Bien s�r,Alain,que nous vivons dans une soci�t� g�t�e,consommatrice,repli�e sur son petit confort,frileuse,peureuse et irresponsable.Bien s�r.Mais si l'on commence � essayer de mesurer nos "probl�mes" � l'aulne de la mis�re humaine plan�taire,aussi bien tout larguer(y compris nos adolescents...youpi!)et partir pour MSF.
 
On parle de notre banal quotidien.De notre croissant sentiment d'in�quit�.De notre irritation face � la bureaucratisation de la sant�,de notre frustration devant l'information v�hicul�e et qui n'est bien souvent qu'un ersatz d'information.
 
(On catapulte une tonne d'informations brutes sur la population sans lui donner le moindre outil pour analyser ce qu'elle re�oit et on gouverne ensuite � partir de sondages tous azimuts-et absolument non scientifiques- faits aupr�s de cette m�me population.Assez effrayant,quand on y pense).
 
On parle d'un syst�me de sant� plein de boutons qui se met du fond de teint au lieu de se mettre de l'Oxy-Five.On parle de d�cideurs qui jouent � l'esth�ticienne au lieu de jouer au docteur.Et cela dans une soci�t� qui pourrait r�ellement  s'offrir le meilleur,si elle se donnait la peine de faire un vrai travail de reflexion,de priorisation,de responsabilisation.
 
Ch�re Catherine,
 
Je suis d'accord avec tout ce que tu dis. Il y a des probl�mes dans le r�seau, et on manque de ressources, c'est parfois le bordel et nous ne sommes pas n�cessairement entour�s des gens les plus comp�tents. Ce avec quoi je suis moins d'accord est que tu sembles tu juger le tout "de l'ext�rieur", comme si cette soci�t� que tu d�cris, dont tu fais partie, n'est pas aussi celle qui se donne les d�cideurs que nous avons, prend les d�cisions que nous connaissons et tente d'influencee les choses comme le voyons.
 
On parle de notre quotidien? Ce n'est pourtant pas ce qu'on entend: on a plut�t l'impression d'un Titanic qui va s'effoirer dans deux jours. A tous les trois jours un grand sage nous dit que la seule chose � faire est de privatiser. Un partie politique qui a le vent dans le voile l'a mis � son programme. Notre quotidien?
 
Je ne vois par ailleurs pas pourquoi l'aulne de la mis�re humaine ne serait pas un bon comparatif. Ca fait un excellent Gold Standard non? Pourquoi croire que nous vivons dans une bulle id�ale, coup�e du monde et de la r�alit� humaine? Ca vient d'o� �a? On sait bien, pourtant, qu'une bonne part de notre confort provient de l'exploitation, pass�e ou pr�sente, des gens moins fortun�s que nous.
 
Tu parles d'un probl�me d'information: bien sur tu as raison. Mais il y a aussi des raisons � ce que l'information soit ainsi fragmentaire et souvent inexacte. Raison rime ici avec int�r�ts. il ne suffit pas de dire que les politiciens gouvernent selon des sondages. Il faut aussi dire qu'ils font aussi partie de "notre soci�t�".
 
Du reste, pas besoin d'aller si loin pour voir que la situation actuelle est certainement bien loin d'�tre une catastrophe: mes parents on du pratiquement se ruiner � chaque fois qu'un enfant naissait. Nous sommes 5 dans la famille. Ca ne fait pas si longtemps: 50 ans. Heureusmeent, nous n'avons jamais �t� bien malades. Mon p�re a bien des gens de son �ge qui ont tout perdu parce qu'une maladie survenait au mauvais moment. On ne parle pas du moyen-�ge ou du Mozambique, mais bien du Qu�bec d'avant 1970.
 
Depuis environ 30 ans, nous vivons dans un syst�me "�pouvantable" ou pourtant la plupart des gens peuvent se faire d�cemment soigner sans y laisser leur maison. C'est un gain remarquable. C'est quelque chose de tr�s pr�cieux. Ca n'a rien � voir avec la perfection, cependant: depuis quand une soci�t� peut atteindre cette perfection, sauf dans la t�te des gens et dans l'image que ses dirigeants veulent bine laisse? Tu parles d'une soci�t� qui pourrait "r�element s'offrir le meilleur". Ca veut dire quoi? "Qui" est la soci�t�?
 
La soci�t� est ce qu'elle est, elle fait ce qu'elle choisit de faire et m�rite ce qu'elle a. La soci�t�, c'est nous, c'est nos politiciens, c'est notre syst�me, c'est notre fa�on de faire les choses. Il n'y a pas une esp�ce de soci�t� id�ale o� toute chose est possible dans une autre soci�t� imparfaite et pleine de boutons. Il y a une seule soci�t�, qui est comme elle est, et qui, si on la prend dans son ensemble, est probablement l'une des plus justes et �quitables qui soient, en comparaison (puisqu'il faut bien la comparer � quelque chose) avec d'autres soci�t�s.
 
Ma compr�hension des choses est que le plus grand risque que nous courrons de perdre notre r�seau n'est pas dans telle ou telle mauvaise d�cision de r�gie, manque de courage d'un ou deux politiciens ou quoi que ce soit de cet ordre, toutes choses enrageantes pour nous (pour qui? pour nous, qui sommes quoi? � l'ex�t�rieur de la soci�t�? au-dessus d'elle? en-dessous? � cot�? id�alistes dans un soci�t� trop r�elle?) mais qui fait aussi partie de l'imperfection des choses, mais bien des virages rapides de l'opinion public port�s par un discours o� les vrais int�r�ts sont cach�s, et qui pourrait mener, par exemple, � sa privatisation, partielle ou totale. Ce qui est, il faut bien le dire, peut-�tre la seule solution praticable pour r�gler les "probl�mes" qui affligent le r�seau. Il s'agit de voir ce qui a le plus d'impacts n�gatifs. Qu'en penses-tu?
 
Cela, �a serait beaucoup plus grave que bien des mauvaises d�cisions de R�gies ou d'abus de la RAMQ quant � la facturation de la saturom�trie � l'urgence.
 
Ciao
 
Alain Vadeboncoeur MD

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