D'apr�s des r�actions sur URG-L,semblerait que les �ditoriaux que j'ai envoy�s sont pas lisibles...Don't know why.J'esp�re que j'ai pas attrap� une maladie virale quelconque....
 
Je refais une tentative.Si �a ne change pas,vous pouvez aller les consulter directement sur Cyberpresse,advenant que �a vous dise.
 
www.cyberpresse.ca  pour L.Gagnon allez dans "tous les chroniqueurs" � droite et vous trouverez Lysianne Gagnon.Cliquez sur son nom et c'est sont �dito le plus r�cent.
 
Pour Dubuc,vous le trouverez dans la section �ditoriale du Soleil.
 
C.
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Le samedi 23 novembre 2002
Devinez donc qui va payer?

Lysiane Gagnon
La Presse

Si le ministre Fran�ois Legault continue sur la voie dans laquelle il s'est t�m�rairement lanc�, on assistera � une premi�re mondiale: celle d'un gouvernement qui s'en va en campagne �lectorale en promettant... des hausses d'imp�t!

J'exag�re � peine. La soi-disant consultation amorc�e par le ministre sur les services de sant� vise de toute �vidence � ouvrir la voie � une augmentation des imp�ts ou � la cr�ation d'une caisse sp�ciale pour la sant�, ce qui revient au m�me.

Car enfin, la tactique est cousue de fil blanc. Le plan d'action du MSSS propose mille bonnes choses avec lesquelles tout le monde sera d'accord: urgences fonctionnelles, m�decine familiale, d�lais raccourcis, soins � domicile, am�lioration de la gestion, infirmi�res �panouies, m�decins heureux et patients en sant�, bref la tarte aux pommes avec en plus la cassonade, les noix et la cr�me glac�e.

Apr�s avoir dress� ce tableau idyllique, le ministre nous apprend que pour en arriver l�, il faut tout de suite injecter 1,8 milliard de dollars dans le syst�me, et augmenter le budget de 5,2% par ann�e... Or, il n'a pas l'argent.

Il ne reste que deux sources de revenus: soit le f�d�ral, dont il est douteux qu'il voudra r�gler le d�s�quilibre fiscal (auquel il ne croit pas), soit le portefeuille du citoyen qui est d�j� le plus �tax� en Am�rique.

* * *

� moins, bien s�r, que le projet Legault soit une n�gociation � ciel ouvert avec ses coll�gues du cabinet, histoire de les convaincre qu'ils doivent se serrer la ceinture pour augmenter le budget de la sant�.

De passage � La Presse, la semaine derni�re, M. Legault et le ministre d�l�gu� Roger Bertrand laissaient entendre fort clairement que cet exercice p�dagogique visait aussi � convaincre leurs �coll�gues� que l'am�lioration de la gestion ne suffira pas � rendre le syst�me fonctionnel.

Effectivement, il n'y a pas un ministre qui va vouloir laisser gruger son budget au profit de celui des camarades du MSSS. M�me le premier ministre Landry a lui-m�me d�clar� que le probl�me en est plut�t un d'inefficacit� que de manque d'argent.

Par ailleurs, il y a toute une �cole de pens�e -longtemps dominante au MSSS- qui affirme que le Qu�bec d�pense bien assez pour la sant�, m�me s'il est depuis des ann�es � la tra�ne des autres provinces. C'est exactement ce que disait le rapport Rochon, et c'est ce qu'ont r�p�t� � la queue leu leu presque tous les ministres de la Sant�, � commencer �videmment par Jean Rochon.

La fa�on de rendre le syst�me fonctionnel, nous disait tout ce beau monde, n'�tait pas d'y injecter plus d'argent, mais de pratiquer une gestion serr�e, de miser sur la pr�vention, de limiter l'achat d'�quipement sophistiqu� et de r�duire le nombre de m�decins (qui prescrivent et donc engendrent des co�ts). Ce que l'on a fait, avec les r�sultats que l'on conna�t.

Le plus dr�le est que M. Legault lui-m�me, depuis les huit mois qu'il est en fonction, a sembl� faire sienne cette id�ologie. Au d�part, il ne jurait que par sa fameuse recette des �contrats de performance� qu'il voulait imposer aux h�pitaux apr�s les avoir fait avaler aux universit�s. Il dit aujourd'hui qu'il lui fallait faire la preuve que m�me en am�liorant la gestion, le syst�me manquerait encore d'argent.

