Alain en pleine forme, le ton est juste le fond excellent
chez nous �a va pas tarder �  suivre �a a d�j� commenc� avec les m�decins g�n�ralistes et �a a dur� 9 mois
requisition par huissier pour trouver un m�decin rempla�ant � celui qui sera en repos de securit� ou en RTT !!!
 
 
2 �mes JOURNEES COPACAMU
MARSEILLE 20 et 21 mars 2003
 
JEMU
BIARRITZ
Novembre 2003
 
Docteur OLIVIER Philippe
Chef de Service SAMU-SMUR-Urgences Adultes
C.H.Avignon
France
Secr�taire g�n�ral Coll�ge PACA de M�decine d'Urgence
D�l�gu� r�gional AMUHF-PACA
E-mail:
[EMAIL PROTECTED]
Tel secr�tariat :04 32 75 32 80
T�l personnel : 04 32 75 31 80
Fax : 04 90 82 05 90
 
Coll�ge PACA:
 http.//www.urgence.net/college/paca
----- Message d'origine -----
De : "Catherine Bich" <[EMAIL PROTECTED]>
� : "URG-L Mailing List" <[EMAIL PROTECTED]>
Envoy� : vendredi 20 septembre 2002 14:12
Objet : URG-L: Primum non nocere

Welcome back,Alain.

C.
----- Original Message -----
From: "Alain Vadeboncoeur" <
[EMAIL PROTECTED]>
To: "URG-L Mailing List" <
[EMAIL PROTECTED]>
Sent: Friday, September 20, 2002 2:01 AM
Subject: URG-L: Primum non nocere


