Le 12 avril 2013 23:56, Severin MENARD <[email protected]> a écrit :

> les derniers 
> bulletins<http://reseaudesjournalistesrca.wordpress.com/2013/04/11/bangui-les-pillages-vols-a-main-armee-et-violences-entravent-laide-humanitaire/>
>  du
> RJDH. 
> Celui-ci<http://reseaudesjournalistesrca.wordpress.com/2013/04/06/bocaranga-la-population-terrorisee-par-le-passage-de-la-seleka/>
>  montre
> que les rebelles arrivent assez facilement à se localiser dans des zones où
> la cartographie libre est, disons, encore assez 
> limitée<http://www.openstreetmap.org/?mlat=6.9116&mlon=15.6195&zoom=14&layers=M>
> .
>

Une zone que je suis en train de travailler justement, au Burkina Faso et
non au Mali (mais pas loin tout de même).


> Une fois sur place, ils n'ont pas trop de mal à localiser tel ou tel
> équipement à piller, l'usage de Kalachnikov dans la
> conversation favorisant la justesse des réponses.
>

Réponse tout à fait à propos. Et qui démontre qu'ils peuvent même obtenir
plus d'informations de cette façon que ce qu'on pourra obtenir et faire
nous-mêmes, qui malgré tout sera supérieur à ce que des humanitaires sur
place en temps de crise arriverons à obtenir (qui a de fortes chances
d'être largement déformé et de masquer des tas de choses pourtant connues
(mais ces infos sont disséminées et longues à collecter s'il faut aller
interroger des gens partout dans le monde). Les humanitaires ont besoin
d'outils de référence qui leur permettent aussi d'évaluer la fiabilité de
ce qu'on leur dit en temps de crise, car évidememnt ils ne vont pas pouvoir
utiliser la force de la même façon, et le gouvernement local fera tout pour
censurer des tas d'infos et ralentir la circulation de l'information en
temps de crise.

La crainte se situe en fait ailleurs : qu'une carte précise puisse être
utilisée pour préparer (en temps de paix) une attaque surprise ou
terroriste. Mais dans ce cas tous les pays du monde sont concernés. Si les
attaquants ont besoin de coordonnées précises, c'est malgré tout pour aller
viser un objectif très précis car ils ne vont pas pouvoir lancer une
attaque massive en tirant un peu partout au hasard.

La cartographie précise en revanche n'apportera strictement rien de plus à
un attaquant dont l'objectif est justement de tirer partout dans le tas
sans savoir qui ou quoi il vise, la seule chose qui l'importe c'est
l'attaque dans une zone donnée, assez large pour que cela se remarque, mais
sans réelle importance sur son efficacité réelle. Son arme réelle c'est
surtout le déluge d'informations et de craintes que l'acte va entraîner. La
carte précise ne lui est pas nécessaire, mais il cherchera sur le terrain
qui attaquer et ne sera jamais si pressé que ça.

Enfin il reste les combattants en déroute qui cherchent une solution
d'urgence. Là encore nos carte ne les aideront pas car autour de ces
combattants il y aura eu assez de dégats pour que des tas de choses aient
changé et ne figure pas sur nos cartes. Nos cartes ne les aideront pas,
mais en revanche leurs armes pour interroger les résidents tout autour si
(même s'il n'emploient pas la menace directe, leur seule présence dans la
zone amène les résidents à avori peur et tenter de s'enfuir par des routes
un peu plus sures et il n'y a qu'à les suivre, ou au minimum les surveiller
pour qu'elles restent comme des boucliers destinés à prévenir des attaques
de leurs ennemis qui eux ne tiennent pas à faire trop de "dégâts
collatéraux" !

Ensuite qui reste-t-il ? Les militaires des armées puissantes qui peuvent
faire des attaques ciblées et programmées à distance. Et là encore nos
cartes ne seront jamais assez précises ni assez actualisées pour elles.
Bref, on ne les intéresse pas du tout, ils ont déjà mieux que nous !

Mettons-nous donc à la place des populations qui subissent ces conflits, et
des humanitaires qui cherchent des solutions pour venir les aider san trop
se mettre en danger eux aussi.
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