L'hypnose, la bulle antidouleur
Louise Lemieux
Le Soleil
L'hypnose gagne tranquillement ses lettres de noblesse chez les professionnels 
de la santé. Quelque 125 psychologues, dentistes et médecins du Québec font 
partie de la Société québécoise d'hypnose (SQH). Quand ils utilisent la 
technique, ces professionnels sont soumis à leur code de déontologie respectif, 
garantie d'une pratique éthique.
En Europe, l'hypnose est beaucoup plus acceptée qu'ici, précise Michel Landry, 
président de la SQH. À l'hôpital la Salpêtrière de Paris, l'hypnose est 
fréquemment utilisée dans le département d'anesthésie. On y offre même un 
diplôme en hypnose médicale. À l'hôpital pour enfants Robert Debré, de Paris, 
on a recours à l'hypnose pour diminuer l'anxiété des patients qui doivent subir 
des procédures médicales plus stressantes.

Au Québec, cette pratique est encore victime de préjugés. On l'associe au 
spectacle et au cirque. «Quand un client a recours à l'hypnose, c'est bien 
souvent après bien des démarches auprès de la médecine traditionnelle», 
constate M. Landry.

Que ce soit chez le dentiste ou chez le psychologue, tous sont candidats à 
l'hypnose, assure-t-il. «Mais les meilleurs sujets sont ceux qui acceptent de 
se laisser aller. Pour ceux qui ont plus de mal, cela pourra prendre quelques 
séances, mais on y arrive», dit M. Landry, qui est psychologue.







«Les créateurs, les artistes sont plus faciles à hypnotiser parce qu'ils ont 
plus d'imagination», constate de son côté Richard Thériault, dentiste à 
Rivière-du-Loup. Il ne se sert pas aussi souvent qu'il le voudrait de l'hypnose 
dans son travail. «Les patients sont réticents. Ils ont peur de ne plus être 
maîtres d'eux-mêmes. À tort.»

L'hypnose, c'est comme entrer dans une bulle, être très absorbé. C'est un état 
très relaxant.

«Ç'a l'air magique, mais ça ne l'est pas», soutient Michel Landry. Une personne 
très absorbée dans une tâche se met naturellement en état d'hypnose, selon lui. 
L'hypnose serait donc un état naturel, peu exploité.


Aussi utilisée en psychologie


Madeleine Granger et Fabienne Gagnon utilisent fréquemment l'hypnose dans leur 
pratique de psychologue. «Pour nous, c'est un outil parmi d'autres. On 
l'utilise dans le cadre d'une thérapie, jamais à la première rencontre», 
précise Mme Granger.

Quand la personne est sous hypnose, le psychologue peut faire des suggestions 
qui aideront le client à se débarrasser de phobies, de troubles émotionnels, 
d'anxiété. L'hypnose mobilise l'inconscient de l'individu. «Et l'inconscient 
d'un individu fait toujours ce qui est bien pour lui», précise Mme Granger.

Par exemple, raconte Fabienne Gagnon, au patient qui manque de confiance en lui 
elle fera vivre, sous hypnose, des situations dans lesquelles il surmonte tous 
les obstacles. En cours de séance, elle lui suggérera : «Serre les poings. Dans 
tes poings, tu sens la confiance en toi. Chaque fois que tu vas serrer les 
poings, tu la ressentiras». Même en dehors de la séance d'hypnose et hors du 
bureau du psychologue, le client sentira l'assurance revenir... chaque fois 
qu'il serrera les poings.

Pour les psychologues, l'hypnose permet de mobiliser les ressources intérieures 
de l'individu. L'hypnose est un état dans lequel le patient accepte d'aller.

Répondre à