C'est pourtant, et depuis longtemps, une �vidence pour tous ceux qui oeuvrent sur le terrain, de m�me que pour ceux qui ont � se frotter au personnel d�bord� des h�pitaux, qui cherchent en vain un m�decin de famille ou qui poireautent sur des listes d'attente alors que les deux-tiers des salles d'op�ration sont ferm�es.

Tant mieux si quelqu'un, au gouvernement, s'est finalement aper�u que le r�seau a raison de crier famine. Mais M. Legault aurait bien pu mettre cartes sur table tout de suite, au lieu de pr�tendre que son plan d'action n�cessite un d�bat public. Il n'y a rien l�-dedans qui n'ait �t� ressass� depuis des ann�es.
Le probl�me n'est pas de savoir ce que l'on voudrait, mais comment l'avoir. Exemple: tout le monde s'entend sur la n�cessit� des groupes de m�decine familiale... sauf qu'on n'a ni les m�decins ni les infirmi�res pour les former, et que m�me s'il en tombait du ciel quelques milliers, on n'aurait pas les moyens de les payer convenablement!

* * *

M. Legault est assez r�aliste pour ne pas s'imaginer que la manne viendra du f�d�ral, pas � court terme en tout cas.

Il rejette la solution du Parti lib�ral, qui veut geler tous les budgets � l'exception de l'�ducation et de la Sant�: cela ne suffirait pas, dit-il, puisque ces deux minist�res ont de toute fa�on la part du lion. Il rejette la solution de l'ADQ, qui propose d'accro�tre la part du priv�. Il rejette tous les r�gimes mixtes qui existent en Europe.

Alors, que reste-t-il? Il ne reste que les 60% de Qu�b�cois qui cotisent � l'imp�t. � ceux-l�, on donnera le choix entre une hausse d'imp�t g�n�rale et une cotisation sp�ciale � la caisse sant� pr�conis�e par le rapport Clair. En somme, on invitera les vaches � lait � passer une fois de plus � la traite... On n'ose pr�juger de leur r�ponse, mais on la devine.

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Title: Cyberpresse | L\'�quation boiteuse de M. Legault
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Le samedi 23 novembre 2002
L'�quation boiteuse de M. Legault

Alain Dubuc
Le Soleil

Le ministre qu�b�cois de la Sant�, M. Fran�ois Legault, rendait public cette semaine son Plan de la sant� et des services sociaux, un projet qui, par sa pr�sentation et son contenu, s'apparente � un programme politique : avare sur les d�tails, mais g�n�reux pour les couleurs et les jolies photos.

Dans ce document, le ministre �num�re des d�fis auxquels nous souscrivons tous, mais qui sont tr�s exactement les m�mes objectifs que nos gouvernements tentent d'atteindre sans succ�s depuis plusieurs ann�es : d�velopper un r�seau de premi�re ligne, avec m�decins de famille, d�velopper les CLSC, r�duire les attentes pour des chirurgies, r�soudre les probl�mes d'engorgement des urgences, d�velopper les soins � domicile, favoriser la pr�vention, etc., etc., etc.

Ces priorit�s, essentielles pour remettre le syst�me de sant� � flot, co�teront tr�s cher et exigeront 1,77 milliard $ de plus par ann�e. Et si le ministre ne dit pas comment il entend trouver cette somme, sa d�marche pointe tout droit vers des hausses d'imp�t ou des m�canismes nouveaux de perception fiscale.

* * * * *

Mais la logique de M. Legault, en apparence raisonnable, r�siste mal � l'analyse. Il suffit de comparer le syst�me de sant� qu�b�cois � ceux des provinces qui nous entourent pour voir que la d�marche du ministre est simpliste et que ses conclusions rel�vent du surr�alisme.

Voici ce que disent les plus r�centes statistiques sur les syst�mes de sant� provinciaux, rendues publiques il y a deux semaines par l'Institut canadien d'information sur la sant�.

- Le Qu�bec est l'une des deux provinces canadiennes o� les d�penses gouvernementales en sant� ont augment� le moins vite cette ann�e, avec un taux de croissance de 1,6 %, un peu mieux que Terre-Neuve avec ses 1,3 %. En moyenne, les d�penses ont augment� de 5,8 % dans l'ensemble du Canada, de 7,8 % en Ontario et de 6,8 % au Nouveau-Brunswick. Le Qu�bec �tait �galement � l'avant-dernier rang pour la croissance l'an dernier.

