Philippe Couillard quitte la vie politique
Cyberpresse

Le ministre de la Santé et des Services sociaux Philippe Couillard a
confirmé ce matin en conférence de presse ce que les rumeurs laissaient
présager depuis près d'une semaine: il quitte la vie politique.

Il a donné sa démission en tant que député de Jean-Talon au président de
l'Assemblée nationale.

Philippe Couillard était titulaire du portefeuille de la Santé depuis
l'arrivée au pouvoir des libéraux, en 2003.

Il y a des mois que M. Couillard a fait savoir qu'il voulait quitter la
Santé. Il a de nouveau été consigné à ce poste quand le gouvernement a
obtenu seulement un mandat minoritaire, au printemps 2007. Depuis plusieurs
jours, son désintérêt était flagrant durant les travaux de la Chambre.


Un non-élu pour remplacer Couillard?
Martin Pelchat et Gilbert Lavoie
Le Soleil
Québec

Jean Charest jongle sérieusement avec la possibilité de nommer un non-élu,
le Dr Yves Bolduc, à la tête du ministère de la Santé en remplacement de
Philippe Couillard, a appris Le Soleil.

Le premier ministre ne créerait pas un précédent en puisant ainsi hors de sa
députation puisque dans un passé récent, deux premiers ministres péquistes
avaient confié des portefeuilles à des non-élus. En janvier 2002, Bernard
Landry avait fait de David Levine, cadre d’expérience du réseau, un ministre
délégué à la Santé. M. Levine avait toutefois échoué à se faire élire lors
de l’élection partielle dans Berthier en juin de la même année et avait dû
démissionner.

M. Landry avait eu la main plus heureuse en appelant au Conseil des
ministres Richard Legendre, en mars 2001. L’ancien tennisman avait réussi à
«légitimer» sa place quelques mois plus tard lors de la partielle d’octobre
dans Blainville. François Legault a lui aussi fait son entrée au saint des
saints avant d’être élu.

Lucien Bouchard avait confié à l’ex-homme d’affaires l’Industrie en
septembre 1998 et ce dernier profitait des élections générales de novembre
pour décrocher la circonscription de Rousseau.

Selon des sources libérales, le Dr Bolduc, présenté à toutes fins utiles,
pendant la campagne de 2007, comme le dauphin de Philippe Couillard, est
toujours intéressé à prendre en charge ce ministère pour lequel les élus
actuels sont loin de se bousculer. Il a de plus des liens avec la région de
Québec puisque son épouse est originaire de Cap-Rouge.

Il pourrait ainsi tenter de se faire élire dans la circonscription de
Philippe Couillard, Jean-Talon, d’ici la rentrée parlementaire d’octobre.

Vedette du réseau de la santé

Candidat libéral défait dans Lac-Saint-Jean en 2007, le Dr Bolduc est
cependant demeuré actif au PLQ, ayant notamment participé au dernier
congrès. Il a de plus travaillé étroitement avec l’organisateur en chef du
parti, l’ex-député de Roberval Karl Blackburn.

Véritable vedette du réseau de la santé depuis que son port d’attache,
l’hôpital d’Alma, a été présenté comme un modèle d’efficacité, on prête à
Yves Bolduc, qui est dans le début de la cinquantaine, comme Philippe
Couillard, une connaissance intime du réseau. Il a présidé pendant cinq ans
le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens. Décrit comme un expert en
performance, il vient de présider à Val-d’Or au redressement d’un
établissement. Il y a d’ailleurs entrepris une expérience-pilote inspirée
des chaînes de montage du constructeur automobile Toyota pour améliorer la
performance du bloc opératoire.

M. Bolduc s’est refusé à commenter lorsque nous l’avons joint. Mais selon ce
qu’a appris Le Soleil, il est dans l’écran radar de Jean Charest. Si ce
dernier opte pour l’expérience «politique» plutôt que du milieu de la santé,
on s’attend à ce qu’il se tourne vers une Nathalie Normandeau qui vient de
compléter une mission délicate aux Affaires municipales en dénouant
l’impasse de la gouvernance métropolitaine.

Remaniement

La désignation du successeur de Philippe Couillard et l’annonce du
remaniement sont toutefois affaire de timing pour le premier ministre,
puisque le moment du départ du ministre actuel de la Santé restait hier à
préciser. Il semble, par ailleurs, que le menu du Conseil des ministres que
dirigera ce matin le premier ministre est fort chargé, de sorte qu’une
annonce pourrait s’en trouver retardée. L’état de santé du ministre des
Ressources naturelles, Claude Béchard, est un autre facteur déterminant.
Opéré récemment pour un cancer, M. Béchard est toujours en attente d’un
diagnostic plus complet qui décidera de la durée de sa convalescence.

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