Je ne pr�ne pas n�cessairement de faire payer les patients, mais je
trouve que beaucoup ont la gachette facile. Pourquoi ne pas int�grer des
notions de soins de base au syst�me d'�ducation (et pourquoi pas de
cuisine, de planification budg�taire..). La responsabilit� et
l'autonomie �a s'apprend. J'ai l'impression d'entendre mon
p�re...enfin...   

"Donne du poisson � quelqu'un et tu le nourrira pendant une journ�e,
apprend lui � p�cher il pourra se nourrir toute sa vie".

MC

-----Original Message-----
From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of M�lissa
Ranger
Sent: 18 septembre, 2002 15:37
To: URG-L Mailing List
Subject: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L:
M�thodologie

Resalut!

Citation de MC: "La population ignorante se trouverait parfois des 
ressources et des id�es si elle devait d�frayer $50 ou $100 dollars pour

voir le m�decin."
*********************************************************************
C'est certain que l'id�e, de fa�on g�n�rale, est brillante... les gens 
attendraient plus longtemps avant de consulter � l'Urgence, en esp�rant
que 
les sympt�mes se r�sorbent d'eux-m�mes. Dans les vrais cas de probl�mes 
futiles, ils seraient ainsi diminu�s. Cependant, une certaine proportion

d'individu qui pr�f�rent attendre pour ne pas payer pour rien,
augmenteront 
peut-�tre leur risque de complication et de s�quelles de leur maladie.
Ils 
perdront le droit � l'accessibilit� qui est � la base de notre syst�me
de 
sant� ....  quoique d'un autre c�t�, peut-on vraiment parler
d'accessibilit� 
quand on doit attendre 6h-10h pour �tre vu?! Donc, de faire payer les
gens, 
vu d'une certaine fa�on, est peut-�tre une solution r�aliste au probl�me

d'encombrement des salles d'urgence, en s'assurant que �a n'entraine pas

plus d'effets ind�sirables.


Citation: "Je suis un peu allergique aux arguments qui excusent la 
population pour ses exc�s comme si les gens �taient innocents et
d�pourvus 
de responsabilit�s."
********************************************************************
Sans avoir voulu n�cessairement compl�tement d�responsabiliser les gens,
ce 
n'est pas tout le monde dont les intentions sont d'abuser du syst�me..
on 
peut penser qu'une personne qui est pr�te � patienter 10 heures dans une

salle d'attente bond�e de gens malades autour d'elle qui chialent, avec
des 
b�b�s qui pleurent... ont probablement une raison fond�e de s'y trouver.
Je 
ne voudrais pas pour autant exclure qu'il y a malgr� tout de l'abus de
la 
part de certains individus, c'est certain, mais je ne crois pas � la 
mauvaise volont� de la majorit� des patients.


Citation: "80 % des patients qui se pr�sentent � l'urgence avaient
raison de 
s'y pr�senter?? �a d�pend du r�le qu'on veut donner aux urgences. Celui
qui 
se pr�sente � l'urgence et que je garde, avait raison de se pr�senter.
Et je 
ne garde pas 80% des gens que je vois."
******************************************************************
Je suis totalement d'accord avec toi, les cas qu'on ne garde pas
auraient pu 
�tre vus ailleurs. Mais, comment un patient sait qu'il sera gard�
lorsqu'il 
pr�sente un mal de ventre intense et incommodant? Il sera gard� si
suspicion 
d'appendicite, mais retourn� pour d'autres causes ... Cependant, comme
tu 
dis, si la structure des soins le permettrait, ils seraient investigu�s 
ailleurs et les vrais cas � garder � l'observation seraient transf�r�s
par 
la suite � l'urgence. �a serait l'id�al, mais dans la r�alit� de
certaines 
r�gions, on attend plusieurs heures de toute fa�on dans les cliniques 
adjacentes, et parfois finalement, le m�decin nous demande de nous
rendre � 
l'urgence pour la ponction veineuse n�cessaire pour obtenir le dx. Nous 
serons par cons�quent s�rement un cas non gard� � l'urgence, mais
investigu� 
plus ad�quatement.
Je pense qu'on s'entend pour dire qu'il faudrait miser sur
l'augmentation de 
l'efficacit� des structures secondaires (a/n du nombre d'heures 
d'ouvertures, du nbre de md, des moyens d'investigations qu'ils 
disposent...)....mais encore l�, on se heurte encore � la probl�matique
du 
manque de md pour combler ces postes l�. Notamment, � l'h�pital o� j'ai
fait 
un stage, un m�me m�decin qui faisait son chiffre de 8hrs � l'urgence
allait 
par la suite � la fin de son chiffre, couvrir la soir�e � la clinique 
avoisinante.... un peu �puisant...