- Si l'on prend les d�penses en sant� des gouvernements par habitant, le Qu�bec est �galement en avant-derni�re position, cette fois-ci devant la Nouvelle-�cosse. Avec un montant per capita de 2144 $, le Qu�bec d�pense 211 $ de moins pour chaque citoyen que ne le font, en moyenne, les provinces canadiennes, o� la d�pense par personne de 2355 $. Il est �galement derri�re les provinces voisines du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario, qui d�pensent respectivement 2317 $ et 2296 $.

- Notons que ce ne fut pas toujours le cas. En 1994-1995, les d�penses qu�b�coises �taient les troisi�mes au Canada, derri�re l'Ontario et la Colombie Britannique, et pratiquement �gales � la moyenne canadienne.

- Enfin, le Qu�bec est encore une fois � l'avant-dernier rang pour la part que la sant� prend dans les d�penses publiques. Il devance cette fois-ci l'Alberta, un cas � part en raison de sa richesse fiscale. Les d�penses de sant�, au Qu�bec, comptent pour 32,2% des programmes des gouvernements, quand cette proportion est de 35,1 % au Nouveau-Brunswick, de 43,5 % en Ontario, et de 37,8 % dans l'ensemble du Canada.

* * * * *

� la lumi�re de ces donn�es, reprenons maintenant les raisonnements du ministre Legault.

Son objectif d'injecter 1,77 milliard $ pour remettre le syst�me de sant� � flot consiste, � toutes fins pratiques, � combler le retard que le Qu�bec accuse face aux autres provinces ! En effet, pour que les d�penses qu�b�coises per capita rejoignent la moyenne canadienne, il faudrait injecter 1,56 milliard $. Cela force cruellement l'attention sur le d�labrement du syst�me de sant� qu�b�cois. L'objectif de soci�t� du ministre consiste donc, dans les faits, � rattraper des provinces comme le Nouveau-Brunswick. On a vu plus mobilisateur�

Ces chiffres nous rappellent �galement ce que le ministre ne dit pas. Le Qu�bec n'�tait pas en retard il y a dix ans. En 1994-95, les d�penses qu�b�coises �taient encore dans la moyenne canadienne. Et c'est pendant le r�gne du gouvernement dont il est membre que le retard s'est creus�. Cela s'explique, bien s�r, par la lutte au d�ficit. Mais il semble que le syst�me de sant� qu�b�cois a �t� plus malmen� que celui des autres provinces par l'aust�rit�. Et le Qu�bec, comme le montre le fait que la croissance des d�penses de sant� y est plus faible ailleurs, a r�investi en sant� plus tard et plus lentement que les autres. Le projet de soci�t� du ministre consiste donc � r�parer les d�g�ts de son propre gouvernement. Une d�marche inusit�e qui, en substance, consiste � dire : � On vous a mis dans le trou. Maintenant, r��lisez-nous pour qu'on vous en sorte ! �

Notons en passant que l'argument du d�s�quilibre fiscal ne peut pas venir � la rescousse du ministre. Parce que toutes les provinces doivent composer avec exactement le m�me d�s�quilibre que le Qu�bec. Et cela ne les a pas emp�ch�es de faire plus en sant�.

Poursuivons le raisonnement. M. Legault explique aussi que, selon lui, il n'est pas possible de d�gager les fonds dont a besoin le syst�me de sant� en coupant dans d'autres secteurs. L� aussi, les comparaisons interprovinciales sont d�vastatrices. Le Qu�bec consacre 32,2 % de ses d�penses de programmes � la sant�, contre 37,8 % dans l'ensemble canadien. Toutes les autres provinces ont r�duit la part de leurs autres d�penses pour consacrer plus de ressources � la sant�. Pourquoi le Qu�bec a-t-il choisi de moins faire pour la sant� ? Pourquoi est-il incapable, comme on l'a fait ailleurs, de r�duire ses autres d�penses pour investir en sant� ?

La d�marche de M. Legault nous pousse � une seule conclusion logique, qu'il refuse d'�noncer, mais qu'il ne renie pas : il n'est pas possible d'arriver � son objectif sans augmenter les imp�ts. L�, les comparaisons interprovinciales deviennent carr�ment assassines.

