la premiere drogue: c est l alcool.
Dr Laurent CASENOVE
SAU Saint Antoine Paris 12
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Sent: Tuesday, October 08, 2002 11:55 PM
Subject: URG-L: Stup�fiants


D�pistage g�n�ralis� de stup lors des accidents : c'est parti.

LES DEPUTES CREENT UN DELIT DE CONDUITE SOUS L'INFLUENCE DE STUPEFIANTS


PARIS, 8 octobre - L 'Assembl�e nationale a adopt� mardi la proposition
de loi cr�ant un d�lit sp�cifique de conduite sous l'influence de
substances ou plantes class�es comme stup�fiants et pr�voyant un
d�pistage obligatoire en cas d'accident de la route.

La proposition de loi d�pos�e par le d�put� UMP Richard Dell'Agnola
(Val-de-Marne) a �t� adopt�e par les d�put�s UMP et UDF et par quatre
d�put�s socialistes, alors que la position officielle du groupe �tait
l'abstention. Les communistes ont vot� contre.

Selon le texte, la conduite sous l'influence de substances ou plantes
class�es comme stup�fiants sera punie, comme la conduite sous l'emprise
d'un �tat alcoolique, de deux ans d'emprisonnement et de 4.500 euros
d'amende, sanctions doubl�es en cas de r�cidive ou d'homicide
involontaire. Le texte pr�voit un d�pistage obligatoire de l'usage de
stup�fiants chez les conducteurs impliqu�s dans un accident corporel,
mortel ou non mortel, de la circulation et des op�rations de d�pistages
al�atoires pr�ventifs.

Le dispositif de d�pistage, qui sera pr�cis� dans un d�cret, est fond�
sur une analyse urinaire confirm�e par une analyse sanguine. Ces
pr�l�vements devront �tre faits par un m�decin.

Le texte modifie la loi du 18 juin 1999, qui pr�voit un d�pistage
syst�matique des stup�fiants en cas d'accident mortel, mis en oeuvre
dans le cadre d'une �tude �pid�miologique, lanc�e en octobre 2001, sous
le contr�le de l'Observatoire fran�ais des drogues et des toxicomanies
(OFDT). La loi du 15 novembre 2001 a ensuite pr�vu un d�pistage
facultatif en cas d'accident corporel non mortel.

Richard Dell'Agnola a soulign� qu'une proposition de loi similaire dont
il �tait le rapporteur avait �t� d�pos�e en 1997 � la suite du Livre
blanc sur la s�curit� routi�re de 1995 mais qu'elle n'avait pas pu �tre
examin�e en raison de la dissolution de l'Assembl�e nationale. Depuis,
plusieurs parlementaires de droite avaient d�pos� des propositions de
loi, repouss�es par la majorit� pr�c�dente.

Il a soulign� que le d�veloppement de la consommation de drogues,
notamment du cannabis chez les jeunes, n�cessitait des mesures pour
faire reculer le bilan de l'ins�curit� routi�re : 8.000 morts et 154.000
bless�s.

Le ministre de la Justice Dominique Perben a apport� son soutien au
texte en estimant toutefois que des am�liorations pourront �tre
apport�es lors de la navette entre l'Assembl�e nationale et le S�nat. Le
ministre a souhait� que le d�pistage ne soit pratiqu� en cas d'accident
non mortel que "s'il existe des raisons plausibles de penser que le
conducteur a fait usage de stup�fiants".

Le texte pr�voit d�j� que le d�pistage al�atoire sera pratiqu� seulement
si le policier ou le gendarme d�c�le des signes plausibles de
consommation de stup�fiants.

"Il est urgent de l�gif�rer en la mati�re pour r�pondre enfin �
l'attente de l'opinion publique qui s'inqui�te l�gitimement de voir, de
plus en plus souvent, des conducteurs impliqu�s dans des accidents
corporels alors qu'ils ont consomm� des produits stup�fiants", a-t-il
estim�.

Il a ajout�, faisant allusion � l'�tude �pid�miologique lanc�e en
octobre 2001, que "la r�alisation d'une �tude n'est pas une politique".

UN COUT IMPORTANT DU DEPISTAGE

Tout en promettant de d�gager des moyens humains et financiers
suffisants pour la pratique des d�pistages, il a souhait� que la mesure
soit encadr�e "pour �viter tout d�rapage budg�taire".

Si un d�pistage doit �tre pratiqu� sur l'ensemble des conducteurs
impliqu�s dans un accident corporel, ce sont approximativement entre
200.000 et 250.000 d�pistages qui vont devoir �tre r�alis�s.

Le ministre a reconnu que le co�t du dispositif �tait sans doute �
l'origine du retard de sa mise en oeuvre : un d�pistage dans les urines
est factur� 25 euros, les honoraires du m�decin 30 euros, et en cas de
r�sultat positif le dosage sanguin 241,48 euros.

