarians.com/ dont je fais un petit rapport ici<http://hot.openstreetmap.org/updates/2012-11-03_digital_humanitarian_network_simulation_at_iccm_washington_dc> ) > > "Ceux qui font la guerre ont déjà toute l'information nécessaire", me > dit-on. Ah ?... Avez-vous un lien, un truc, un chose, qui valide ça ? > Est-ce vrai, dans le cas précis de cet appel ? > > "Est-ce une raison pour arrêter l'aide alimentaire, si elle profite aux > militaires ? " Heu... oui ! Evidemment, même ! Mais là encore, quelle est > la réflexion et la réponse de HOT ?... Si une ONG n'a que ce genre de > réflexion et de réponse sur ce sujet, alors je réponds STOP ! > Allons bon > > "Il arrive que l'aide alimentaire profite à la marge aux potentats locaux, > c'est un phénomène marginal". Excusez, mais on n'est pas sur la même > planète ! En cas de catastrophe naturelle, oui, vous avez raison. Mais en > cas de conflit ouvert, non, c'est au contraire le profit au potentat locaux > qui est le phénomène principal, et l'aide aux démunis le phénomène marginal > ! > > Sans doute la communauté ouverte travaillant librement pour le bien de > l'humanité est-il considéré comme une valeur universelle, "à part quelques > potentats locaux" :-) et comme je suis pas complètement d'accord avec les > valeurs universelles... (ni, d'ailleurs, avec les potentats locaux). > Alors cette angoisse de la donnée libre humanitaire détournée est rare, mais assez récurrente (il doit être possible de monter une association du STOP en réunissant tout le monde) et les réponses apportées par vos débatteurs couvrent globalement celles que j'aurais pu vous donner. Plutôt que de généralités, je vais du coup rentrer dans l'exemple. Dans le cas d'un conflit armé et d'un pouvoir répressif bien outillé (la Syrie, au hasard) ou le cas spécifique de gens fuyant leur habitat originel et se cachant car ils sont poursuivis et leur vie menacée si retrouvés, rassurez-vous, nous ne mettons pas en ligne leur emplacement, si tant est que nous pourrions le connaitre (l'accès à une imagerie post-crise n'est pas un cas si courant). La rébellion de la Séleka, par contre, est composée de groupes épars de mercenaires mal équipés et non payés depuis des semaines (d'où le racket continuel), dans un pays où la proportion de personnes ayant déjà touché quelques fois un ordinateur est loin d'atteindre la majorité de la population, dans un pays en ce moment souvent sans électricité et dont l'internet et les communications sont devenues déficientes depuis la chute de Bangui. Les imaginer à la tête d'un vaste système d'analyse spatiale captant toute la donnée libre créée par d'angéliques mais inconscients contributeurs ferait peut-être un bon épisode avec Jack Bauer, mais malheureusement leurs seules considérations sont beaucoup plus terre-à-terre, comme le montrent les derniers bulletins<http://reseaudesjournalistesrca.wordpress.com/2013/04/11/bangui-les-pillages-vols-a-main-armee-et-violences-entravent-laide-humanitaire/> du RJDH. Celui-ci<http://reseaudesjournalistesrca.wordpress.com/2013/04/06/bocaranga-la-population-terrorisee-par-le-passage-de-la-seleka/> montre que les rebelles arrivent assez facilement à se localiser dans des zones où la cartographie libre est, disons, encore assez limitée<http://www.openstreetmap.org/?mlat=6.9116&mlon=15.6195&zoom=14&layers=M>. Une fois sur place, ils n'ont pas trop de mal à localiser tel ou tel équipement à piller, l'usage de Kalachnikov dans la conversation favorisant la justesse des réponses. Par contre, une cartographie de la ville et de ses équipements favoriserait une réponse organisée, coordonnée (il y a encore beaucoup de choses faites en doublons sur le terrain faute de partage de la donnée de base), des acteurs humanitaires. D'ailleurs trêves de discours, je m'y mets. Je tiens cependant à remercier tous ceux qui contribuent aux sollicitations de cartographie ou de soutien technique dans ces territoires en crise ou en développement. En tant que membre d'OSM France, je cherche le plus possible à informer la communauté française de nos actions, par le biais notamment de messages spécifiques et de posts de blog que je vais vraiment m'efforcer de traduire à chaque fois. Bien cordialement, Severin
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