Je me permet une brève intervention puisque je trouve que tout ne va pas si mal que cela.

Il est clair comme de l'eau de roche que la situation de congestion qui prévaut dans les urgences est demeuré sensiblement la même ... du point de vue quantitatif. Il n'en demeure pas moins que depuis quelques années, on note des changements importants du point de vue qualitatif.

Tu as raison, le niveau de compétence s'est bonifié sensiblement. Ceci est la résultante de l'investissement des équipes dans leur milieu et surtout dans leur département. Le souci du maintien des compétences et le partage interdisciplinaire.

Je me souviens de la croisade de la création des départements de médecine d'urgence qui ne date pas de très longtemps. Ceci a eu un impact important sur notre mission.

Il faut aussi noter les gains considérables dans l'organisation physique des urgences qui sont maintenant construites suivants les recommandations des médecins d'urgence. Je pense à l'urgence du CHUL, Saint-François d'Assise, Cité de la Santé, Chicoutimi en plus de toutes celles qui verront leur plan aboutir sous peu comme Sacré Coeur et Enfant-Jésus.
C'est un gain considérable.

De plus, nous avons réussi un gain important en sensibilisant les gens sur le fait que la problématique de l'urgence est une problématique de l'hôpital, du réseau, du système. C'est un gain incroyable aussi qui va faire du chemin aussi.

Et que dire de la reconnaissance de la spécialité en médecine d'urgence... et de bien d'autres gains (l'informatisation par exemple)

Évidemment, je trouve aussi que nous avons des problèmes criants comme la pénurie des effectifs (MDs et infirmières), la bataille des PREMs. la bataille des forfaits, l'accès aux lits etc ...

Toutefois, il faut reconnaître que nous avons fait un pas géant depuis 1999

PH

Le 07-09-21 à 12:12, Catherine Bich a écrit :

Vision sans doute un peu pessimiste,mais…difficile de ne pas être d’accord avec toi.Peu de choses ont changé en 20+ années.Ce qui doit bien vouloir dire que peu de choses changeront.

Ce qui a changé,par contre,c’est à mon avis la compétence des gens qui travaillent à l’urgence,urgentologues compris.De ce côté- là,d’immenses progrès ont été accompli,vraiment immenses.La qualité des soins prodigués est à mon avis nettement meilleure qu’il y a 20 ans.Personnel médical plus qualifié et souvent « consacré » à l’urgence,personnel infirmier qui a aussi accru ses compétences et ses connaissances au contact d’urgentologues dédiés à ce type de pratique,etc,etc.

Dommage que le cadre n’ait pas suivi.

C.


De : [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] De la part de Pierre Bourassa
Envoyé : 21 septembre 2007 11:50
À : [email protected]
Objet : URG-L: Pourquoi les salles d'urgences seront éternellement bondées

Pourquoi les urgences sont-elles (et seront toujours!) engorgées
Cet été, les démissions de chefs, les crises par manque de personnel (tant médical qu’infirmier) ont fait rage encore plus intensément dans nos salles d’urgences. Les lettres, entrevues et reportages sur les situations précaires voir chaotiques des départements d’urgences dans beaucoup de régions se succédèrent dans les médias. Celle de Marie-Charlotte n'est que la plus récente. La question demeure : Pourquoi (malgré les promesses, les engagements, les incitatifs, les budgets) ne parvient-on pas à améliorer substantiellement (ou qui sait peut-être même résoudre!) la crise continuelle des urgences? Après mûres réflexions… une réponse se pointe : On ne peut pas changer la nature humaine… ainsi la situation perdurera. Réponse simpliste me direz vous, mais pensez-y bien pour un moment. N’avez-vous pas un placard « fourre tout » dans votre appartement? Ne possédez-vous pas une « chambre à débarras » dans votre maison? Qui n’a pas une zone où le désordre perpétuel, le cafouillis continuel règne, après tout on ne peut avoir de l’ordre et du contrôle sur 100% de notre existence. Pour l’hôpital, c’est un peu la même chose. On ne peut pas composer avec toutes les demandes de soins et toutes les carences (locaux, personnel soignant et de soutien) alors on opte pour « concentrer » le désordre et le chaos principalement dans un secteur… l’urgence. Historiquement c’est ce qui se fait partout au Québec et dans le reste du Canada. On y ajoute des annexes, des corridors, des locaux temporaires, des unités de débordements (!!) et on y place « l’excédent ». Derrière les rideaux et les paravents, le problème semble mâté, la situation contrôlée. Rien ne paraît trop dans les statistiques quotidiennes et les malades auront, un moment donné (dans quelques jours…ou semaine(s)!!!), un vrai lit d’hôpital, à l’étage. C’est ainsi qu’on réalise que la lumière au bout du tunnel n’existe pas et que nous demeurerons à tout jamais la victime d’un système qui non seulement tolère, mais permet voire encourage la surcharge de ses urgences (on doit bien mettre les malades quelque part). Ne vous demandez donc pas pourquoi il est devenu si difficile d’y attirer (ou d'y retenir) médecins et infirmières.

Pierre Bourassa
Gatineau



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