Bonjour

Ici, les temps de passage - dont le temps d'attente - ont été localisés
comme un vrai problème par nos tutelles.

C'est un problème en tant qu'indicateur de performance et d'organisation.
Partant du principe que quand on fait aussi bien avec les mêmes moyens en
moins de temps, c'est forcément mieux que quand on fait moins bien ou pareil
avec plus de moyens et en plus de temps.

Une agence affilliée au Ministère de la Santé s'est donc attellée à
l'analyse de tout ça dans une cinquantaine de services, avec des objectifs
différents selon les problématiques spécifiques des services. L'idée en cela
est de proposer des sortes de kits reproductibles de solutions adaptées à
différents profils.

La synthèse des travaux est là :
http://www.meah.sante.gouv.fr/meah/index.php?id=19

Cela étant


Dans notre service, nous avions identifié un problème. Il n'est pas le seul
ni même le plus important, mais c'était le seul qui remplissait des
conditions nécessaires pour qu'une action efficace soit menée. Le principe :
résoudre déjà les problèmes que l'on peut résoudre, et ne pas attendre pour
cela de résoudre des problèmes qui nous dépassent ou pour lesquels toute
mesure de correction serait longue, difficile, et aléatoire.

Donc, nous avions choisi les délais de prescription de radiologie pour les
traumatisés bénins. L'idée était simple : le malade arrive après s'être mis
un coup de marteau sur le pouce. Tout le monde sait - le malade, sa voisine
qui l'accompagne, l'Infirmière d'accueil, le brancardier qui regarde - qu'il
va avoir forcément besoin d'une radio. Que se passe-t-il ? Il va attendre,
attendre, attendre ... jusqu'à ce qu'il soit dirigé vers une salle, où enfin
un Docteur va lui dire "Monsieur, vous avez besoin d'une radio". Et hop,
allons-y, on va attendre à nouveau pour avoir la dite radio. Tout usager des
Urgences considère cela comme proprement ahurissant, et il va bien faloir un
jour écouter ce que disent les malades.

Donc, nous nous sommes dit : bon, dans un certain nombre de cas,
l'infirmière d'accueil, sous réserve d'un protocole établi, pourra demander
illico la radio, le malade aura illico sa radio, il sera dirigé vers un
secteur particulier où un Docteur le verra avec sa radio.

On a fait l'étude sur deux mois et ce que l'on sait c'est que :

1. Ca n'augmente pas le nombre de radions effectuées. Donc la crainte de
"les infirmières vont demander des radios inutiles" ne se confirme pas par
les faits.

2. Si une radio utile n'a pas été demandée, elle le sera par le Docteur : il
n'y donc pas de perte de chance pour le malade. Et comme alors le circuit
est le même qu'avant, au pire il aura les mêmes délais de prise en charge
qu'avant. Et en plus, c'est rare.

3. Cela n'allonge pas les délais pour les autres malades : les temps de
passage mesurés pour le reste de la population ne sont pas impactés, donc
les temps des actions relatives à cette fillière ne sont pas pris sur ceux
des autres malades.

4. Le temps total (entrée-sortie) pour les malades inclus est diminués d'au
moins 25 %.

5. La fluidité de ce parcours améliore sensiblement les conditions de
travail pour le reste des malades. Les temps n'en sont pas forcément
améliorés, certes, mais parce qu'en fait ces temps ne dépendent pas
forcément de nous (labo, radio, libération des lits d'hospitalisation). Mais
par contre, ne pas avoir une forêt de malades légers traumatisés dans les
pattes pendant des heures, consommant beaucoup d'énergie et d'espace, ça
aide.

6. Les malades sont contents (on leur a demandé)

7. Les Docteurs sont contents (de même)

8. Les Infirmières sont contentes

Mais .... mais

Nous avons été obligé d'arrêter car ici, voyez vous, les choses sont ce
qu'elles sont et il se trouve que notre pays est hyper réglementé et si une
Loi dit qu'à 23 heures on doit se jeter sous un train, et bien à 23 heures
on se jette sous un train, et on discute pas, c'est la Loi. Donc, un
syndicat ayant fait un recours comme quoi c'est de l'exercice illégal de la
Médecine quand une infirmière demande de faire une radio. Ayant conclu que
la Loi nous imposait de mal prendre en charge les malades et qu'obéir à la
Loi était plus important que bien agir, nous avons été forcé d'arrêter.

Vous savez ce que j'en pense ?

Je n'ose vous le dire.