Cependant, il a estim� que les discussions avec les industriels
permettraient de mettre au point un syst�me de d�pistage performant et
que les prix baisseront en raison de l'existence d'un v�ritable march�
�conomique.

Il a par ailleurs assur� que l'application de la loi � travers les
d�crets serait "simple" puisqu'il suffira de modifier le d�cret du 27
ao�t 2001 qui a mis en place le dispositif d'analyse et de d�pistage
pour l'�tude �pid�miologique.

A l'initiative du gouvernement, le texte pr�cise que l'usage de
substances ou plantes class�es comme stup�fiants par le conducteur devra
�tre caract�ris� par une analyse sanguine, afin d'�viter des
controverses devant les tribunaux.

Dominique Perben a rejet� l'argument selon lequel le d�pistage pouvait
montrer des consommations datant de plusieurs jours en soulignant que
les traces de produits stup�fiants n'�taient retrouv�es dans le sang que
durant quelques heures (6 heures pour le cannabis, 12 heures pour la
coca�ne). Pour les cocktails de produits comprenant de l'ecstasy, les
traces restent 48 heures mais le ministre a estim� qu'il �tait prudent
de respecter ce d�lai avant de reprendre le volant en raison de l'effet
de ces produits.

Richard Dell'Agnola a soulign� que de tels d�pistages �taient mis en
oeuvre dans de nombreux pays europ�ens depuis plusieurs ann�es citant
les cas de l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, l'Italie,
le Portugal, la Su�de et les Pays-Bas.

"La France est curieusement rest�e � l'�cart" et ne respecte pas la
directive europ�enne du 29 juillet 1991, qui aurait d� �tre appliqu�e au
1er juillet 1996, sur les conditions d'obtention du permis de conduire.

Il a cit�, comme preuve de la dangerosit� des stup�fiants, l'�tude men�e
par le Dr Patrick Mura (CHU de Poitiers) sur 800 conducteurs impliqu�s
dans un accident corporel hospitalis�s et sur 800 personnes t�moins
admises aux urgences pour un motif autre. Elle montre chez les
conducteurs �g�s de moins de 27 ans que la fr�quence des accidents est
multipli�e par 2,5 avec le cannabis seul, de 3,8 avec l'alcool seul et
par 4,8 avec l'association alcool-cannabis.

Selon les premiers r�sultats de l'�tude �pid�miologique, selon les
r�gions 12% � 17% des conducteurs de tous �ges �taient sous l'influence
du cannabis au moment de l'accident et plus de 20% chez les moins de 27
ans. Au total, de 25% � 30% des conducteurs impliqu�s dans un accident
auraient consomm� des stup�fiants.

DIFFICULTES D 'APPLICATION SELON L'OPPOSITION

Les d�put�s d'opposition ont mis en avant la difficult� d'application du
d�pistage, en critiquant les intentions de la majorit�. Le socialiste
Ren� Dosi�re (Aisne) a estim� qu'il �tait "pr�matur�" de l�gif�rer avant
les r�sultats de l'�tude �pid�miologique tandis que le communiste Andr�
G�rin (Rh�ne) a d�nonc� "une loi effet d'annonce inutile".

Ren� Dosi�re a justifi� le vote d'abstention du groupe socialiste en
expliquant qu'il �tait "naturellement oppos� � l'usage de la drogue au
volant" mais qu'il estimait que le texte �tait "une l�gislation de
circonstance". En revanche, les d�put�s socialistes qui ont vot� en
faveur du texte ne se sont pas exprim�s lors des d�bats.

S'�cartant du sujet de la s�curit� routi�re, le d�bat s'est orient� vers
une critique de la politique de lutte contre la toxicomanie du
gouvernement de Lionel Jospin.

Lionnel Luca (UMP, Alpes-Maritimes) a ainsi estim� que la pr�c�dente
majorit� a manifest� un "laxisme g�n�ralis� sur la question de la
consommation de drogues" et qu'une "certaine gauche hallucinog�ne a fini
par faire croire que seul l'alcool �tait dangereux".

De m�me, Christian Estrosi (UMP, Alpes-Maritimes) a estim� que le
gouvernement Jospin a "d�p�nalis� de fait pendant 5 ans l'usage et m�me
la vente de drogues dites douces".

Ren� Dosi�re et Bernard Roman (PS, Nord) ont par ailleurs annonc� leur
intention de demander la constitution d'une mission sur l'�valuation de
la loi de d�cembre 1970.

Enfin, Dominique Perben a indiqu� que les pr�cautions � prendre par les
conducteurs avec les m�dicaments psychotropes seraient examin�es lors
d'un prochain projet de loi portant sur la s�curit� routi�re en g�n�ral.


hm/sl/APM-Reuters polsan
RCFJ8002 08/10/2002 13:05 ACTU

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