Catherine Bich a introduit sur la liste il y a quelques jours le sujet des petites urgences.  Julien Poitras dit ouvertement que certaines petites urgences devraient �tre ferm�es.  C'est un sujet qui m'int�resse particuli�rement car je travaille moi-m�me dans une de ces petites urgences.
 
L'un des probl�mes avec les petites urgences est qu'il n'y a pas de normes difinissant ce que doit comprendre une facilit� pour pouvoir �tre appel�e "salle d'urgence".  Est-ce acceptable, en 2002, qu'une "urgence" n'offre pas la thrombolyse des IAM?  Pourtant, rien n'interdit � des services semblables de se donner l'appellation de "salle d'urgence".  Plusieurs de ces petites "urgences" en CLSC n'ont pas de laboratoire ou de radiologie disponible 24 heures par jour, m�me sur appel.  Est-ce acceptable?  D'autres n'ont qu'une seule infirmi�re la nuit et pas de possibilit� d'appeler du renfort...  Selon moi, �a prend un minimum de deux infirmi�res pour pouvoir stabiliser un patient en situation critique...   Des m�decins qui travaillent dans ces "urgences" ne savent pas intuber ou n'ont jamais suivi le cours d'ACLS...Donc je crois que des normes devraient �tre d�finies pour pr�ciser :
  • les services minimaux qui devraients �tre offerts
  • l'�quipement minimal
  • les m�dicaments n�cessaires
  • le personnel minimal ainsi que ses comp�tences minimales
pour pouvoir recevoir l'apellation de "salle d'urgence".  Un des effets de ces normes, si elles sont reconnues par le MSSS, ce serait de forcer les administrateurs des endroits o� une urgence est n�cessaire � investir dans leur urgence pour la mettre � niveau.  Quant aux endroits o� une urgence est superflue, et bien elles seront soit ferm�es o� converties en cliniques sans rendez-vous.  Je crois que l'AMUQ serait bien plac�e pour �laborer de telles normes, et je suis m�me volontaire pour participer � leur �laboration.
 
Est-ce que le fait de fermer des petites urgences permettra de r�gler de probl�me de manque d'effectif des grosses urgences? Je ne le crois pas.  L'exemple de l'h�pital de Mont-Joli est �loquent.  Il y a quelques ann�es, les m�decins de cet endroit se sont ouvert les yeux et ont constat� que leur urgence n'en �tait pas vraiment une.  Ils ont entrepris, avec difficult�, de convaincre leur conseil d'administration de cesser d'appeler leur service une urgence.  La clinique fonctionne toujours, en offrant les m�mes services que dans le temps o� c'�tait une urgence, sauf qu'on n'y observe plus les patients et qu'on n'y accepte plus les ambulances.  Depuis que l'urgence a �t� convertie en clinique sans rendez-vous, l'h�pital a recrut� une grande quantit� de m�decins et a presque r�gl� ses probl�mes de manque d'effectifs...  Est-ce que �a fait fuir les m�decins tant que �a, les ambulances?
 
De toute fa�on, un m�nage s'impose dans les petites urgences du Qu�bec, mais la motivation principale doit �tre d'am�liorer la qualit� des soins, pas de recruter des effectifs pour les grosses urgences.  Si vous voulez me convaincre d'aller travailler dans une grosse urgence, il vous faudra d'abord me convaincre que les conditions de travail y sont aussi bonne que dans me petite urgence, o� il n'y a jamais personne dans le corridor, o� j'ai le temps de voir mes patients et de les rassurer, o� j'ai le temps de d�ner le midi et o� le temps d'attente ne d�passe jamais 6 heures...
 
 
Sylvain Blanchet, md
Chef du service d'urgence
H�pital Notre-Dame-du-Lac

Répondre à