Difficile de s'en sortir!
Bonne fin de journ�e
MR





>From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]>
>Reply-To: [EMAIL PROTECTED]
>To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List)
>Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L:
M�thodologie
>Date: Wed, 18 Sep 2002 09:14:31 -0400
>
>La population ignorante se trouverait parfois des ressources et des
>id�es si elle devait d�frayer $50 ou $100 dollars pour voir le m�decin.
>Je suis un peu allergique aux arguments qui excusent la population pour
>ses exc�s comme si les gens �taient innocents et d�pourvus de
>responsabilit�s.
>
>80 % des patients qui se pr�sentent � l'urgence avaient raison de s'y
>pr�senter?? �a d�pend du r�le qu'on veut donner aux urgences. Celui qui
>se pr�sente � l'urgence et que je garde, avait raison de se pr�senter.
>Et je ne garde pas 80% des gens que je vois. Les autres auraient pu
�tre
>vus, investigu�s et trait�s ailleurs si la structure des soins
>permettait de le faire. Et de plus en plus de personnes se pr�sentent
>justement parce qu'il n'y a plus de structures ou de ressources
>accessibles dans un d�lai raisonnable.
>
>MC
>
>-----Original Message-----
>From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of M�lissa
>Ranger
>Sent: 18 septembre, 2002 01:50
>To: URG-L Mailing List
>Subject: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie
>
>Bonsoir,
>Effectivement, il n'est pas rare de voir des patients qui se pr�sentent
>�
>l'Urgence pour des probl�mes que nous jugeons futiles. Cependant, le
>probl�me per�u chez des personnes d�pourvues de connaissances m�dicales
>peut
>�tre interpr�t� tout � fait diff�remment par celles-ci. Elles sont
>vuln�rables, ont mal, veulent �tre soulag�es et elles s'imaginent le
>pire.
>En guise d'exemple, une connaissance s'est d�j� pr�sent�e � l'urgence
un
>
>samedi soir pour une simple tendinite alors qu'il croyait que �a
pouvait
>
>�tre reli� � un infarctus myocardique puisque son �paule gauche br�lait
>quand il bougeait (comme seul sympt�me)! Probl�me vu futile pour nous,
>mais
>consid�r� tr�s s�rieux initialement par le monsieur en question. Plus
>jeune,
>j'ai moi-m�me consult� � l'urgence pour une simple grippe, puisque je
>croyais avoir une m�ninigite! Bref, tout �a pour dire qu'une bonne
>proportion de la population est ignorante tant qu'� la maladie qui
>l'afflige
>et on peut s'en apercevoir qu'en demandant le mod�le explicatif du
>patient
>qui est plus souvent qu'autrement erron�. Que faire pour solutionner la
>forte fr�quentation "inutile" aux urgences? On avait mentionn�
>qu'informer
>la population de s'orienter dans les cliniques sans rendez-vous ou chez
>leur
>md de famille diminueraient l'encombrement des urgences. Encore l�,
dans
>
>certaines r�gions, le temps d'attente dans ces cliniques est tout aussi
>d�courageant, d'autant plus qu'on est souvent redirig� par la suite �
>l'h�pital pour les analyses compl�mentaires. Double attente! Les md de
>famille? Il y a de plus en plus de patients-orphelins, tout un contrat
>que
>de se trouver un md de famille, dans ma r�gion du moins. Donc,
>finalement,
>un patient n'a pas mille et une solutions quand �a ne feel pas, que ce
>soit
