L'urgence n'est pas le problème, ni la solution. E'est devenu (par défaut)
la seule place accessible avec des délais raisonnable(!!!!)pour les malades
sans médecin (de plus en plus nombreux en dehors des centres universitaires
de mtl, qc et sher.).  Elle est devenue, (là encore par défaut) la place où
l'on voit les malades en consultations (faute de cliniques externes), la
place où l'on stationne le malades en attente d'un lit à l'étage ET MÊME
D'UN MÉDECIN QUI ACCEPTERAIT D'ADMETTRE!!! (patient orphelins devant pris en
charge et traités quelques jours/semaine (oui, j'en ai vu)par le médecin de
garde à l'urgence).  L'urgence est devenu l'anti-chambre des soins qui garde
le pt intubé qq heures/jours... le temps qu'il y ai assez de personnel aux
SI pour qu'on y monte le patient.
 
Bref sa mission s'est altérée, à son insu, et devient forcée le rôle d'une
unité de soins médicaux, chirurgicaux, psychiatriques et de SI.  En bon
français, on s'est faite dompé ce que les autres ne veulent/peuvent  pas ou
plus faire.  Tout cela dans un contexte de restrictions budgétaires, de
fermeture de lits et d'hôpitaux, de fusion d'établissement
(clsc+chcd+chsld=csssssssss x 10 exposant 23).
 
Les administrations ministérielles/régionales/hospitalières ont reussi à
écarter (et démotiver... parlez-en aux chefs démissionnaires des urgences)
peu à peu les soignants du schéma décisionnel (bonne décision
administrative, ces %&*!! de docteurs veulent toujours plus de ressources
(donc côutent plus $$) et continue de vouloir endormir la population
(regarde simplement la réponse de mon DG à la démission de plusieurs md de
Hull (http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/usages/consoDom.html).
Tout va bien, les nerfs les docteurs.  
 
Oeuvrant dans la pire urgence de la province, on multiplie les annonces... à
venir... bientôt... oui, oui...c't'à veuille... imminent, mais les gestes
concrêts se font rares pour ne pas dire absents.  Je ne crois simplement
plus l'administrateur qui me dit qu'il me comprend que j'ai raison et qu'il
faut endurer encore qq semaines/mois.  J'ai vu défiler 4-5 DG dans les 7-8
dernières années... même écoute, mêmes promesses et mêmes résultats... Il se
fait virer ou plustôt transférér.
 
Mais oui j'ai remarqué une amélioration des md qui travaille dans les
urgence.  Dommage que toute cette expertise et ces compétences ne soit
jamais utilisées à leures pleines valeurs.  Finalement les poursuites
dirigées contre les établissements feront peut-être bouger, qui sait???
 
PB

-----Original Message-----
From: [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] On Behalf Of Hamel Pierre
Sent: September 22, 2007 7:29 AM
To: [email protected]
Subject: URG-L: Re: URG-L: RE: URG-L: Pourquoi les salles d'urgences seront
éternellement bondées


Je me permet une brève intervention puisque je trouve que tout ne va pas si
mal que cela. 

Il est clair comme de l'eau de roche que la situation  de congestion qui
prévaut dans les urgences est demeuré sensiblement la même ... du point de
vue quantitatif.
Il n'en demeure pas moins que depuis quelques années, on note des
changements importants du point de vue qualitatif.

Tu as raison, le niveau de compétence s'est bonifié sensiblement. Ceci est
la résultante de l'investissement des équipes dans leur milieu et surtout
dans leur département. Le souci du maintien des compétences et le partage
interdisciplinaire.

Je me souviens de la croisade de la création des départements de médecine
d'urgence qui ne date pas de très longtemps. Ceci a eu un impact important
sur notre mission. 

Il faut aussi noter les gains considérables dans l'organisation physique des
urgences qui sont maintenant construites suivants les recommandations des
médecins d'urgence. 
Je pense à l'urgence du CHUL, Saint-François d'Assise, Cité de la Santé,
Chicoutimi en plus de toutes celles qui verront leur plan aboutir sous peu
comme Sacré Coeur et Enfant-Jésus. 
C'est un gain considérable.

