Title: Avant de jeter la pierre...

“Plus je me dis qu’on s’est vraiment fait fourrer par nos amis de la FMOQ
dans cette histoire et qu’encore une fois, ce sont les jeunes m�decins
qui sont sacrifi�s au front pour r�gler les probl�mes du syst�me”

D�sol� de te contredire, le Dr Dutil a vu passer 8 ministres de la Sant�
et est un bonhomme que tu esp�re avoir de ton bord de table lors d’une
n�gociation.  Il a fait le pari que les m�decins s’auto-r�guleraient eux-m�mes
lors de la derni�re n�go.  Autrement dit, il esp�re que les trous des AMP
se rempliront partout par les m�decins omnipraticiens sans que le DMRG
ne soit oblig� de faire du tordage de bras.

Je n’ai que 9 ans de pratique, disons que j’ai le “bras dans le tordeur” pour
un bout de temps encore.  Dire que ce sont les jeunes m�decins qui sont
sacrifi�s ne tient vraiment pas compte des milliers de docteurs qui ont
moins de 20 ans de pratique et travaillent en bureaux et CLSC et se font
envoyer des lettres par la RAMQ les enjoignant � inclure des AMP dans
leur profil de pratique sous peine de p�nalit� de 30% de leur salaire.

La pratique m�dicale � tellement chang� dans les derni�res ann�es
qu’il est plus sage de faire revenir � l’h�pital un m�decin qui l’a quitt�
il y a 5 ans qu’un m�decin qui l’a quitt� il y a 15 ans.

Dans une situation de p�nurie, il n’y a qu’une fa�on �l�gante de s’en
sortir, il faut que tout le monde mette l’�paule � la roue si on veut aller
quelque part.  On peut d�cider de le faire volontairement, comme le
Dr Dutil l’esp�re encore, ou encore y �tre forc�.  �tre forc�, �a s’appelle
un d�cret et personne ne voudrait voir �a appliqu� au Qu�bec.

Salutations,

Claude Rivard

 

 

Salut Claude,

 

Ton exp�rience et tes commentaires sont toujours tr�s instructifs.

 

O� j’ai une vision diff�rente de toi, avec 15 ans de recul, c’est au niveau des jeunes docteurs. Je crois qu’effectivement ce sont les � jeunes � docteurs qui ont �t� sacrifi�s depuis le d�but. C’est simplement que la notion de � jeune � a vieillie avec les ann�es.

Il y a un � cut-off � sur le mot jeune qui situe le permis de pratique au d�but des ann�es 80, et qui fait oublier aux plus jeunes la strat�gie de la FMOQ qui est une organisation syndicale, et qui comme toute bonne organisation syndicale attribue beaucoup de valeur � � l’anciennet� �, � la pr�servation � d’acquis � de certains membres, et au bien-�tre de la � majorit� ? � de ses membres.

 

Je n’ai pas les ann�es exactes, mais environ en -83 : 3 ans � 70% pour ceux qui demeurent en ville, cut-off environ 1980.

D�but ann�es -90 : 10 ans AMP, cut-off, d�but ann�es 80.

D�but ann�es 2000 : 20 ans AMP, cut-off d�but ann�es 80.

Qui prends le parie AMP � 30 ans vers 2010 ?

 

Tu vois, moi je suis toujours dans l’ann�e qui se � lib�re � pour �tre repris un an plus tard. Certains coll�gues l�g�rement plus vieux n’ont � jamais � eu de contraintes et n’en auront � jamais �.

 

Hors, ces mesures ne p�nalisent pas uniquement les plus jeunes, mais �galement ceux qui ont un permis ant�rieur � 1980 et qui ont fait le choix d’exercer dans des activit�s plus ingrates et moins bien r�mun�r�es par rapport � la charge de travail.

 

Car si la FMOQ avait r�ellement opt�e pour l’autor�glementation, elle n’aurait pas choisie un moyen coercitif comme les AMP. Elle aurait choisi un moyen incitatif, comme de r�partir la masse mon�taire en fonction des activit�s jug�es prioritaires et laiss�es pour compte par les omnis. Cela n’aurait pas n�cessairement co�t� plus cher au gouvernement. La m�me masse mon�taire aurait pu �tre r�partie diff�remment. Certains omnis auraient cependant �t� perdants, et la FMOQ n’a pas fait ce choix. Quand trop d’omnis se seraient ru�s vers les activit�s prioritaires parce que trop payantes, on aurait r�parti progressivement �et diff�remment la masse mon�taire �jusqu’� obtenir l’�quilibre. Et OUI, les docteurs r�pondent en g�n�ral assez bien � l’attrait de la masse mon�taire et assez mal aux horaires ingrats. Et dans les activit�s prioritaires o� il manque de docteurs, l’urgence n’a pas le monopole, m�me si elle a sa place.

 

Personnellement, je n’aurais pas trop de difficult� � accepter qu’une journ�e de travail sur semaine en urgence soit r�mun�r�e environ au m�me tarif que pour le m�decin qui se tape un �bon sans-RV (mon salaire augmenterait) ou un m�decin qui fait un bon suivi de sa client�le en bureau. Mais les fins de soir�e, les nuits, les fins de semaine et les f�ri�s, alors l� ! �J’aimerais bien voir des moyens incitatifs pour attirer d’autres docteurs qui se r�partiraient la t�che ingrate. Et puis, la nuit serait un peu moins ingrate si elle �quivalait � 2 jours de travail et permettait ainsi de s’offrir une journ�e de cong� suppl�mentaire pendant la semaine ou toute autre � g�terie �.

 

Les AMP sont dans le coercitif, et qu’ils soient instaur�s par le gouvernement, ou par la FMOQ qui tient � pr�server des � acquis � pour certains de ses membres, c’est pour moi du pareil au m�me. Personnellement, je n’appartiens plus � la FMOQ, mais je trouve cela r�voltant pour ma conjointe et mes coll�gues qui en font partie.

 

Bonne r�flexion

 

Pierre Beaupr�

 

 

 

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