>pour une grippe s�v�re ou qui persiste, une douleur X incommodante ou
>autre,
>tout d�pendamment l'interpr�tation qu'il en fait.
>
>J'oubliais, selon un r�sultat d'�tude, 80% des patients qui se
>pr�sentent �
>l'urgence ont raison de s'y pr�senter en raison de l'investigation qui
>doit
>�tre r�alis�e. Donc, finalement, je crois que la pr�sence de nos cas
>"futile" dans les salles d'urgence ont souvent leur raison d'�tre,
aussi
>
>longtemps que les options secondaires ne seront pas plus efficaces.
>Temps
>d'attente long, oui, p�nible effectivement l'attente de 10 heures que
>j'ai
>eu pour une py�lon�phrite aigue... mais que faire?? Des solutions
>r�alistes
>� court terme?....
>Bonne nuit
>
>
>
> >From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]>
> >Reply-To: [EMAIL PROTECTED]
> >To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List)
> >Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie
> >Date: Wed, 18 Sep 2002 01:08:45 -0400
> >
> >Les malades sont effectivement satisfaits des soins. Le probl�me
c'est
> >d'en recevoir. Comment font les patients pour attendre 8-9 heures
pour
> >�tre vu? Des mois pour �tre dilat�, pont�, op�r�, vu par un
g�n�raliste
> >ou un sp�cialiste? Personnellement je ne sais pas. Je me demande
>comment
> >ils gardent leur calme. La maladie nous rend vuln�rable? Plus
sensible?
> >Ce soir il y avait constamment 25 dossiers en attente pour les
patients
> >ambulatoires, c'est pas possible.
> >
> >En m�me temps, c'est effarant la quantit� de service que la
population
> >re�oit pour des probl�mes futiles (consultation pour le moindre bobo,
> >rhume) alors que des pays entiers ne poss�dent pas l'�l�mentaire � la
> >survie de leur population. Tout est effectivement relatif.
> >
> >MC
> >
> >-----Original Message-----
> >From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of Alain
> >Vadeboncoeur
> >Sent: 18 septembre, 2002 00:46
> >To: URG-L Mailing List
> >Subject: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie
> >
> >Ouais...
> >
> >Int�ressant, mais bon. Et si le sondage disait vrai? Si les patients
> >�taient
> >satisfaits de soins re�us? C'est certain qu'ils ne comptent pas
> >beaucoup,
> >qu'ils ne connaissent rien et qu'ils sont manipul�s, mais c'est tout
de
> >m�me
> >un peu pour eux qu'on fait tout �a, non?
> >
> >Or, la moyenne des taux de satisfaction avoisine le B+, aussi bien
pour
> >Montr�al que pour les r�gions. Presque la perfection. Je suis certain
> >que
> >mon McDo au coin n'atteint pas ce niveau.
> >
> >D'ailleurs, Claude, tes objections ne tiennent pas trop: rien ne dit
>que
> >les
> >s�jours hospitaliers recens�s sont courts ("au moins une nuit") ou
que
> >les
> >patients des soins �taient surepr�sent�s. Il est vrai que les
patients
> >de
> >l'urgence ont �t� exclus. Mais n'oublions que la "catastrophe"
> >plan�taire
> >qui s'abat sur le r�seau touche bien plus que les urgences.
> >
> >J'ai eu l'autre jour une conversation tr�s intructive avec une
> >infirmi�re
> >d'origine haitienne, toujours de bonne humeur, travaillant fort et
> >aimant ce
> >qu'elle fait. Alors que je lui demandais si elle trouvait frustrants
>les
> >probl�mes que nous �prouvions dans le r�seau, elle m'a regard� avec
un
