La discussion est bien difficile... les mêmes arguments reviennent en boucle. Je vais répondre à certains, au risque de me paraphraser. Puis après cela, je me retirai sur la pointe des pieds. Je laisserai à d'autres la place. Je suivrai les rebonds de ce fil puis retournerai à mes projets, notamment Linux On The Root qui devrait évoluer. La mutation est en "root" depuis quelques jours...
La bonne affaire,c'est que nous sommes en phase de tests. Il nous faudra un peu temps, quelques mois je pense pour finaliser ce nouveau projet mais nous sommes confiants. L'équipe est solide, déterminée et convaincue. Le libre plus quejamais !
Je crois être le seul de cette équipe à avoir maintenu mon abonnement sur la liste Ubuntu. Tout bonnement parce qu'il me semblait important d'apporter mon soutien de-ci de-là aux nouveaux migrants. Aujourd'hui je la quitte, c'est décidé, sans regrets.Ma réaction, comme je le disais à quelqu'un en privé, peut paraître épidermique. Mais en réalité, elle ne l'est en rien. Ce ras le bol est partagé par d'autres. C'est au point où nous avons tout bonnement décidé, très récemment, de réorienter notre travail de documentation.
D'autres que nous viendront (certains le font déjà sur cette liste) pour apporter le soutien à l'installation/désinstallation. Pour ma part, pour les raisons que j'ai exprimées (et d'autres que je préfère taire au risque dechoquer) j'ai décidé de donner une autre direction à ma collaboration documentaire. Une direction plus conforme à mes aspirations.
Je laisse le soin à d'autres de prendre en charge les utilisateurs d'Ubuntu qui en ont besoin. Alors très cher Sèb, j'ai choisi te répondre à ton mail, parce qu'il est véhément à souhaits tout autant qu'il est qu'il est simpliste. Intégriste, dis-tu ? Cette condamnation pour "intégrisme" tombe comme un sorte de couperet, au nom d’une prétendue "liberté de choix", un pragmatisme (bon sens, simplicité, efficacité et rendement immédiats, qualité ou avantage technique…) qui tente d’annuler ou de nier le rôle historique de l’idéalisme (ou utopie) à l’origine du système GNU tout autant qu’il le menace dans ses fondements. Je sais Les discussions avec le pragmatique toujours difficiles, parfoishouleuses même. Pourquoi ? Les dérives sont nombreuses. Bien souvent parce que le pragmatique use d’une terminologie approximative qui opère par glissement de sens ou analogie : son raisonnement va de la ressemblance (vague) à la
généralisation (abusive). Ce qu'on appelle un abus de langage. Tu en donnes une belle démonstration. L’exemple le plus frappant est encore ta conception de la liberté. Elle se fonde sur un relativisme radical, une sorte de pseudo-mystique orientale : la théorie du Grand Choix qui ne peut, au fond, qu'aboutir, à plus ou longue échéance, au Grand Rien. Sous GNU/Linux, la liberté n’est pas une notion générale que l’on trouve dans le Petit Robert.Elle est définie par les termes de la licence GNU GPL. Tu l'astrouveras sur Wikipedia ou gnu.org. Bien sûr cette définition a des conséquences sociales : elle régit des rapports au sein de la société (liberté de la connaissance, des échanges et de la collaboration).
Soyons clair : le projet GNU n’est pas établi sur une métaphysique : aucune explication des causes et des principes premiers, aucune promesse d’une vie après la mort. Le projet GNU n’est pas une porte pour un paradis quelconque. Non. L’adhésion au projet GNU n’est pas une entrée dans un ordre. Elle tient plus du respect et du soutien de principes philosophiques, une éthique de la connaissance et des échanges au sein de l’espace social. L'éthique, non ? Ça ne te dit vraimentrien, Sèb ? Par contre, là tu peux ouvrir le Robert.
Ce que l’on condamne volontiers sous le signe de l’intégrisme c’est le refus du compromis, c’est-à-dire une forme de réalisme intransigeant, une volonté “opiniâtre” de déranger le présent, de le modifier, une affirmation de ce qui est souhaitable et une invitation à l’action plutôt qu’une soumission au concret et l’expectative d’une espérance stérile qui mène à l’inertie sociale. Une utopie. Pour le coup, le Robert serait insuffisant. N'as-tu jamais lu Thomas More ? http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Utopie L’une des grandes forces de cette inertie, qui est aussi l’une des plus grandes faiblesses de la communauté du Libre parce qu’elle freine son essor, se trouve au sein même de la Communauté du Libre, ce sont ces utilisateurs de GNU/Linux qui jugent selon des critères de commodité, à court terme, plutôt qu’en terme de liberté. Ceux qui invitent les autres utilisateurs à installer des logiciels non-libres, ceux-là sapent le projet GNU dans ses fondements. On ne peut pas encourager les utilisateurs à s’orienter vers des logiciels non-libres et les dénoncer en même temps. Je me répète... La question n’est pas tant de savoir si les gens ont ou pas le droit d’installer et d’utiliser des logiciels non-libres puisque le système d’exploitation GNU/Linux permet aux utilisateurs de faire ce qu’ils veulent. La question est plutôt de savoir si nous défendons ou menaçons le projet GNU en guidant les utilisateurs vers des logiciels non-libres. Ce que chacun fait personnellement, dans sa pratique quotidienne, relève sa propre responsabilité. Ce que nous faisons pour chacun, en choisissant de diriger les utilisateurs vers des logiciels non-libres, est de notre responsabilité. Loin d’être une solution, le logiciel propriétaire est un problème. Et là, vois-tu, nous sommes dans un espace public. J'essaie juste d'être cohérent le projet GNU et mon attachement à ce projet. Bien @ vous, Christophe PS : Merci à tous pour le débat, à Michel qui l'a souhaité, à ceux qui m'ont témoigné leur soutien, sur la liste et en privé. Séb a dit dans un souffle :
Michel Andreu a écrit :Je partage totalement ton point de vue. Le "purisme" est un exès ; et tout excès est préjudiciable. Mais la démarche de devenir totalement et entièrement libre est un objectif, comme l'utopie ; peut-elle être une fin ? C'est une autre histoire. Michel AndreuCher Michel,Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit: je ne dit pas que la volonté "garanti sans licence propriétaire" affiché par Debian est excessive! En fait, je pense même que c'est une bonne chose: Debian c'est un peu la "gamme Bio" du GNU/Linux! ET le Bio, c'est bien! ;)Ce qui me dérange plus, c'est le prosélytisme (voire l'intégrisme) de certains défenseurs du Libre qui ont parfois tendance a prôner les logiciels libres au détriment de la liberté personnelle. Pour moi la philosophie derrière Linux c'est aussi laisser aux gens la liberté faire ce qu'il veulent, ou alors c'est que je n'ai rien compris du tout!Séb -- ubuntu-fr mailing list [email protected] https://lists.ubuntu.com/mailman/listinfo/ubuntu-fr
-- Christophe Gallaire Attention ! Suppression des mails entrants dont la taille est supérieure à 2Mo !N'envoyez, s'il vous plaît, que des pièces jointes en formats ouverts.
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