2 concepts ne sont pas pris en ligne de compte par les formules, que ce soit les heures de forfaits ou le nombre de patients à l'heure:
1) les médecins d'urgence ne prennent jamais leur vacances les uns après les autres. Il y a au contraire tendance naturelle à vouloir être en vacances l'été et à Noël. Ceci implique qu'il faut plus de médecins pour couvrir l'été que ce que la formule mathématique indique, car elle assume que les vacances sont réparties également dans toute l'année.
2) Les médecins en congé de grossesse et en congé de service ou de maladie font partie du PEM selon ma compréhension. Il faut donc en tout temps environ 2 médecins ETP de plus selon la grosseur du département pour ne pas se retrouver toujours à court. N'oublions pas que la plupart de nos recrues sont maintenant des jeunes femmes qui veulent bâtir une famille.
Par ailleurs, j'ai fait le calcul avec les 2 méthodes pour HMR et j'arrive au même résultat: j'aurais deux médecins de trop!! Alors que je veux encore en recruter deux ETP et que la liste de garde de l'été a été difficile à combler. En plus je ne te dis pas à quel point le temps d'attente est long en ambulatoire chez nous... le débit maximal est au mieux de 4 patients à l'heure et nous sommes toujours débordés de patients.
Conclusion: cet outil ne reflète pas la charge de travail souhaitable pour les département de médecine d'urgence à mon avis.
J'espère Claude que tu pourras tenir compte des réactions de la liste lors de tes prochaines rencontres. Pour ma part je resterai vigilant à la Table des Chefs d'Urgence de Montréal et au DRMG de Montréal Centre. Il ne faudrait pas que ce document de consultation devienne la règle de calcul définitive et soit imposé par le MSSS avec l'aval de la FMOQ.
Merci.
Bernard Mathieu, MD
Le 05-05-26, à 12:39, Pierre Beaupré a écrit :
<x-tad-bigger>Claude, tu vas finir par m’avoir à l’usure !</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>Je retiens une conclusion de tes réponses : </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>La charge de travail suggérée par le guide de gestion et l’AMUQ (peu importe le papa), est inacceptable pour la FMOQ-MSSS comme base de travail d’un médecin d’urgence pour définir un ETP qui serait la base commune à toutes les urgences. Il faut lâcher URG-L comme le disait Pierre Hamel et faire plus de clinique.</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>Je voudrais repréciser par ailleurs comme déjà mentionné dans un courriel précédent qu’en établissant le ¼ de la population à plus de 75 ans en ambulatoire, il faut voir 49 patients en 8 heures. Si on en a moins du ¼, il faut en voir plus de 50. Dans une urgence où il existe des cliniques et du walk-in dans les environs, et où la clientèle se présente avec des problématiques bio-psycho-sociales pré-triées par les services de la communauté, je crois que la moyenne de 3-4 patients à l’heure (24 à 32 patients par 8 heures) est le plus souvent la norme. 6 patients à l’heure (48 patients total) se rencontre davantage dans les urgences qui sont de grosses cliniques externes. Donc, les méthodes de calcul N’ARRIVENT PAS AU MÊME RÉSULTAT.</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>PREM et PEM sont différents ? Dans le cas d’un PREM fermé, plus on accorde de nombre et de temps d’activités médecins dans les PEM d’omnipraticiens des établissements, moins il en reste pour les activités hors établissement tel les activités de bureau. La FMOQ l’a bien comprise, NOUS AUSSI.</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>Pour terminer, si c’est véritablement un document de consultation, les réponses sur URG-L vont toutes dans le même sens jusqu’à maintenant : ON AIME PAS.</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>Si par contre, comme c’est systématiquement le cas dans notre système de santé, la consultation s’effectue une fois les décisions prises, alors, il faudra continuer de bien justifier les décisions. Elle sont plutôt indigestes.</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>Pierre Beaupré</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>P.S. Claude, les réponses te sont adressées car tu as pris le lead de défendre le document FMOQ-MSSS. Je trouverais regrettable que cet échange sur le document éclipse l’excellent travail que tu réalises depuis plusieurs années dans les dossiers concernant l’urgence.</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger> </x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>De :</x-tad-bigger><x-tad-bigger> [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] </x-tad-bigger><x-tad-bigger>De la part de</x-tad-bigger><x-tad-bigger> Claude Rivard</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>Envoyé :</x-tad-bigger><x-tad-bigger> 25 mai, 2005 21:31</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>À :</x-tad-bigger><x-tad-bigger> [email protected]</x-tad-bigger>
<x-tad-bigger>Objet :</x-tad-bigger><x-tad-bigger> URG-L: Dernière clarification</x-tad-bigger>
Le 25/05/05 13:00, « Julien Poitras » <[EMAIL PROTECTED]> a écrit :
Je suggère une lecture du document avec une petite toune de jazz tranquille comme ambiance.
SVP porter attention aux encadrés, ils ne sont pas là pour rien.
Claude
HHhmmm, Ok.
Voyons cet encadré :
« IMPORTANT
Il faut bien distinguer la notion d’ETP de celle de temps plein que se donne par exemple un groupe ou
une association pour définir un nombre optimal de quarts de travail pour des considérations de qualité de
vie professionnelle, comme les médecins d’urgence par exemple qui proposent qu’un membre à temps
plein fasse un maximum de 12 quarts de travail par 4 semaines. »
J'essaie de comprendre pourquoi cet encadré est là.
Je tente une hypothèse : Nous démontrer un certain manque de connaissance des auteurs quant de l'histoire de la médecine d'urgence de ces dernières années ? Parce que dans les faits, L'AMUQ (quel autre groupe ou association peut bien être visé par cet énoncé ?) ne s'est pas donnée cette définition, mais bien le MSSS lui-même qui en fait une recommandation dans son Guide de gestion.
