Resalut! Citation de MC: "La population ignorante se trouverait parfois des ressources et des id�es si elle devait d�frayer $50 ou $100 dollars pour voir le m�decin." ********************************************************************* C'est certain que l'id�e, de fa�on g�n�rale, est brillante... les gens attendraient plus longtemps avant de consulter � l'Urgence, en esp�rant que les sympt�mes se r�sorbent d'eux-m�mes. Dans les vrais cas de probl�mes futiles, ils seraient ainsi diminu�s. Cependant, une certaine proportion d'individu qui pr�f�rent attendre pour ne pas payer pour rien, augmenteront peut-�tre leur risque de complication et de s�quelles de leur maladie. Ils perdront le droit � l'accessibilit� qui est � la base de notre syst�me de sant� .... quoique d'un autre c�t�, peut-on vraiment parler d'accessibilit� quand on doit attendre 6h-10h pour �tre vu?! Donc, de faire payer les gens, vu d'une certaine fa�on, est peut-�tre une solution r�aliste au probl�me d'encombrement des salles d'urgence, en s'assurant que �a n'entraine pas plus d'effets ind�sirables.
Citation: "Je suis un peu allergique aux arguments qui excusent la population pour ses exc�s comme si les gens �taient innocents et d�pourvus de responsabilit�s." ******************************************************************** Sans avoir voulu n�cessairement compl�tement d�responsabiliser les gens, ce n'est pas tout le monde dont les intentions sont d'abuser du syst�me.. on peut penser qu'une personne qui est pr�te � patienter 10 heures dans une salle d'attente bond�e de gens malades autour d'elle qui chialent, avec des b�b�s qui pleurent... ont probablement une raison fond�e de s'y trouver. Je ne voudrais pas pour autant exclure qu'il y a malgr� tout de l'abus de la part de certains individus, c'est certain, mais je ne crois pas � la mauvaise volont� de la majorit� des patients. Citation: "80 % des patients qui se pr�sentent � l'urgence avaient raison de s'y pr�senter?? �a d�pend du r�le qu'on veut donner aux urgences. Celui qui se pr�sente � l'urgence et que je garde, avait raison de se pr�senter. Et je ne garde pas 80% des gens que je vois." ****************************************************************** Je suis totalement d'accord avec toi, les cas qu'on ne garde pas auraient pu �tre vus ailleurs. Mais, comment un patient sait qu'il sera gard� lorsqu'il pr�sente un mal de ventre intense et incommodant? Il sera gard� si suspicion d'appendicite, mais retourn� pour d'autres causes ... Cependant, comme tu dis, si la structure des soins le permettrait, ils seraient investigu�s ailleurs et les vrais cas � garder � l'observation seraient transf�r�s par la suite � l'urgence. �a serait l'id�al, mais dans la r�alit� de certaines r�gions, on attend plusieurs heures de toute fa�on dans les cliniques adjacentes, et parfois finalement, le m�decin nous demande de nous rendre � l'urgence pour la ponction veineuse n�cessaire pour obtenir le dx. Nous serons par cons�quent s�rement un cas non gard� � l'urgence, mais investigu� plus ad�quatement. Je pense qu'on s'entend pour dire qu'il faudrait miser sur l'augmentation de l'efficacit� des structures secondaires (a/n du nombre d'heures d'ouvertures, du nbre de md, des moyens d'investigations qu'ils disposent...)....mais encore l�, on se heurte encore � la probl�matique du manque de md pour combler ces postes l�. Notamment, � l'h�pital o� j'ai fait un stage, un m�me m�decin qui faisait son chiffre de 8hrs � l'urgence allait par la suite � la fin de son chiffre, couvrir la soir�e � la clinique avoisinante.... un peu �puisant... Difficile de s'en sortir! Bonne fin de journ�e MR >From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]> >Reply-To: [EMAIL PROTECTED] >To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List) >Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie >Date: Wed, 18 Sep 2002 09:14:31 -0400 > >La population ignorante se trouverait parfois des ressources et des >id�es si elle devait d�frayer $50 ou $100 dollars pour voir le m�decin. >Je suis un peu allergique aux arguments qui excusent la population pour >ses exc�s comme si les gens �taient innocents et d�pourvus de >responsabilit�s. > >80 % des patients qui se pr�sentent � l'urgence avaient raison de s'y >pr�senter?? �a d�pend du r�le qu'on veut donner aux urgences. Celui qui >se pr�sente � l'urgence et que je garde, avait raison