Ceci n'est pas pour en remettre, mais voici un article percutant (dont je viens de prendre connaissance- sans blague) publi� aujourd'hui dans le devoir, sign� Luc Bessette.
Il y reprend certains des �l�ments discut�s sur la liste r�cemment.
 
Laurent
 
 
http://www.ledevoir.com/dossiers/304/16622.html
 
ou
 
Libre opinion: Le sous-ministre, la loi, le mirage, le g�chis
Envoy� le mardi 17.12.2002 19:45
Luc Bessette
Vice-pr�sident du Regroupement des m�decins d'urgence du Qu�bec
 
Lettre adress�e � Bernard Landry, Premier ministre du Qu�bec
Il y a pr�s de six mois d�j�, � la suite d'une �rencontre de la derni�re chance� avec les pr�sidents des trois f�d�rations m�dicales, vous d�cidiez de vous ranger � la d�cision du minist�re de la sant� et de faire voter la loi 114. N'ayant pu obtenir la garantie absolue que toutes les urgences du Qu�bec seraient ouvertes 24 heures sur 24, vous avez d�cid� de faire appliquer cette loi autoritaire pour garantir un acc�s permanent aux services d'urgence.

Or, le jeudi 12 d�cembre, malgr� cette loi inique qui entame les libert�s civiles des m�decins d'urgence, le ministre de la Sant� Fran�ois Legault, questionn� par l'opposition lib�rale, a d� reconna�tre que les pr�tentions de son minist�re � garantir cet acc�s permanent ne sont pas remplies. Pr�cis�ment, en r�f�rence � celle de Port-Cartier, il affirmait que certaines urgences sont �moins importantes que d'autres�. Belle incoh�rence d'autant plus que, pour la population de cette r�gion �moins importante�, le gouvernement fait construire un h�pital tout neuf ! Allez comprendre�

On pourrait all�guer que ce n'est l� qu'accident de parcours et que la nouvelle loi 142 sur la r�partition des effectifs m�dicaux corrigera cette situation. Mais, avec quels effectifs nouveaux et selon quels crit�res de comp�tence ? Enfin, ne sait-on pas tous qu'il n'y aura que tr�s peu de nouveaux dipl�m�s en janvier ? De plus, concernant le volet �urgence� de la prolongation de l'entente entre la FMOQ et le MSSS, sachez aussi que les m�decins d'urgence n'ont pas �t� consult�s et qu'elle ne r�pond pas du tout � leurs attentes. Pourtant, ils avaient et ont toujours une solution viable.

�videmment, on pourrait r�torquer que, avec les groupes de m�decine familiale qui seront mis en place par la FMOQ, la population sera mieux servie et les besoins en urgence seront moindres. Je dois rendre justice � la FMOQ. Elle a ainsi su troquer, sans consultation directe de l'ensemble de sa base, une partie de l'autonomie de ses membres pour quelques centaines de millions, en sus des enveloppes budg�taires allou�es.

Cette majoration implicite des revenus des cliniques m�dicales explique vraisemblablement l'�tonnant appui du Dr Dutil � la loi 142 malgr� le d�saveu de ses membres.

Toutefois, il faut �tre na�f ou vouloir entretenir un mirage �lectoral pour croire ou faire croire que ces groupes de m�decine familiale assureront une garde parall�le de �24 heures sur 24� pour d�congestionner les urgences qui, elles, ne sont pas encore syst�matiquement couvertes  ! En a-t-on aussi fait la promesse aux gens de Port-Cartier ?�

Par ailleurs, si l'utilit� des groupes de m�decine familiale semble raisonnable pour faire le suivi de patients d�j� diagnostiqu�s, il en est tout autrement pour faire le diagnostic de conditions urgentes. Comment pourrait-il en �tre autrement en 2002 avec seulement un st�thoscope et un crayon ? Ah ! oui, on pourrait les doter de laboratoires et de capacit�s d'imagerie ? Pourquoi pas ? Quelques milliards de dollars plus tard, cela constituerait autant de petits h�pitaux�

�videmment, tout cela ne tient pas la route et on se retrouve encore une fois � la case d�part� un conflit entre la profession m�dicale et le gouvernement sur les bras et une diminution de services � la population en plus ! Quel pitoyable g�chis ! Mais, comment aurait-il pu en �tre autrement quand on conna�t la mentalit� qui pr�vaut � la direction du MSSS ?

Accusation gratuite ? Voyons donc ! J'ai �t� le premier � recevoir les �volont�s du MSSS via huissier�, le 11 juillet 2002, un soir ou je travaillais aux soins critiques de l'urgence de l'h�pital Saint-Luc ! Signifi�e par le minist�re de la Justice, la mise en demeure du sous-ministre Pierre Gabri�le exigeait que je me r�tracte aupr�s de vous pour avoir questionn� son jugement dans une lettre que je vous faisais parvenir le 2 juillet dernier.

�videmment, je ne me suis pas r�tract�. Je vous signifiais d'ailleurs le 16 juillet dernier, en r�f�rence � ce qui m'est apparu comme une tentative d'intimidation du sous-ministre, que : �Vouloir, en pareilles circonstances, b�illonner la critique des grands commis de l'�tat au moyen de l'appareil du minist�re de la Justice est indigne d'une d�mocratie.� Malheureusement, il semble bien que cette attitude du sous-ministre allait malgr� tout marquer le ton des n�gociations entre Qu�bec et la communaut� m�dicale au cours des mois suivants.

M. Landry, consid�rant que les ministres viennent et partent, il est clair que la continuit� des politiques est assur�e par les sous-ministres. Consid�rant le vaudeville de la saga m�diatique des primes vers�es � l'h�pital Sacr�-Coeur l'an dernier, consid�rant l'�chec �vident de la loi 114, consid�rant la guerre larv�e entre la profession m�dicale et le gouvernement qu'am�ne la loi 142 et dont la population fait encore les frais, ne serait-il pas sage et bien avis� de revoir qui fait quoi ? La communaut� m�dicale vous le demande, la population le m�rite.
 
 
 

Répondre à