********************************
Je vais t’expliquer pourquoi cet encadré est là.
Voyons un autre petit paragraphe:
“Le Conseil d’administration désire rappeler à l’ensemble des membres, et particulièrement à ceux qui sont impliqués
dans la gestion de leur unité d’urgence, la parution du Guide de gestion de l’unité d’urgence en décembre 2000.
Ce Guide, qu’endosse pleinement le Conseil d’administration de l’AMUQ est à même, à notre avis, de donner des
outils valables et significatifs aux structures hospitalières et d’atténuer les problèmes d’engorgement”.
Journal de l’AMUQ numéro 15, Printemps 2001, page 17. C’est signé par le président l’AMUQ de l’époque, toi-même...
Et rebelote:
“La charge de travail doit répondre aux normes du Guide de gestion”.
4e proposition du document conjoint ASMUQ-ReMUQ-AMUQ intitulé “Document sur la crise des urgences”
présenté au ministre Legault, alors ministre de la Santé et des Services Sociaux.
Tu as raison, on ne s’est pas donnée cette définition.
Je tente une hypothèse: elle nous a été imposée par la force ;¬)
*********************************
En voici un extrait (p. 30) :
Le nombre de médecins requis
Le nombre de médecins requis sur place doit être établi en fonction des besoins de la clientèle. Il faut exclure les étudiants en médecine de tous les niveaux dans le calcul des ressources médicales puisque leur présence est liée à l’enseignement et non au débit des soins.
Suivant la lourdeur des cas (âge, sévérité…), le ratio suivant est recommandé:
• Nombre de patients sur civière par médecin par heure: 1 à 2
• Nombre de patients ambulatoires par médecin par heure: 3 à 6
************************************
Je vais y aller tranquillement, pas besoin de calculatrice cette fois-ci.
Première constatation, il y a 60 minutes dans une heure partout sur le globe!
Seconde constatation, 1 à 2 patients-civière à l’heure donne donc 30 à 60 minutes par patient par médecin.
Troisième constatation, 3 à 6 patients ambulatoires à l’heure donnent un gros 20 minutes et un ptit 10 minutes
par patient par médecin.
Extrait du document conjoint FMOQ-MSSS (tableau page 12):
“Calcul selon les paramètres suivants:
40 minutes/civière moins de 75 ans, 60 minutes/civière plus de 75 ans.
8 minutes ambulatoire moins de 75 ans et 15 minutes ambulatoire plus de 75 ans.
Viande à chien....les chiffres se ressemblent en maudit!
Et on continue....
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Le profil du médecin d’urgence à plein temps
Les DSMU performants sont souvent ceux où les praticiens ont investi une portion significative de leurs activités dans des tâches clinico-administratives. De plus, il est bien démontré dans la littérature que l’attrition des médecins d’urgence est diminuée lorsque ces derniers s’impliquent dans des activités clinico-administratives. Le profil du médecin d’urgence à plein temps est le suivant: près de 50% du temps consacré au travail clinique, 50 % à des tâches clinicoadministratives et/ou à l’enseignement et/ou à la recherche (Chinnis et al., 2000; Meislin et al., 1992; Kristal et al., 1999; Sanders et al., 1988). Ce profil du médecin plein temps à l’urgence est garant d’une longue carrière en médecine d’urgence. Comme les médecins doivent s’impliquer dans les dossiers que l’unité d’urgence juge prioritaires, le nombre total de médecins doit être ajusté en tenant compte des activités à accomplir. Il est raisonnable de penser qu’un médecin de l’urgence travaillant à plein temps dans son milieu et étant impliqué de façon importante dans des activités clinico-administratives puisse effectuer jusqu’à un maximum de 24 heures de soins aux patients par semaine (moyenne de 18 heures). En plus du niveau d’implication aux activités clinico-administratives, ce nombre d’heures doit être modulé en fonction de la lourdeur de la tâche clinique et des ressources du milieu.
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Les dossiers jugés prioritaires touchent souvent des activités médico-administratives qui sont dans nos obligations de pratique et
liées avec nos privilèges hospitaliers (mortalité-morbidité, évaluation de l’acte médical, enseignement, création et révision des
protocoles, présentation scientifique, etc...). Dans tous les hôpitaux, les privilèges ont toujours été associés avec des obligations.
Pour les autres activités non-liées avec nos privilèges (liste de garde, réunion médico-nursing ou encore les palpitantes
réunions à l’Agence régionale), le forfait du chef de l’urgence est partageable avec des adjoints (60%/40%) pour la plus
grande joie des médecins impliqués. On ne retrouve pas ça dans beaucoup de départements hospitaliers à ma connaissance.
Par ailleurs, soyons réalistes, l’implication des médecins dans un département est extrêmement variable entre les individus
et dans le temps pour une même personne. Ça fait toute la différence du monde pour un département si seulement 4 ou 5
individus s’impliquent au lieu d’avoir un groupe qui ne fait que ses quarts assignés.
Donc inutile de se plaindre que les médecins d’urgence croulent sous les tâches médico-aministratives, nos confrères
et consoeurs qui font aussi un travail hospitalier ont les mêmes que les nôtres. Ça va faire le nombrilisme!
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De plus, est-ce pour des considérations de qualité de vie professionnelle que ça a été écrit ou pour des questions de qualité de pratique et de qualité des soins ? Ça demeure une interprétation.
Mais là, j'imagine qu'on sera d'accord que ce n'est pas le passage le plus fort de ce « document de consultation » déjà cours d'application dans quelques régions du Québec...
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Tu as raison, personnellement je trouve l’introduction vachement mieux ficelée...
Bye,
Claude
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Julien
