Philippe Couillard tire sa révérence
Denis Lessard
La Presse
Québec

Après cinq ans à la tête du ministère de la Santé, Philippe Couillard tirera
sa révérence la semaine prochaine de la vie politique. Son départ forcera le
premier ministre Jean Charest à procéder, plus tôt que prévu, à un
remaniement ministériel.

Selon les informations obtenues par La Presse, M. Couillard a fait part il y
a quelques semaines de son intention de partir. Il sait déjà qu'il obtiendra
immédiatement un nouvel emploi dans une organisation internationale ou dans
le secteur privé, ont indiqué hier soir des sources libérales à La Presse.

«Il aspire à d'autres horizons», a-t-on résumé chez les stratèges libéraux.

Pour le remplacer, tout le monde voyait d'emblée Michelle Courchesne,
responsable du ministère de l'Éducation, mais il n'en est pas question,
a-t-on appris.

Déjà, avant le dernier scrutin, M. Couillard avait manifesté l'intention
d'obtenir un autre portefeuille, le Conseil du Trésor notamment. Son intérêt
pour la succession de Jean Charest était aussi manifeste mais, avec la
remontée du chef libéral et de son parti dans les intentions de vote, cette
hypothèse s'est envolée en fumée depuis huit mois.

Pour remplacer ce poids lourd au sein du gouvernement, M. Charest devra
plutôt se tourner vers Line Beauchamp, responsable de l'Environnement, ou
Nathalie Normandeau, des Affaires municipales. Cette dernière vient de
terminer une réalisation importante avec l'approbation de la loi 22 sur la
gouvernance de Montréal.

Cette obligation de brasser les cartes tombe à un mauvais moment pour M.
Charest. Beaucoup de questions se posent toujours sur l'avenir du jeune
ministre Claude Béchard. Le titulaire des Ressources naturelles est terrassé
depuis deux semaines par la maladie. Une tumeur cancéreuse a été décelée et
les médecins évaluent toujours les dommages causés par la maladie.

Il y a des mois que M. Couillard a fait savoir qu'il voulait quitter la
Santé. Il a de nouveau été consigné à ce poste quand le gouvernement a
obtenu seulement un mandat minoritaire, au printemps 2007. Depuis plusieurs
jours, son désintérêt était flagrant durant les travaux de la Chambre.

Des questions demeurent sur l'ampleur du jeu de chaise musicale qui aura
lieu la semaine prochaine. Aux Fêtes, le premier ministre Charest a
temporairement mis de côté des scénarios de remaniement qui faisaient
accéder deux, voire quatre députés, au Conseil des ministres. Les noms de
Pierre Arcand, de Mont-Royal, et de Nicole Ménard, de Laporte, sont revenus
fréquemment. Il s'agissait alors de décharger quelques ministres de trop
nombreuses responsabilités. Michelle Courchesne empile les responsabilités,
tout comme Raymond Bachand, titulaire du Développement économique. Ce
scénario a été remis à plus tard. Les remaniements sont une carte
importante, qu'on abat généralement pour freiner une glissade dans les
sondages.


 

Alain Vadeboncoeur

 

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