Je suis bien d'accord!
>From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]> >Reply-To: [EMAIL PROTECTED] >To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List) >Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: >URG-L: M�thodologie >Date: Wed, 18 Sep 2002 16:06:05 -0400 > >Je ne pr�ne pas n�cessairement de faire payer les patients, mais je >trouve que beaucoup ont la gachette facile. Pourquoi ne pas int�grer des >notions de soins de base au syst�me d'�ducation (et pourquoi pas de >cuisine, de planification budg�taire..). La responsabilit� et >l'autonomie �a s'apprend. J'ai l'impression d'entendre mon >p�re...enfin... > >"Donne du poisson � quelqu'un et tu le nourrira pendant une journ�e, >apprend lui � p�cher il pourra se nourrir toute sa vie". > >MC > >-----Original Message----- >From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of M�lissa >Ranger >Sent: 18 septembre, 2002 15:37 >To: URG-L Mailing List >Subject: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: >M�thodologie > >Resalut! > >Citation de MC: "La population ignorante se trouverait parfois des >ressources et des id�es si elle devait d�frayer $50 ou $100 dollars pour > >voir le m�decin." >********************************************************************* >C'est certain que l'id�e, de fa�on g�n�rale, est brillante... les gens >attendraient plus longtemps avant de consulter � l'Urgence, en esp�rant >que >les sympt�mes se r�sorbent d'eux-m�mes. Dans les vrais cas de probl�mes >futiles, ils seraient ainsi diminu�s. Cependant, une certaine proportion > >d'individu qui pr�f�rent attendre pour ne pas payer pour rien, >augmenteront >peut-�tre leur risque de complication et de s�quelles de leur maladie. >Ils >perdront le droit � l'accessibilit� qui est � la base de notre syst�me >de >sant� .... quoique d'un autre c�t�, peut-on vraiment parler >d'accessibilit� >quand on doit attendre 6h-10h pour �tre vu?! Donc, de faire payer les >gens, >vu d'une certaine fa�on, est peut-�tre une solution r�aliste au probl�me > >d'encombrement des salles d'urgence, en s'assurant que �a n'entraine pas > >plus d'effets ind�sirables. > > >Citation: "Je suis un peu allergique aux arguments qui excusent la >population pour ses exc�s comme si les gens �taient innocents et >d�pourvus >de responsabilit�s." >******************************************************************** >Sans avoir voulu n�cessairement compl�tement d�responsabiliser les gens, >ce >n'est pas tout le monde dont les intentions sont d'abuser du syst�me.. >on >peut penser qu'une personne qui est pr�te � patienter 10 heures dans une > >salle d'attente bond�e de gens malades autour d'elle qui chialent, avec >des >b�b�s qui pleurent... ont probablement une raison fond�e de s'y trouver. >Je >ne voudrais pas pour autant exclure qu'il y a malgr� tout de l'abus de >la >part de certains individus, c'est certain, mais je ne crois pas � la >mauvaise volont� de la majorit� des patients. > > >Citation: "80 % des patients qui se pr�sentent � l'urgence avaient >raison de >s'y pr�senter?? �a d�pend du r�le qu'on veut donner aux urgences. Celui >qui >se pr�sente � l'urgence et que je garde, avait raison de se pr�senter. >Et je >ne garde pas 80% des gens que je vois." >****************************************************************** >Je suis totalement d'accord avec toi, les cas qu'on ne garde pas >auraient pu >�tre vus ailleurs. Mais, comment un patient sait qu'il sera gard� >lorsqu'il >pr�sente un mal de ventre intense et incommodant? Il sera gard� si >suspicion >d'appendicite, mais retourn� pour d'autres causes ... Cependant, comme >tu >dis, si la structure des soins le permettrait, ils seraient investigu�s >ailleurs et les vrais cas � garder � l'observation seraient transf�r�s >par >la suite � l'urgence. �a serait l'id�al, mais dans la r�alit� de >certaines >r�gions, on attend plusieurs heures de toute fa�on dans les cliniques >adjacentes, et parfois finalement, le m�decin nous demande de nous >rendre � >l'urgence pour la ponction veineuse n�cessaire pour obtenir le dx. Nous >serons par cons�quent s�rement un cas non gard� � l'urgence, mais >investigu� >plus ad�quatement. >Je pense qu'on s'entend pour dire qu'il faudrait miser sur >l'augmentation de >l'efficacit� des structures secondaires (a/n du nombre d'heures >d'ouvertures, du nbre de md, des moyens d'investigations qu'ils >disposent...)....mais encore l�, on se heurte encore � la probl�matique >du >manque de md pour combler ces postes l�. Notamment, � l'h�pital o� j'ai >fait >un stage, un m�me m�decin qui faisait son chiffre de 8hrs � l'urgence >allait >par la suite � la fin de son chiffre, couvrir la soir�e � la clinique >avoisinante.... un peu �puisant... > >Difficile de s'en sortir! >Bonne fin de journ�e >MR > > > > > > >From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]> > >Reply-To: [EMAIL PROTECTED] > >To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List) > >Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: >M�thodologie > >Date: Wed, 18 Sep 2002 09:14:31 -0400 > > > >La population ignorante se trouverait parfois des ressources et des > >id�es si elle devait d�frayer $50 ou $100 dollars pour voir le m�decin. > >Je suis un peu allergique aux arguments qui excusent la population pour > >ses exc�s comme si les gens �taient innocents et d�pourvus de > >responsabilit�s. > > > >80 % des patients qui se pr�sentent � l'urgence avaient raison de s'y > >pr�senter?? �a d�pend du r�le qu'on veut donner aux urgences. Celui qui > >se pr�sente � l'urgence et que je garde, avait raison de se pr�senter. > >Et je ne garde pas 80% des gens que je vois. Les autres auraient pu >�tre > >vus, investigu�s et trait�s ailleurs si la structure des soins > >permettait de le faire. Et de plus en plus de personnes se pr�sentent > >justement parce qu'il n'y a plus de structures ou de ressources > >accessibles dans un d�lai raisonnable. > > > >MC > > > >-----Original Message----- > >From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of M�lissa > >Ranger > >Sent: 18 septembre, 2002 01:50 > >To: URG-L Mailing List > >Subject: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie > > > >Bonsoir, > >Effectivement, il n'est pas rare de voir des patients qui se pr�sentent > >� > >l'Urgence pour des probl�mes que nous jugeons futiles. Cependant, le > >probl�me per�u chez des personnes d�pourvues de connaissances m�dicales > >peut > >�tre interpr�t� tout � fait diff�remment par celles-ci. Elles sont > >vuln�rables, ont mal, veulent �tre soulag�es et elles s'imaginent le > >pire. > >En guise d'exemple, une connaissance s'est d�j� pr�sent�e � l'urgence >un > > > >samedi soir pour une simple tendinite alors qu'il croyait que �a >pouvait > > > >�tre reli� � un infarctus myocardique puisque son �paule gauche br�lait > >quand il bougeait (comme seul sympt�me)! Probl�me vu futile pour nous, > >mais > >consid�r� tr�s s�rieux initialement par le monsieur en question. Plus > >jeune, > >j'ai moi-m�me consult� � l'urgence pour une simple grippe, puisque je > >croyais avoir une m�ninigite! Bref, tout �a pour dire qu'une bonne > >proportion de la population est ignorante tant qu'� la maladie qui > >l'afflige > >et on peut s'en apercevoir qu'en demandant le mod�le explicatif du > >patient > >qui est plus souvent qu'autrement erron�. Que faire pour solutionner la > >forte fr�quentation "inutile" aux