Pourquoi les urgences sont-elles (et seront toujours!) engorgées Cet été, les démissions de chefs, les crises par manque de personnel (tant médical quinfirmier) ont fait rage encore plus intensément dans nos salles durgences. Les lettres, entrevues et reportages sur les situations précaires voir chaotiques des départements durgences dans beaucoup de régions se succédèrent dans les médias. Celle de Marie-Charlotte n'est que la plus récente.
La question demeure : Pourquoi (malgré les promesses, les engagements, les incitatifs, les budgets) ne parvient-on pas à améliorer substantiellement (ou qui sait peut-être même résoudre!) la crise continuelle des urgences? Après mûres réflexions une réponse se pointe : On ne peut pas changer la nature humaine ainsi la situation perdurera. Réponse simpliste me direz vous, mais pensez-y bien pour un moment. Navez-vous pas un placard « fourre tout » dans votre appartement? Ne possédez-vous pas une « chambre à débarras » dans votre maison? Qui na pas une zone où le désordre perpétuel, le cafouillis continuel règne, après tout on ne peut avoir de lordre et du contrôle sur 100% de notre existence. Pour lhôpital, cest un peu la même chose. On ne peut pas composer avec toutes les demandes de soins et toutes les carences (locaux, personnel soignant et de soutien) alors on opte pour « concentrer » le désordre et le chaos principalement dans un secteur lurgence. Historiquement cest ce qui se fait partout au Québec et dans le reste du Canada. On y ajoute des annexes, des corridors, des locaux temporaires, des unités de débordements (!!) et on y place « lexcédent ». Derrière les rideaux et les paravents, le problème semble mâté, la situation contrôlée. Rien ne paraît trop dans les statistiques quotidiennes et les malades auront, un moment donné (dans quelques jours ou semaine(s)!!!), un vrai lit dhôpital, à létage. Cest ainsi quon réalise que la lumière au bout du tunnel nexiste pas et que nous demeurerons à tout jamais la victime dun système qui non seulement tolère, mais permet voire encourage la surcharge de ses urgences (on doit bien mettre les malades quelque part). Ne vous demandez donc pas pourquoi il est devenu si difficile dy attirer (ou d'y retenir) médecins et infirmières. Pierre Bourassa Gatineau