Nous savons depuis longtemps que les Qu�b�cois paient davantage d'imp�ts que partout ailleurs en Am�rique du Nord. Malgr� cet effort fiscal additionnel, comme on vient de le voir, les d�penses de sant� sont moindres au Qu�bec.

Et maintenant, le ministre Legault pr�pare les esprits � l'id�e suivante : pour que les Qu�b�cois aient droit � des d�penses de sant� comparables � celles des autres provinces, il faudra que leur fardeau fiscal s'alourdisse encore plus. � Vous �tes surtax�s pour des services moindres qu'ailleurs au Canada, dit-il en fait aux Qu�b�cois. Si vous voulez avoir droit � des services comparables, il faudra donc que vous soyez sur-surtax�s. � L'�quation ne tient tout simplement pas.

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Le cirque

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Sommes-nous n�s pour un petit pain ?

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Le Qu�bec prisonnier de ses mythes

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Le samedi 16 novembre 2002
Sant� : les hors-la-loi

Alain Dubuc
Le Soleil

Il y a deux semaines, la ministre f�d�rale de la Sant�, Mme Anne McLellan, affirmait, dans une entrevue � La Presse, que les propositions de l'ADQ sur le recours au secteur priv� en sant� constitueraient une violation majeure de la Loi canadienne sur la sant�.

Mario Dumont est donc hors-la-loi. Cela met le jeune chef ad�quiste dans une �trange cat�gorie o� l'on retrouve le pr�sident fran�ais Jacques Chirac, tout comme son pr�d�cesseur socialiste Fran�ois Mitterand, le premier ministre britannique Tony Blair, le chancelier allemand Gerhard Schroeder, ou le premier ministre social-d�mocrate de Su�de Goeran Persson. En effet, les r�gimes de sant� de ces pays violent tous, et pas � peu pr�s, les grands principes de la Loi canadienne sur la sant�.

Certains seront sans doute fiers que le Canada soit le seul pays � avoir le pas en Occident. On peut �galement y voir un probl�me. Celui d'une soci�t� � ce point prisonni�re de ses symboles que le d�bat d�mocratique devient impossible puisqu'un politicien qui s'�carte du droit chemin se fait accuser de violer la loi.

L'engrenage est assez similaire � ce qu'a connu le Qu�bec avec son mod�le qu�b�cois. Au Canada, surtout anglais, c'est la sant� qui sert de r�f�rence identitaire, en grande partie parce qu'elle incarne les valeurs qui distinguent le Canada des �tats-Unis. On a donc sacralis� le r�gime de sant� et on a �rig� ses pratiques en dogme.

Mais le Canada est all� plus loin que le Qu�bec dans la construction de ses mythes, ce qui n'est pas peu dire. Et c'est ainsi que le gouvernement Trudeau, dans les ann�es 80, a inscrit les valeurs du syst�me de sant� dans une loi et, en quelque sorte, fix� dans le b�ton pour les g�n�rations futures sa propre vision politique en sant� : ce sont les cinq conditions que doivent respecter les r�gimes provinciaux, gratuit�, int�gralit�, universalit�, portabilit� d'une province � l'autre et gestion publique.

Ce n'est pas une loi dans le sens o� on l'entend d'habitude. Il ne s'agit pas d'une loi p�nale et les provinces qui ne la respectent pas ne font rien d'ill�gal et ne commettent ni d�lit ni infraction. Elles risquent toutefois de se faire couper les vivres par Ottawa. Dans les faits, cette loi est un ensemble de crit�res qui d�finissent l'admissibilit� aux transferts f�d�raux.

Mais le concept de loi introduit une intensit� dramatique lourde de sens. � Mario Dumont viole la loi canadienne � impressionnera pas mal plus que � Mario Dumont ne se conforme pas aux normes f�d�rales �.