urgences? On avait mentionn� > >qu'informer > >la population de s'orienter dans les cliniques sans rendez-vous ou chez > >leur > >md de famille diminueraient l'encombrement des urgences. Encore l�, >dans > > > >certaines r�gions, le temps d'attente dans ces cliniques est tout aussi > >d�courageant, d'autant plus qu'on est souvent redirig� par la suite � > >l'h�pital pour les analyses compl�mentaires. Double attente! Les md de > >famille? Il y a de plus en plus de patients-orphelins, tout un contrat > >que > >de se trouver un md de famille, dans ma r�gion du moins. Donc, > >finalement, > >un patient n'a pas mille et une solutions quand �a ne feel pas, que ce > >soit > >pour une grippe s�v�re ou qui persiste, une douleur X incommodante ou > >autre, > >tout d�pendamment l'interpr�tation qu'il en fait. > > > >J'oubliais, selon un r�sultat d'�tude, 80% des patients qui se > >pr�sentent � > >l'urgence ont raison de s'y pr�senter en raison de l'investigation qui > >doit > >�tre r�alis�e. Donc, finalement, je crois que la pr�sence de nos cas > >"futile" dans les salles d'urgence ont souvent leur raison d'�tre, >aussi > > > >longtemps que les options secondaires ne seront pas plus efficaces. > >Temps > >d'attente long, oui, p�nible effectivement l'attente de 10 heures que > >j'ai > >eu pour une py�lon�phrite aigue... mais que faire?? Des solutions > >r�alistes > >� court terme?.... > >Bonne nuit > > > > > > > > >From: Martin Ch�nier <[EMAIL PROTECTED]> > > >Reply-To: [EMAIL PROTECTED] > > >To: [EMAIL PROTECTED] (URG-L Mailing List) > > >Subject: URG-L: RE: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie > > >Date: Wed, 18 Sep 2002 01:08:45 -0400 > > > > > >Les malades sont effectivement satisfaits des soins. Le probl�me >c'est > > >d'en recevoir. Comment font les patients pour attendre 8-9 heures >pour > > >�tre vu? Des mois pour �tre dilat�, pont�, op�r�, vu par un >g�n�raliste > > >ou un sp�cialiste? Personnellement je ne sais pas. Je me demande > >comment > > >ils gardent leur calme. La maladie nous rend vuln�rable? Plus >sensible? > > >Ce soir il y avait constamment 25 dossiers en attente pour les >patients > > >ambulatoires, c'est pas possible. > > > > > >En m�me temps, c'est effarant la quantit� de service que la >population > > >re�oit pour des probl�mes futiles (consultation pour le moindre bobo, > > >rhume) alors que des pays entiers ne poss�dent pas l'�l�mentaire � la > > >survie de leur population. Tout est effectivement relatif. > > > > > >MC > > > > > >-----Original Message----- > > >From: [EMAIL PROTECTED] [mailto:[EMAIL PROTECTED]] On Behalf Of Alain > > >Vadeboncoeur > > >Sent: 18 septembre, 2002 00:46 > > >To: URG-L Mailing List > > >Subject: URG-L: Re: URG-L: M�thodologie > > > > > >Ouais... > > > > > >Int�ressant, mais bon. Et si le sondage disait vrai? Si les patients > > >�taient > > >satisfaits de soins re�us? C'est certain qu'ils ne comptent pas > > >beaucoup, > > >qu'ils ne connaissent rien et qu'ils sont manipul�s, mais c'est tout >de > > >m�me > > >un peu pour eux qu'on fait tout �a, non? > > > > > >Or, la moyenne des taux de satisfaction avoisine le B+, aussi bien >pour > > >Montr�al que pour les r�gions. Presque la perfection. Je suis certain > > >que > > >mon McDo au coin n'atteint pas ce niveau. > > > > > >D'ailleurs, Claude, tes objections ne tiennent pas trop: rien ne dit > >que > > >les > > >s�jours hospitaliers recens�s sont courts ("au moins une nuit") ou >que > > >les > > >patients des soins �taient surepr�sent�s. Il est vrai que les >patients > > >de > > >l'urgence ont �t� exclus. Mais n'oublions que la "catastrophe" > > >plan�taire > > >qui s'abat sur le r�seau touche bien plus que