De plus, nous avons réussi un gain important en sensibilisant les gens sur
le fait que la problématique de l'urgence est une problématique de
l'hôpital, du réseau, du système. C'est un gain incroyable aussi qui va
faire du chemin aussi.

Et que dire de la reconnaissance de la spécialité en médecine d'urgence...
et de bien d'autres gains (l'informatisation par exemple)

Évidemment, je trouve aussi que nous avons des problèmes criants comme la
pénurie des effectifs (MDs et infirmières), la bataille des PREMs. la
bataille des forfaits, l'accès aux lits etc ...

Toutefois, il faut reconnaître que nous avons fait un pas géant depuis 1999

PH 

Le 07-09-21 à 12:12, Catherine Bich a écrit :



Vision sans doute un peu pessimiste,mais…difficile de ne pas être d’accord
avec toi.Peu de choses ont changé en 20+ années.Ce qui doit bien vouloir
dire que peu de choses changeront.

Ce qui a changé,par contre,c’est à mon avis la compétence des gens qui
travaillent à l’urgence,urgentologues compris.De ce côté-là,d’immenses
progrès ont été accompli,vraiment immenses.La qualité des soins prodigués
est à mon avis nettement meilleure qu’il y a 20 ans.Personnel médical plus
qualifié et souvent « consacré » à l’urgence,personnel infirmier qui a aussi
accru ses compétences et ses connaissances au contact d’urgentologues dédiés
à ce type de pratique,etc,etc.

Dommage que le cadre n’ait pas suivi.

C.



  _____  

De : [email protected] [mailto:[EMAIL PROTECTED] De la part de Pierre
Bourassa
Envoyé : 21 septembre 2007 11:50
À : [email protected]
Objet : URG-L: Pourquoi les salles d'urgences seront éternellement bondées

Pourquoi les urgences sont-elles (et seront toujours!) engorgées
Cet été, les démissions de chefs, les crises par manque de personnel (tant
médical qu’infirmier) ont fait rage encore plus intensément dans nos salles
d’urgences.  Les lettres, entrevues et reportages sur les situations
précaires voir chaotiques des départements d’urgences dans beaucoup de
régions se succédèrent dans les médias.  Celle de Marie-Charlotte n'est que
la plus récente.
La question demeure : Pourquoi (malgré les promesses, les engagements, les
incitatifs, les budgets) ne parvient-on pas à améliorer substantiellement
(ou qui sait peut-être même résoudre!) la crise continuelle des urgences?
Après mûres réflexions… une réponse se pointe : On ne peut pas changer la
nature humaine… ainsi la situation perdurera.
Réponse simpliste me direz vous, mais pensez-y bien pour un moment.
N’avez-vous pas un placard « fourre tout » dans votre appartement? Ne
possédez-vous pas une « chambre à débarras » dans votre maison?  Qui n’a pas
une zone où le désordre perpétuel, le cafouillis continuel règne, après tout
on ne peut avoir de l’ordre et du contrôle sur 100% de notre existence. 
Pour l’hôpital, c’est un peu la même chose.  On ne peut pas composer avec
toutes les demandes de soins et toutes les carences (locaux, personnel
soignant et de soutien) alors on opte pour « concentrer » le désordre et le
chaos principalement dans un secteur… l’urgence.  Historiquement c’est ce
qui se fait partout au Québec et dans le reste du Canada.  On y ajoute des
annexes, des corridors, des locaux temporaires, des unités de débordements
(!!) et on y place  « l’excédent ».  Derrière les rideaux et les paravents,
le problème semble mâté, la situation contrôlée.  Rien ne paraît trop dans
les statistiques quotidiennes et les malades auront, un moment donné (dans
quelques jours…ou semaine(s)!!!), un vrai lit d’hôpital, à l’étage.
C’est ainsi qu’on réalise que la lumière au bout du tunnel n’existe pas et
que nous demeurerons à tout jamais la victime d’un système qui non seulement
tolère, mais permet voire encourage la surcharge de ses urgences (on doit
bien mettre les malades quelque part).
Ne vous demandez donc pas pourquoi il est devenu si difficile d’y attirer
(ou d'y retenir) médecins et infirmières.

Pierre Bourassa
Gatineau




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