Nous sommes en fait en pr�sence d'une loi qui, au del� de sa fonction d'encadrement, joue un double r�le id�ologique. D'une part, justifier la pr�sence du gouvernement f�d�ral en sant�, qui se pr�sente comme le gardien du syst�me et de ses valeurs, et d'autre part exclure du d�bat d�mocratique les id�es qui menaceraient l'int�grit� du syst�me install� il y a un quart de si�cle. C'est ce r�le de chien de garde que pr�tend jouer Mme McLellan en demandant � ses fonctionnaires de v�rifier si le programme de l'ADQ respecte la loi. Mais en fait, elle impose un b�illon au d�bat public. Comme son pr�d�cesseur Allan Rock l'a fait dans sa croisade hyst�rique et partisane contre une loi albertaine qui permettait des chirurgies dans des cliniques priv�es, pour finalement d�couvrir que le projet de Ralph Klein respectait parfaitement la loi canadienne.

Roy Romanow, qui pr�side la Commission sur l'avenir des soins de sant� au Canada joue aussi dans le m�me registre. Ancien premier ministre n�o-d�mocrate, de surcro�t de la Saskatchewan, le berceau de Medicare, il incarne, plus que tout autre, ces valeurs dites canadiennes. Faut-il s'�tonner qu'il ait lui aussi fustig� les id�es de l'ADQ, et qu'il brandisse, de fa�on assez d�magogique, l'�pouvantail am�ricain � tous ceux qui �voquent des changements ? M�me si � peu pr�s personne ne souhaite que le Canada imite les �tats-Unis et que les exemples �voqu�s dans le d�bat public sont davantage europ�ens.

La vraie solution, pour que le Canada et le Qu�bec puissent repenser intelligemment leur syst�me de sant� mal en point, c'est de se d�barrasser de cette loi canadienne, qui consacre la confusion des genres, dont les tabous emp�chent la discussion intelligente et freinent les v�ritables r�formes.

L'ADQ, � cet �gard, a rat� l'occasion. En exposant ses propositions sur le priv� en sant�, ce parti, par amateurisme ou par habitude du flou, n'a jamais, dans son programme, soulign� que ses id�es allaient immanquablement � l'encontre de la loi canadienne, et qu'on ouvrait ainsi la porte � un d�bat majeur.

Ce ne sont pas les grands principes de justice qui sous-tendent la loi qu'il faut contester, mais la fa�on de les mettre en �uvre. Le grand principe, avec lequel une tr�s grande majorit� de citoyens seront profond�ment d'accord, c'est que jamais un citoyen doit �tre priv� de soins de qualit� parce qu'il n'en a pas les moyens.

Au Canada, nous avons choisi de croire, et nous sommes les seuls, que la seule fa�on d'y arriver, c'�tait un syst�me o� tout le monde est pareil, o� tout est gratuit et o� presque tout est public. Nous avons ensuite choisi d'imposer cette approche par une loi .

Et cela a d'importants effets pervers. Au lieu de nous demander si les gestes que l'on pourrait poser am�liorent la sant� et respectent les principes de justice, on se demande s'ils respectent la lettre de la loi. Les d�bats sur la sant� deviennent id�ologiques et on se soucie plus de l'int�grit� du r�gime que du sort des citoyens. On d�veloppe aussi une culture de l'hypocrisie et du contournement, comme on le voit avec le d�bat sur la m�decine dite � � deux vitesses �, officiellement conspu�e, mais dont l'incidence est g�n�ralis�e. On se prive enfin de pistes de solution qui pourraient am�liorer les choses.

On le voit dans la fa�on simpliste dont on aborde la question du priv�, auquel on accorde une importance d�mesur�e, soit pour y voir une menace ou pour en faire une panac�e. Dans les faits, l'exp�rience des autres pays nous montre que c'est ni l'un ni l'autre, mais que le priv�, au mieux, peut jouer un r�le d'appoint qui s'int�gre dans un ensemble de solutions.

Mais notre carcan nous emp�che, dans les faits, de nous inspirer de tous les mod�les de sant� europ�ens, aux valeurs similaires aux n�tres, mais qui explorent des pistes qui sont ici des p�ch�s mortels. Il y a des tickets mod�rateurs en France, en Allemagne, en Su�de, il y a des syst�mes priv�s parall�les et payants en France, en Allemagne, en Hollande, en Grande-Bretagne, la gestion n'est pas publique en Allemagne ou aux Pays-Bas. Et ce sont des syst�mes qui sont justes et qui vont mieux que le n�tre. Est-ce que ces approches pourraient �tre des solutions pour nous ? Peut-�tre. Mais nous le saurons jamais tant que nos id�ologues nous emp�cheront de les tester.

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