YL


"Charles Brault" <[EMAIL PROTECTED]> Ecrivait:
> ----- Original Message ----
> From: Alain Vadeboncoeur <[EMAIL PROTECTED]>
> To: [email protected]
> Sent: Saturday, December 8, 2007 4:07:33 AM
> Subject: URG-L: RE: URG-L: RE: URG-L: 18 heures à attendre à l'urgence
> 
> Je suis quand même surpris, sur deux ou trois points majeurs.
> 
> Principalement parce qu'on parle de l'attente comme une sorte de fatalité,
> pour laquelle il n'y a rien à faire. Est-ce vraiment le cas?
> 
> L'attente avant de voir le MD est une donnée peu connue, peu mesurée. On
> connait par coeur les % de 48 heures mais quelle est l'attente moyenne à
> Montréal? Or, on ne peut pas régler un problème qu'on ne documente pas. Je
> pense que personne ne veut tout simplement voir cette donnée. Parce qu'il
> faudrait alors s'en occuper. Ce qui est compliqué. 
> ********************
> Ouch
> C'est vrai
> 
> 
> La cause est certainement en partie la hausse de volume, mais est-ce la
> seule cause? Qu'en est-il des lieux dysfonctionnels qui rendent le
roulement
> difficile, de l'absence de stratégie de fast-track, d'absence de protocole
> de réorientation (là, j'admets qu'il n'y a peut-être simplement pas de
> clinique...). Pourquoi existe-t-il encore tant de modèles de
fonctionnement
> où les patients doivent obligatoirement passer par un cubicule avant
d'être
> couché sur civière? 
> **********************
> La case civière
> Le bogue des salles d'urgences
> 
> 
> 
> Ou bien, pourquoi n'avançons-nous pas dans le développement
> d'infirmières-praticiennes à l'urgence pour les codes 4-5 comme cela se
fait
> beaucoup aux USA? Pourquoi ne développons-nous pas la profession
> d'assistants-médecins, pour effectuer sous supervision certaines tâches? 
> **********************
> Sur l'infirmière praticienne !
> C'est une avancée médicale ! ?
> Euh... non
> C'est une avancée administrative ! ! !
> ... dans les lignes de l'optimisation des ressources
> 
> Mais laissé pas le modèle du Nurse Practicioner
> Vous empèchez d'utiliser des protocolis pour vos infirmière "normale"
> Un plus grand impacte à faire cà encore
> Que faire appel au Infirmières practiciennes 
> Les infirmières peuvent :
> Donner des narcotiques sans Rx
> De l'oxygène
> Partire une Intraveineuse
> Prise de sang
> Radio
> etc.
> 
> Catherine
> Tu serais moins occupé à des cas graves
> Si il y'aurait des Paramedic au Québec*
> Si les infirmières/système serait plus performant(e)
> 
> 
> Qu'en est-il de la formation? Il y a du roulement de médecins dans les
> urgences. Les cohortes actuelles qui prennent graduellement la place
> sont-elles bien formées? Peuvent-elles assurer un roulement efficace mais
> sécuritaire? Ce sont des questions qui se posent. On me disait qu'il y a
> moins de stages d'urgence dans les résidences de médecine familiale. En
> sommes-nous rendus à demander des formations complémentaires pour oeuvrer
à
> l'urgence (3e année de médecine familiale ou bien résidence de médecine
> d'urgence)? Pourquoi pas?
> **************************
> Est-ce que les MDs étaient bien former aux urgences dans le temps ?
> (L'intubation!)
> Je ne parle pas des bons Médecins (Kudos)
> Je parle plutôt de l'écart entre le meilleur et le pire
> Est-il aussi grand que dans le temps ?
> Est-ce que cela se mesure ???
> Quand est-il de nos Urgentologues (+4 ans)
> 
> 
> 
> Enfin, la question de la douleur. Une radiographie ne changera pas grand
> chose, mais dans combien d'urgences trouve-t-on des protocoles d'analgésie
à
> partir du triage, comprenant des narcotiques pour les douleurs plus
> importantes? 
> 
> ****************************
> Protocoles infirmiers
> 
> ... mais je me répète
> 
> 
> Charles
> * La merde/disruption qu'un patient ALS entrez par une équipe BLS
> N'a rien à voir avec un pt ALS bien techniqué par une équipe ALS
> Les collègues Francais pourrait peut-être nous en parler
> ... bien fait, le patient monte directement à l'étage (Cath LAb, ICU, CCU,
> morgue))))
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