Des urgentologues dénoncent les débordements

Émilie Côté

La Presse

Une fois de plus, des médecins de l'hôpital Charles-LeMoyne, à Longueuil, contestent la direction. Des urgentologues sont restés à la maison hier matin pour dénoncer le non-respect d'une entente concernant le débordement des urgences.

Ratifiée le 17 janvier dernier, l'entente prévoyait un «plafond temporaire» de 49 civières occupées à la fois, qui devait éventuellement être abaissé à 39. «L'hôpital a un permis pour 39», indique le chef du département, le Dr Bruno Baril.

Jusqu'à nouvel ordre, des urgentologues de l'hôpital Charles-LeMoyne resteront à la maison dès que le plafond de 49 civières sera dépassé. C'est le mot d'ordre. «Nous ne sommes pas en mode débrayage, mais en mode respect de l'entente», signale le Dr Baril.

Le chef du département des urgences - deuxièmes en importance au Québec - assure que «les urgences vitales seront prises en charge».

Hier matin, 62 civières étaient occupées. Pour protester, trois des quatre urgentologues à l'horaire sont restés à la maison. «S'il y a 60 patients, ils sont au moins sept ou huit dans des salles d'examen. Nous ne pouvons plus rencontrer de nouveaux patients et l'attente se prolonge, fait valoir le Dr Baril. Nous nous tournons les pouces.»


Situation rétablie


En après-midi, la direction de l'hôpital a rencontré le Dr Luc Boileau, directeur général de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie. Selon nos informations, le ministre Philippe Couillard est également intervenu. En fin de journée, le nombre de patients avait chuté à 49. L'entente avec la direction étant respectée, les urgentologues ont repris le travail.

Selon le Dr Baril, la direction a fait «une opération maquillage». «La direction a déployé des mesures qui auraient dû être déployées avant.» Depuis le 22 janvier, la direction dénombre six jours où le plafond de 49 civières a été dépassé.

Récemment, plusieurs groupes de médecins ont critiqué la direction de l'hôpital Charles-LeMoyne. En novembre dernier, 50 médecins spécialistes ont fait une sortie publique pour dénoncer l'annulation de chirurgies. Il y a un mois, sept médecins du programme de traumatologie ont démissionné en bloc.

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