de se pr�senter. >Et je ne garde pas 80% des gens que je vois. Les autres auraient pu �tre >vus, investigu�s et trait�s ailleurs si la structure des soins >permettait de le faire. Et de plus en plus de personnes se pr�sentent >justement parce qu'il n'y a plus de structures ou de ressources >accessibles dans un d�lai raisonnable. > >MC > >-----Original Message----- >From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of M�lissa >Ranger >Sent: 18 septembre, 2002 01:50 >To: URG-L Mailing List >Subject: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie > >Bonsoir, >Effectivement, il n'est pas rare de voir des patients qui se pr�sentent >� >l'Urgence pour des probl�mes que nous jugeons futiles. Cependant, le >probl�me per�u chez des personnes d�pourvues de connaissances m�dicales >peut >�tre interpr�t� tout � fait diff�remment par celles-ci. Elles sont >vuln�rables, ont mal, veulent �tre soulag�es et elles s'imaginent le >pire. >En guise d'exemple, une connaissance s'est d�j� pr�sent�e � l'urgence un > >samedi soir pour une simple tendinite alors qu'il croyait que �a pouvait > >�tre reli� � un infarctus myocardique puisque son �paule gauche br�lait >quand il bougeait (comme seul sympt�me)! Probl�me vu futile pour nous, >mais >consid�r� tr�s s�rieux initialement par le monsieur en question. Plus >jeune, >j'ai moi-m�me consult� � l'urgence pour une simple grippe, puisque je >croyais avoir une m�ninigite! Bref, tout �a pour dire qu'une bonne >proportion de la population est ignorante tant qu'� la maladie qui >l'afflige >et on peut s'en apercevoir qu'en demandant le mod�le explicatif du >patient >qui est plus souvent qu'autrement erron�. Que faire pour solutionner la >forte fr�quentation "inutile" aux urgences? On avait mentionn� >qu'informer >la population de s'orienter dans les cliniques sans rendez-vous ou chez >leur >md de famille diminueraient l'encombrement des urgences. Encore l�, dans > >certaines r�gions, le temps d'attente dans ces cliniques est tout aussi >d�courageant, d'autant plus qu'on est souvent redirig� par la suite � >l'h�pital pour les analyses compl�mentaires. Double attente! Les md de >famille? Il y a de plus en plus de patients-orphelins, tout un contrat >que >de se trouver un md de famille, dans ma r�gion du moins. Donc, >finalement, >un patient n'a pas mille et une solutions quand �a ne feel pas, que ce >soit >pour une grippe s�v�re ou qui persiste, une douleur X incommodante ou >autre, >tout d�pendamment l'interpr�tation qu'il en fait. > >J'oubliais, selon un r�sultat d'�tude, 80% des patients qui se >pr�sentent � >l'urgence ont raison de s'y pr�senter en raison de l'investigation qui >doit >�tre r�alis�e. Donc, finalement, je crois que la pr�sence de nos cas >"futile" dans les salles d'urgence ont souvent leur raison d'�tre, aussi > >longtemps que les options secondaires ne seront pas plus efficaces. >Temps >d'attente long, oui, p�nible effectivement l'attente de 10 heures que >j'ai >eu pour une py�lon�phrite aigue... mais que faire?? Des solutions >r�alistes >� court terme?.... >Bonne nuit > > > > >From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]> > >Reply-To: [EMAIL PROTECTED] > >To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List) > >Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie > >Date: Wed, 18 Sep 2002 01:08:45 -0400 > > > >Les malades sont effectivement satisfaits des soins. Le probl�me c'est > >d'en recevoir. Comment font les patients pour attendre 8-9 heures pour > >�tre vu? Des mois pour �tre dilat�, pont�, op�r�, vu par un g�n�raliste > >ou un sp�cialiste? Personnellement je ne sais pas. Je me demande >comment > >ils gardent leur calme. La maladie nous rend vuln�rable? Plus sensible? > >Ce soir il y avait constamment 25 dossiers en attente pour les patients > >ambulatoires, c'est pas possible. > > > >En m�me temps, c'est effarant la quantit� de service que la population > >re�oit pour des probl�mes futiles (consultation pour le moindre bobo, > >rhume) alors que des pays entiers ne poss�dent pas l'�l�mentaire � la > >survie de leur population. Tout est effectivement relatif. > > > >MC > > > >-----Original Message----- > >From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of Alain > >Vadeboncoeur > >Sent: 18 septembre, 2002 00:46 > >To: URG-L Mailing List > >Subject: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie > > > >Ouais... > > > >Int�ressant, mais bon. Et si le sondage disait vrai? Si les patients > >�taient > >satisfaits de soins re�us? C'est certain qu'ils ne comptent pas > >beaucoup, > >qu'ils ne connaissent rien et qu'ils sont manipul�s, mais c'est tout de > >m�me > >un peu pour eux qu'on fait tout �a, non? > > > >Or, la moyenne des taux de satisfaction avoisine le B+, aussi bien pour > >Montr�al que pour les r�gions. Presque la perfection. Je suis certain > >que > >mon McDo au coin n'atteint pas ce niveau. > > > >D'ailleurs, Claude, tes objections ne tiennent pas trop: rien ne dit >que > >les > >s�jours hospitaliers recens�s sont courts ("au moins une nuit") ou que > >les > >patients des soins �taient surepr�sent�s. Il est vrai que les patients > >de > >l'urgence ont �t� exclus. Mais n'oublions que la "catastrophe" > >plan�taire > >qui s'abat sur le r�seau touche bien plus que les urgences. > > > >J'ai eu l'autre jour une conversation tr�s intructive avec une > >infirmi�re > >d'origine haitienne, toujours de bonne humeur, travaillant fort et > >aimant ce > >qu'elle fait. Alors que je lui demandais si elle trouvait frustrants >les > >probl�mes que nous �prouvions dans le r�seau, elle m'a regard� avec un > >certain sourire et m'a dit: "Si les gens ici savaient c'est quoi de > >vrais > >probl�mes, on ne les entendraient plus jamais se plaindre..." > > > >Je commence � �tre un peu tann� du discours hypercatastrophique qu'on > >nous > >ass�ne et que nous nous ass�nons nous-m�mes, jours apr�s jours, dans >les > >h�pitaux, dans le r�seau. Nous ne sommes pas au Sud-Soudan, disais-je. > >Nos > >immenses et �pouvantables probl�mes feraient se tordre de rire 97% de > >l'humanit� actuelle et 99.5 % de l'humanit� de 500 derni�res ann�es. > > > >Est-ce qu'il serait aussi possible que nous soyons devenus un peu > >plaignards > >avec le temps, � force de vivre dans une soci�t� o�, comme > >professionnels, > >on ne peut pas vraiment dire que nous sommes dans la grande mis�re > >noire... > >Quelqu'un me disait l'autre jour qu'� force de vivre dans une soci�t� >o� > >il > >n'y a finalement plus de v�ritable lutte pour la majorit� des gens > >(catastrophes, guerres, recherche de nourriture, bref, le quotidien des > >4/5 > >de la plan�te), les r�flexes de d�fenses avaient fini par s'atrophier, > >au > >point qu'on pouvait faire de l'absence ou de la pr�sence d'un syst�me > >d'information ou d'un s�jour de 48 heures sur une civi�re l'�quivalent > >des > >plus grands tourments v�cus par l'humanit�. > > > >A chacun ses grandes catastrophes, pour nous, ce sont les probl�mes de > >civi�res et les relations avec les sp�cialistes. C'est vrai que ces > >probl�mes questionnent de vastes pans de la philosophie et de notre > >spiritualit�, mais peut-�tre devrions-nous, par moments, aussi > >consid�rer > >qu'il y a d�j� eu, dans l'histoire, deux ou trois probl�mes de plus > >grande > >envergure. > > > >C'est curieux, mais le sondage m'a fait exactement l'effet inverse: >nous > >sommes peut-�tre un peu d�phas�s par rapport � la r�alit� exprim�e ici, > >par > >ceux qui comptent vraiment. Dans le fond, les gens re�oivent la plupart > >du > >temps des soins de qualit�, dans un environnement qui n'est pas >toujours > >jojo mais qui est souvent mieux qu'un tas de boue au milieu de la > >brousse. > > > >L'image est peut-�tre un peu grosse, mais bon, peut-�tre qu'� force de > >dire > >et de r�p�ter que c'est la catastrophe, on a fini par se croire et � > >vraiment ha�r notre r�seau. Je me souviens d'uen infirmi�re qui avait > >affirm� publiquement qu'elle aimait bien son m�tier... et qui s'�tait > >faite > >rabrou�e par ses coll�gues. Comment? Aimer son m�tier dans le merdier > >qu'est > >devenu notre r�seau? Mais c'est impossible, c'est humiliant, voyons! > > > >Pourquoi ce discours est-il si dominant? N'y aurait-il pas quelque part > >des > >gens qui auraient int�r�t � ce que le r�seau finisse par d�raper? Des > >gens > >qui, sages plnificateurs, commencent d�j� � mesurer les �ventuelles > >retomb�es d'une privatisation du r�seau? Des gens qui sont patients, > >mais > >qui savent qu'� force de favoriser un discours aussi catastrophique, >les > >choses pourraient bouger plus vite qu'on ne le croit? > > > >Je ne sais pas. C'est peut-�tre mon s�jour en Chine qui commence dans > >quelques jours qui m'inspire cela. > > > >Bonne soir�e. > > > >Alain Vadeboncoeur
