Cas interessant vu cette nuit.

Patient de 38 ans,priapisme depuis 10h00 le AM (et je le vois a 23h00 PM).En 
fait,se plaignait de "douleur au gland" et de "difficulte a uriner" (plainte au 
triage)et n'a pas fait mention de l'erection persistante.C'est en jetant un 
coup d'oeil que j'ai remarque le corps du delit.

Pas d'uro dans le coin,donc j'ai procede au traitement.D'abord un peu de glace 
et une ativan.Pas de terbutaline ps dans le coin,donc passage a l'aspiration de 
30 cc de sang du corps caverneux.Puis devant l'echec de la manoeuvre,debut de 
tx par injections repetees de phenylephrine intyra-caverneux/

De maniere interessante,la petite recherche emedicine que j'ai prealablement 
faite mentionnait l'utilisation de neosynephrine 10 mg diluee dans 500 cc de 
solute et recommendait des injections de 10 a 20 cc aux 10-15 minutes.Ca me 
semblait bien du volume...J'ai discute d'abord avec un urologue consultant qui 
m'a donne une recette plus convenable,soit 10mg (une ampoule de 1cc) diluee 
dans 40 cc de Nacl.9% donnant donc une concentration de 250mcg par cc.A 
injecter Q 5,10 ou 15 minutes.Approche laterale,a la base du penis.Eviter la 
face dorsale (bundle neuro vasculaire)et eviter bien sur la face ventrale du 
penis(corps spongieux)pour eviter des traums a l'urethre.

La procedure a bien fonctionne...apres 6 doses de 1cc.deux a droite et deux a 
gauche,plus pour changer le mal de place que pour autre chose,car suffisamment 
d'anastomoses existent au sein des corps caverneux pour n'avoir qu'a utiliser 
un seul point d'injection.

Il en avait un peu marre,mon pauvre patient.Surtout a la sixieme...Difficile 
d'offrir une analgesie ou une narcose adequate compte tenu de la dure 
potentielle de l'intervention (qui peut s'etaler sur plus d'une heure,voire 
plus).Pas evident non plus de gerer cela en continuant a faire fonctionner 
l'urgence et voir des patients.

Ca m'a permis de faire une petite revue du sujet.C'est la premiere fois de ma 
moyenne-longue carriere d'urgentiste ou j'administre ce Tx,ca ne doit pas 
courir les rues.On distingue les priapismes "high flow" d'origine arterielle et 
generalement traumatique,et les priapismes "low flow" de stase veineuse.Dans le 
cas de mon patient,pas de drogues,pas de syndrome de la queue de cheval,pas de 
trauma,pas de viagra,pas d'histoire d'anemie falciforme ou leucemie ,seulement 
l'utilisation de zyprexa depuis quelques mois,a faible dose.Cause probable,par 
exclusion.

Il est reparti heureux...A votre avis,aura-t-il peur d'avoir une erection de 
nouveau? Mechant feed-back negatif...

C.

PS:en discutant avec l'uro a l'autre bout du fil (qui n'avait jamais procede a 
ce type d'injection non plus),il m'a parle d'une eventuelle incision pour creer 
un shunt arterio-veineux en cas d'insucces de la procedure d'injection 
intra-caverneuse..."Facile"apparemment.J'avoue que je n'ai pas ecoute."Over my 
dead body"si je me lance la-dedans,mesuis-je dit.Vous connaissiez?

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