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Hum...Un peu n�buleux (le texte sur le projet de
loi)
Une chose cependant me pla�t et c'est le fait que
tous les m�decins seront vis�s par cette loi.Tous se sentiront concern�s
et seront interpell�s.Int�ressants d�bats en perspective.
La loi 114 m'a particuli�rement irrit� du fait
qu'elle �tait tr�s cibl�e.Comme je le disais dans le petit texte d'opinion
envoy� � la Presse,c'est moins la coercition qui me fait fulminer que le fait
que cette coercition ne s'exerce qu'aupr�s d'un petit groupe de m�decins d�j�
fortement impliqu� dans les "secteurs prioritaires": les m�decins d'urgence et
les m�decins pratiquant en r�gion.Cette loi m'est apparue totalement contre
-productive,et totalement d�motivante.J'y ai donc r�agi avec force(et
�motion,dois-je le dire).
La loi � venir ratissera large.Nul doute que les solutions
n�goci�es sont et seront toujours pr�f�rables aux "solutions" l�gif�r�es,mais
vaut mieux des lois qui interpellent tout le corps m�dical que des
petites lois cibl�es assassines qui s�ment in�quit�,col�re et rancoeur(contre
les l�gislateurs,mais aussi contre les m�decins qui "�chappent" � la
coercition) dans les petits groupes vis�s.Ce qui vient a peut-�tre des
allures de cataclysme pour plusieurs,mais bizarrement ne m'appara�t pas aussi
mena�ant que ce qui nous est d�j� tomb� sur la t�te.
Ceci �tant dit,je rel�ve quelques �l�ments dans le texte
qui me laissent songeuse...
1)On d�crit les secteurs d'activit�s
prioritaires:obst�trique,urgence,soins � domicile,toxico/VIH,sant� au
travail...OK.
C'est tr�s joli sur papier,et ces divers secteurs
sont peut-�tre tous prioritaires,mais ils ne sous-entendent pas du tout la
m�me charge de travail,les m�mes contraintes,les m�mes responsabilit�s,les m�mes
horaires...On peut d'ici deviner que les m�decins install�s en milieu urbain
bien pourvu de sp�cialistes de toutes les couleurs s'engageront d'abord dans les
activit�s prioritaires qui se font de 9 � 17h et que les m�decins des r�gions
�coperont la "palme d'or" des secteurs prioritaires:urgence,obst�trique,soins
intensifs...Ce qu'ils font d�j� par la force des choses,mais qu'ils devront
maintenant faire par force de loi.
Manger tous les m�decins � la m�me sauce ne fera sans
doute qu'accentuer les disparit�s qui existent d�j� dans la pratique des
m�decins de villes et des m�decins des champs.
2)Quelqu'un peut-il me dire quelle diff�rence il y a entre
"interr�gional" et "national"?
3)Une autre petite phrase qui a bien retenu mon attention
est celle qui dit que le but vis� est "l'installation" des
m�decins.
Qu'est-ce qu'on veut dire exactement par l�?
Le rapport Barer Stoddart(que je cite souvent car il est
fort bien fait et ,� d�faut d'apporter des solutions miracles,pose en tous cas
les bonnes questions) soul�ve la probl�matique de la r�tention des effectifs en
milieu rural.Il y a plein de trucs int�ressants l�-dedans.La coercition ne
semble pas faire partie des pistes de solutions.Peut-�tre parce que jamais
utilis�e dans nos soci�t�s.C'est � voir...
"Installer" les m�decins en r�gion,�a veut dire
quoi?
Vous me direz que les PREM r�gleront la question.Tant de
place en ville et ensuite...Pschtt!!!Tout le monde � la campagne?
On donnera alors raison � tous ceux qui ont pr�f�r� subir
le 70% et s'accrocher comme des moules � leur rocher...
Il y a peut-�tre d'autres avenues � explorer:la
compl�mentarit� entre �tablissements,la compl�mentarit� entre individus
(l'�quivalent d'un "temps partag�"),l'itin�rance...Oui.oui.Vous lisez
bien.L'itin�rance.
Vous rirez peut-�tre,mais je crois depuis belle
lurette qu'un des �l�ments de solutions � la p�nurie chronique d'effectifs
dans les r�gions plus ou moins �loign�es consiste en ce que j'appellerais
l'itin�rance �rig�e en syst�me.L'itin�rance bien comprise,intelligemment
appliqu�e et g�r�e.Vous pensez que je d�lire? Laissez-moi vous donner un
exemple.
A Blanc-Sablon,o� je suis all�e r�guli�rement pendant
quelques ann�es,il y a deux sortes de docteurs:les "permanents" et les
"d�panneurs".A quelques exceptions pr�s,les permanents s'installent sur la Basse
C�te-Nord un-deux ou trois ans puis quittent pour ailleurs.Les d�panneurs
viennent quelques semaines par an,r�guli�rement...parfois pendant 10 ans.Il
s'ensuit la situation assez paradoxale que les d�panneurs deviennent
plus "permanents" que les permanents.La population les conna�t,s'y attache
et...les attend.
Dans le Nord,plusieurs m�decins de petits
�tablissements sont � "temps partiel":sorte de temps partag� non nomm�
comme tel,o� deux ou trois m�decins se "partagent" une ann�e,permettant une
pr�sence m�dicale continue et coh�rente tout en permettant aussi aux dits
m�decins de vivre et de travailler ailleurs le reste du temps.Ce n'est
sans doute pas l'id�al pour la population qui aimerait bien s'attacher un
m�decin de famille � long terme,mais ne vaut-il pas mieux un groupe de m�decins
"itin�rants" stable � un groupe de m�decins "permanents" dont la permanence est
de tr�s courte dur�e?
Certains �tablissements p�riph�riques (sans �tre �loign�s)
recourent r�guli�rement � des sp�cialistes "itin�rants"...qui finissent eux
aussi par �tre plus permanents que les permanents.C'est pas l'id�al,mais c'est
pas si terrible non plus.Et �a peut �tre �tonnamment viable et harmonieux pour
les deux parties.
Il est bien �vident que l'exemple donn� ci-haut
(Blanc-Sablon)est extr�me et ne s'applique qu'aux r�gions v�ritablement
�loign�es et de pauvre densit� de population. Il ne colle bien s�r pas du
tout � la r�alit� des r�gions qui sont p�riph�riques sans �tre
v�ritablement �loign�es et qui sont beaucoup plus dens�ment peupl�es.Mais il y a
l� mati�re � r�flexion.A la fois en ce qui attrait aux m�decins de famille qu'en
ce qui attrait aux sp�cialistes.
Bon.Finito pour aujourd'hui.Bonne journ�e.J'ai �crit
gros,vous avez remarqu�? Question de m�nager ceux et celles qui,comme
moi,commencent � avoir besoin de ces affreuses petites
demi-lunettes....
Catherine
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- URG-L: quelques commentaires sur la loi prise 2 Catherine Bich
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