> Table des chefs d'urgence de Montr�al
> Montr�al, le vendredi 20 septembre 2002
>
>
> Lettre ouverte � monsieur Fran�ois Legault
> Ministre d'�tat � la Sant� et aux Services sociaux
>
>
> OBJET:  Primum non nocere
>
> Monsieur le Ministre,
>
>
> J'ai re�u ce matin, par huissier, une lettre m'obligeant � couvrir un
quart
> de nuit, le 23 septembre prochain, � l'urgence de Jonqui�re. Devant alors
me
> trouver � l'ext�rieur du pays, en congr�s, j'ai failli m'�touffer avec mon
> caf�. Finalement, il s'agissait d'une blague. Mais hier soir, apprenant
aux
> nouvelles qu'une douzaine de mes coll�gues urgentologues avaient re�u une
> lettre similaire, je ne riais plus. Plus personne ne riait.
>
> Le pr�sident-directeur g�n�ral de la R�gie de la Sant� du Saguenay
> Lac-St-Jean semblait tellement d��u, � la t�l�vision, de n'avoir pu
> convaincre suffisamment de m�decins � venir travailler � l'urgence de
> Jonqui�re en septembre. Je le serais aussi, � sa place. Un coin si
charmant.
> Autre signe du manque flagrant de solidarit� sociale des m�decins, ne
> trouvez-vous pas? Au fait, avez-vous une petite id�e du pourquoi? Est-il
> possible qu'il soit devenu plus pr�occupant pour un m�decin d'urgence de
> mettre les pieds en r�gion?
>
> En m�decine, il existe un principe fondamental, exprim� par une maxime
fort
> simple : avant tout ne pas nuire. Lorsque qu'une urgence vitale survient
> chez un de nos patients, une action vigoureuse est souvent n�cessaire,
mais
> pour chaque d�cision th�rapeutique, il faut peser le pour et le contre et
s'
> assurer que les risques ne sont pas trop �lev�s. Soit, une urgence ferm�e
> est une urgence ferm�e de trop. Vous avez donc agi. Mais aviez-vous bien
> pes� le pour et le contre de votre action?
>
> Bien s�r, il n'y a plus d'urgence qui ferme la nuit. Vous avez r�ussi, l�
o�
> d'autres avaient �chou�. C'est qu'aucun de vos pr�d�cesseurs n'avait eu
> cette lumineuse id�e : recruter les m�decins � coups de visites
d'huissiers.
> C'�tait pourtant simple, efficace. Il suffisait d'y penser.
>
> A votre place, je serais donc fier d'avoir gard� l'urgence de Jonqui�re
> ouverte : vous avez fait du bon travail, les huissiers ont fait leur dur
> m�tier, les m�decins d'urgence obtemp�reront, les patients seront
contents,
> les pr�sidents de R�gie aussi, tout ira bien. Vous aurez peut-�tre
> cependant, dans les prochains mois, � travailler un peu plus fort dans ce
> dossier, puisque des urgences comme Jonqui�re, qui commencent � avoir de
la
> difficult� � convaincre des m�decins de venir y travailler, �a risque de
> devenir fr�quent. Et peut-�tre beaucoup plus fort, l'an prochain, si vous
> �tes toujours ministre de la sant�. Mais comme il est �vident que le
travail
> ni l'avenir ne vous fait peur et que vous ne manquez pas d'huissiers, il
n'y
> a pas lieu de s'inqui�ter.
>
> Au fait, le saviez-vous, les m�decins oeuvrant dans les urgences sont
p�tris
> de paradoxes : s'ils �taient vraiment raisonnables, ils n'y
travailleraient
> pas. Il leur serait en effet beaucoup plus simple de pratiquer ailleurs,
par
> exemple dans une clinique sans rendez-vous, o� les responsabilit�s sont
> minimales, les revenus plus �lev�s et les horaires, de vraies vacances. Si
> donc ils continuent de vaquer � l'urgence, il ne peut y avoir qu'une seule
> raison, c'est qu'ils aiment vraiment le m�tier, ce qui est le propre d'une
> vocation. C'est peut-�tre un peu abstrait pour vous, mais il s'agit
pourtant
> d'une donn�e fondamentale du probl�me que vous pr�tendez avoir r�gl�.
>
> Si j'�tais vous, j'aurais maintenant des doutes. A court terme, vous avez
eu
> raison. Mais qu'en sera-t-il demain, apr�s-demain, l'an prochain ou dans
dix
> ans? Est-il possible qu'il soit de plus en plus difficile, dor�navant, de
> recruter des m�decins pour l'urgence de Jonqui�re? Que, depuis le 25
> juillet, il soit devenu ardu de recruter des m�decins d'urgence pour
> travailler dans les diverses r�gions du Qu�bec? Que, depuis cette date,
peu
> ou pas de jeunes m�decins soient dor�navant int�ress�s � besogner dans une
> urgence? Que la vocation pour l'urgence soit devenue anachronique?
>
> Vous aviez parl� d'une petite r�volution, il faut croire que c'�tait vrai.
> Je ne suis pas totalement convaincu, cependant, que vous en ayez mesur�
tous
> les effets. Et si j'�tais vous, je craindrais surtout ceci, maintenant :
que
> les m�decins d'urgence redeviennent tout simplement des �tres rationnels,
qu
> 'ils laissent s'�teindre en eux cette vocation les poussant � ouvrer dans
un
> milieu professionnel aussi intense que difficile, puis qu'ils choisissent,
> avec leur famille, leurs proches, leurs coll�gues, sans emb�ter personne
et
> sans le crier sur les toits, un m�tier plus raisonnable. Mais j'y pense,
> avec votre loi, pourquoi donc s'en inqui�ter? Avons-nous seulement besoin
d'
> eux, alors que la seule qualit� dor�navant requise pour ouvrer �
l'urgence,
> c'est d'avoir une adresse l�gale et de r�pondre � la porte?
>
> Ce que je voulais aussi vous confier, bien humblement, c'est que, comme
chef
> d'urgence de carri�re, les cons�quences de certaines de mes d�cisions
furent
> parfois pires que les probl�mes que je voulais r�gler; il s'agissait de
> mauvaises d�cisions, c'est humain. J'ai du parfois faire marche arri�re,
ce
> qui est difficile mais aussi une certaine preuve de sagesse, qui vient
avec
> les cheveux gris. Il est peut-�tre temps pour vous de r�aliser que la
> d�cision de proposer, de faire voter puis d'appliquer la loi 114 n'�tait
pas
> votre meilleure d�cision. Il est encore temps d'abroger une loi, qui, en
> r�alit�, causera in�vitablement des probl�mes si complexes qu'aucune
> nouvelle loi ne pourra plus les r�soudre. Je ne sais pas si la confiance
va
> revenir, mais au moins nous cesserons de d�valer la pente � reculons.
>
> Les chefs d'urgence de Montr�al et de Laval sont absolument unanimes sur
ce
> point. Peut-�tre nous trompons-nous, peut-�tre pas. A vous de choisir,
c'est
> vous le ministre.
>
>
> En vous remerciant de l'attention port�e � la pr�sente, veuillez accepter,
> cher monsieur Legault, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
>
>
>
> Alain Vadeboncoeur, MD
> Pr�sident de la Table des chefs d'urgence de Montr�al
> Ex-pr�sident de l'Association des m�decins d'urgence du Qu�bec
>

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