> >certain sourire et m'a dit: "Si les gens ici savaient c'est quoi de
> >vrais
> >probl�mes, on ne les entendraient plus jamais se plaindre..."
> >
> >Je commence � �tre un peu tann� du discours hypercatastrophique qu'on
> >nous
> >ass�ne et que nous nous ass�nons nous-m�mes, jours apr�s jours, dans
>les
> >h�pitaux, dans le r�seau. Nous ne sommes pas au Sud-Soudan,
disais-je.
> >Nos
> >immenses et �pouvantables probl�mes feraient se tordre de rire 97% de
> >l'humanit� actuelle et 99.5 % de l'humanit� de 500 derni�res ann�es.
> >
> >Est-ce qu'il serait aussi possible que nous soyons devenus un peu
> >plaignards
> >avec le temps, � force de vivre dans une soci�t� o�, comme
> >professionnels,
> >on ne peut pas vraiment dire que nous sommes dans la grande mis�re
> >noire...
> >Quelqu'un me disait l'autre jour qu'� force de vivre dans une soci�t�
>o�
> >il
> >n'y a finalement plus de v�ritable lutte pour la majorit� des gens
> >(catastrophes, guerres, recherche de nourriture, bref, le quotidien
des
> >4/5
> >de la plan�te), les r�flexes de d�fenses avaient fini par
s'atrophier,
> >au
> >point qu'on pouvait faire de l'absence ou de la pr�sence d'un syst�me
> >d'information ou d'un s�jour de 48 heures sur une civi�re
l'�quivalent
> >des
> >plus grands tourments v�cus par l'humanit�.
> >
> >A chacun ses grandes catastrophes, pour nous, ce sont les probl�mes
de
> >civi�res et les relations avec les sp�cialistes. C'est vrai que ces
> >probl�mes questionnent de vastes pans de la philosophie et de notre
> >spiritualit�, mais peut-�tre devrions-nous, par moments, aussi
> >consid�rer
> >qu'il y a d�j� eu, dans l'histoire, deux ou trois probl�mes de plus
> >grande
> >envergure.
> >
> >C'est curieux, mais le sondage m'a fait exactement l'effet inverse:
>nous
> >sommes peut-�tre un peu d�phas�s par rapport � la r�alit� exprim�e
ici,
> >par
> >ceux qui comptent vraiment. Dans le fond, les gens re�oivent la
plupart
> >du
> >temps des soins de qualit�, dans un environnement qui n'est pas
>toujours
> >jojo mais qui est souvent mieux qu'un tas de boue au milieu de la
> >brousse.
> >
> >L'image est peut-�tre un peu grosse, mais bon, peut-�tre qu'� force
de
> >dire
> >et de r�p�ter que c'est la catastrophe, on a fini par se croire et �
> >vraiment ha�r notre r�seau. Je me souviens d'uen infirmi�re qui avait
> >affirm� publiquement qu'elle aimait bien son m�tier... et qui s'�tait
> >faite
> >rabrou�e par ses coll�gues. Comment? Aimer son m�tier dans le merdier
> >qu'est
> >devenu notre r�seau? Mais c'est impossible, c'est humiliant, voyons!
> >
> >Pourquoi ce discours est-il si dominant? N'y aurait-il pas quelque
part
> >des
> >gens qui auraient int�r�t � ce que le r�seau finisse par d�raper? Des
> >gens
> >qui, sages plnificateurs, commencent d�j� � mesurer les �ventuelles
> >retomb�es d'une privatisation du r�seau? Des gens qui sont patients,
> >mais
> >qui savent qu'� force de favoriser un discours aussi catastrophique,
>les
> >choses pourraient bouger plus vite qu'on ne le croit?
> >
> >Je ne sais pas. C'est peut-�tre mon s�jour en Chine qui commence dans
> >quelques jours qui m'inspire cela.
> >
> >Bonne soir�e.
> >
> >Alain Vadeboncoeur

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