Ch�re Catherine, Je suis d'accord avec tout ce que tu dis. Il y a
des probl�mes dans le r�seau, et on manque de ressources, c'est parfois le
bordel et nous ne sommes pas n�cessairement entour�s des gens les plus
comp�tents. Ce avec quoi je suis moins d'accord est que tu sembles tu juger le
tout "de l'ext�rieur", comme si cette soci�t� que tu d�cris, dont tu fais
partie, n'est pas aussi celle qui se donne les d�cideurs que nous avons, prend
les d�cisions que nous connaissons et tente d'influencee les choses comme le
voyons.
On parle de notre quotidien? Ce n'est pourtant pas
ce qu'on entend: on a plut�t l'impression d'un Titanic qui va s'effoirer dans
deux jours. A tous les trois jours un grand sage nous dit que la seule chose �
faire est de privatiser. Un partie politique qui a le vent dans le voile l'a mis
� son programme. Notre quotidien?
Je ne vois par ailleurs pas pourquoi l'aulne de la
mis�re humaine ne serait pas un bon comparatif. Ca fait un excellent Gold
Standard non? Pourquoi croire que nous vivons dans une bulle id�ale, coup�e du
monde et de la r�alit� humaine? Ca vient d'o� �a? On sait bien, pourtant, qu'une
bonne part de notre confort provient de l'exploitation, pass�e ou pr�sente, des
gens moins fortun�s que nous.
Tu parles d'un probl�me d'information: bien sur tu
as raison. Mais il y a aussi des raisons � ce que l'information soit ainsi
fragmentaire et souvent inexacte. Raison rime ici avec int�r�ts. il ne suffit
pas de dire que les politiciens gouvernent selon des sondages. Il faut aussi
dire qu'ils font aussi partie de "notre soci�t�".
Du reste, pas besoin d'aller si loin pour voir que
la situation actuelle est certainement bien loin d'�tre une catastrophe: mes
parents on du pratiquement se ruiner � chaque fois qu'un enfant naissait. Nous
sommes 5 dans la famille. Ca ne fait pas si longtemps: 50 ans. Heureusmeent,
nous n'avons jamais �t� bien malades. Mon p�re a bien des gens de son �ge qui
ont tout perdu parce qu'une maladie survenait au mauvais moment. On ne parle pas
du moyen-�ge ou du Mozambique, mais bien du Qu�bec d'avant 1970.
Depuis environ 30 ans, nous vivons dans un syst�me
"�pouvantable" ou pourtant la plupart des gens peuvent se faire d�cemment
soigner sans y laisser leur maison. C'est un gain remarquable. C'est quelque
chose de tr�s pr�cieux. Ca n'a rien � voir avec la perfection, cependant: depuis
quand une soci�t� peut atteindre cette perfection, sauf dans la t�te des gens et
dans l'image que ses dirigeants veulent bine laisse? Tu parles d'une soci�t� qui
pourrait "r�element s'offrir le meilleur". Ca veut dire quoi? "Qui" est la
soci�t�?
La soci�t� est ce qu'elle est, elle fait ce qu'elle
choisit de faire et m�rite ce qu'elle a. La soci�t�, c'est nous, c'est nos
politiciens, c'est notre syst�me, c'est notre fa�on de faire les choses. Il n'y
a pas une esp�ce de soci�t� id�ale o� toute chose est possible dans une autre
soci�t� imparfaite et pleine de boutons. Il y a une seule soci�t�, qui est comme
elle est, et qui, si on la prend dans son ensemble, est probablement l'une des
plus justes et �quitables qui soient, en comparaison (puisqu'il faut bien la
comparer � quelque chose) avec d'autres soci�t�s.
Ma compr�hension des choses est que le plus grand
risque que nous courrons de perdre notre r�seau n'est pas dans telle ou telle
mauvaise d�cision de r�gie, manque de courage d'un ou deux politiciens ou quoi
que ce soit de cet ordre, toutes choses enrageantes pour nous (pour qui? pour
nous, qui sommes quoi? � l'ex�t�rieur de la soci�t�? au-dessus d'elle?
en-dessous? � cot�? id�alistes dans un soci�t� trop r�elle?) mais qui fait aussi
partie de l'imperfection des choses, mais bien des virages rapides de l'opinion
public port�s par un discours o� les vrais int�r�ts sont cach�s, et qui pourrait
mener, par exemple, � sa privatisation, partielle ou totale. Ce qui est, il faut
bien le dire, peut-�tre la seule solution praticable pour r�gler les "probl�mes"
qui affligent le r�seau. Il s'agit de voir ce qui a le plus d'impacts n�gatifs.
Qu'en penses-tu?
Cela, �a serait beaucoup plus grave que bien
des mauvaises d�cisions de R�gies ou d'abus de la RAMQ quant � la
facturation de la saturom�trie � l'urgence.
Ciao
Alain Vadeboncoeur MD
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