On me demande de la part d'un orateur au congr� m�diterran�en de lm�decine d'urgence
(inscrivez vous pour le 14 septembre l�, en Catalogne:
Quel est le dilemne �thique qui caract�rise les urgences dans votre pays ?
Qu'en pensez-vous ?
je r�pondrais bien "to be or not to be" (un urgentiste) autrment dit rester ou pas aux
urgences.
Et vous ?
HAMLET - Etre ou ne pas �tre, c'est la question : est-il plus noble de souffrir dans
l'�me les frondes et les fl�ches d'une Fortune enrag�e, ou de prendre les armes contre
une mer de d�tresse, et d'en finir en s'y opposant ? Mourir, dormir, pas plus ; et se
dire que par le sommeil nous mettons fin � la souffrance du coeur, et aux mille
assauts naturels dont la chair est l'h�riti�re ; c'est l� la consommation finale que
l'on doit avec ferveur souhaiter. Mourir, dormir ; dormir -peut-�tre r�ver-, ah, voil�
l'obstacle ; car quels r�ves peuvent venir dans ce sommeil de la mort, quand nous
aurons rejet� ce mortel tintamarre, voil� qui doit nous faire h�siter. C'est cette
r�flexion-l� qui donne aux calamit�s une vie si longue. Car qui voudrait supporter les
coups de fouet et les m�pris de ce monde, l'injure de l'oppresseur, l'outrage de
l'orgueilleux, les angoisses de l'amour d�daign�, les d�lais de la justice,
l'insolence des gens en place, et les rebuffades que le m�rite patient doit endurer de
la part des indiges, si par un quitus il pouvait r�gler lui-m�me toutes ses dettes par
un simple poignard ? Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie
accablante, si cette terreur de quelque chose, ce pays inexplor� dont aucun voyageur
n'a travers� les fronti�res, n'�garait notre volont�, et ne nous faisait plut�t
supporter les maux qui sont les n�tres que de nous enfuir vers d'autres dont nous ne
savons rien. C'est ainsi que la conscience fait de nous des l�ches, et que la couleur
native de la r�solution s'�tiole sous le teint p�le de la contemplation, et des
entreprises importantes et de haute vol�e, � la suite de ces consid�rations, se
d�tournent de leurs cours, et perdent le nom m�me de l'action. Mais, doucement,
maintenant. Voici la belle Ophelia ! Nymphe, dans tes pri�res, souviens-toi de tous
mes p�ch�s !
(Version fran�aise par Andr� Lorant, �d. Aubier, 1988)
Hamlet's Soliloquy
To be, or not to be
To be, or not to be: that is the question:
Whether 'tis nobler in the mind to suffer
The slings and arrows of outrageous fortune,
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them? To die: to sleep;
No more; and by a sleep to say we end
The heart-ache and the thousand natural shocks
That flesh is heir to, 'tis a consummation
Devoutly to be wish'd. To die, to sleep;
To sleep: perchance to dream: ay, there's the rub;
For in that sleep of death what dreams may come
When we have shuffled off this mortal coil,
Must give us pause: there's the respect
That makes calamity of so long life;
For who would bear the whips and scorns of time,
The oppressor's wrong, the proud man's contumely,
The pangs of despised love, the law's delay,
The insolence of office and the spurns
That patient merit of the unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? who would fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life,
But that the dread of something after death,
The undiscover'd country from whose bourn
No traveller returns, puzzles the will
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of?
Thus conscience does make cowards of us all;
And thus the native hue of resolution
Is sicklied o'er with the pale cast of thought,
And enterprises of great pitch and moment
With this regard their currents turn awry,
And lose the name of action.-- Soft you now!
The fair Ophelia! Nymph, in thy orisons
Be all my sins remember'd.
--- URG-L
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