les urgences. > > > > > >J'ai eu l'autre jour une conversation tr�s intructive avec une > > >infirmi�re > > >d'origine haitienne, toujours de bonne humeur, travaillant fort et > > >aimant ce > > >qu'elle fait. Alors que je lui demandais si elle trouvait frustrants > >les > > >probl�mes que nous �prouvions dans le r�seau, elle m'a regard� avec >un > > >certain sourire et m'a dit: "Si les gens ici savaient c'est quoi de > > >vrais > > >probl�mes, on ne les entendraient plus jamais se plaindre..." > > > > > >Je commence � �tre un peu tann� du discours hypercatastrophique qu'on > > >nous > > >ass�ne et que nous nous ass�nons nous-m�mes, jours apr�s jours, dans > >les > > >h�pitaux, dans le r�seau. Nous ne sommes pas au Sud-Soudan, >disais-je. > > >Nos > > >immenses et �pouvantables probl�mes feraient se tordre de rire 97% de > > >l'humanit� actuelle et 99.5 % de l'humanit� de 500 derni�res ann�es. > > > > > >Est-ce qu'il serait aussi possible que nous soyons devenus un peu > > >plaignards > > >avec le temps, � force de vivre dans une soci�t� o�, comme > > >professionnels, > > >on ne peut pas vraiment dire que nous sommes dans la grande mis�re > > >noire... > > >Quelqu'un me disait l'autre jour qu'� force de vivre dans une soci�t� > >o� > > >il > > >n'y a finalement plus de v�ritable lutte pour la majorit� des gens > > >(catastrophes, guerres, recherche de nourriture, bref, le quotidien >des > > >4/5 > > >de la plan�te), les r�flexes de d�fenses avaient fini par >s'atrophier, > > >au > > >point qu'on pouvait faire de l'absence ou de la pr�sence d'un syst�me > > >d'information ou d'un s�jour de 48 heures sur une civi�re >l'�quivalent > > >des > > >plus grands tourments v�cus par l'humanit�. > > > > > >A chacun ses grandes catastrophes, pour nous, ce sont les probl�mes >de > > >civi�res et les relations avec les sp�cialistes. C'est vrai que ces > > >probl�mes questionnent de vastes pans de la philosophie et de notre > > >spiritualit�, mais peut-�tre devrions-nous, par moments, aussi > > >consid�rer > > >qu'il y a d�j� eu, dans l'histoire, deux ou trois probl�mes de plus > > >grande > > >envergure. > > > > > >C'est curieux, mais le sondage m'a fait exactement l'effet inverse: > >nous > > >sommes peut-�tre un peu d�phas�s par rapport � la r�alit� exprim�e >ici, > > >par > > >ceux qui comptent vraiment. Dans le fond, les gens re�oivent la >plupart > > >du > > >temps des soins de qualit�, dans un environnement qui n'est pas > >toujours > > >jojo mais qui est souvent mieux qu'un tas de boue au milieu de la > > >brousse. > > > > > >L'image est peut-�tre un peu grosse, mais bon, peut-�tre qu'� force >de > > >dire > > >et de r�p�ter que c'est la catastrophe, on a fini par se croire et � > > >vraiment ha�r notre r�seau. Je me souviens d'uen infirmi�re qui avait > > >affirm� publiquement qu'elle aimait bien son m�tier... et qui s'�tait > > >faite > > >rabrou�e par ses coll�gues. Comment? Aimer son m�tier dans le merdier > > >qu'est > > >devenu notre r�seau? Mais c'est impossible, c'est humiliant, voyons! > > > > > >Pourquoi ce discours est-il si dominant? N'y aurait-il pas quelque >part > > >des > > >gens qui auraient int�r�t � ce que le r�seau finisse par d�raper? Des > > >gens > > >qui, sages plnificateurs, commencent d�j� � mesurer les �ventuelles > > >retomb�es d'une privatisation du r�seau? Des gens qui sont patients, > > >mais > > >qui savent qu'� force de favoriser un discours aussi catastrophique, > >les > > >choses pourraient bouger plus vite qu'on ne le croit? > > > > > >Je ne sais pas. C'est peut-�tre mon s�jour en Chine qui commence dans > > >quelques jours qui m'inspire cela. > > > > > >Bonne soir�e. > > > > > >Alain Vadeboncoeur
