Ca aussi,c’est une chouette intervention.

 

D’accord sur tout.

 

C.

 

  _____  

De : Stephan Gascon [mailto:[email protected]] 
Envoyé : 12 mars 2009 12:35
À : [email protected]
Objet : URG-L: Re: URG-L: transport de décès

 

Pierre.

J'avouerai d'emblée que je n'ai pas suivi les messages qui ont mené à ton
message, usant du bouton DELETE à profusion. 

Alors je répondrai à neuf. 

L'historique d'avoir un médecin qui fait des constats de décès, est qu'il
était le seul à avoir les connaissances académiques et techniques pour le
faire de façon adéquate: rigor mortis, lividité, absence de pouls et de
respiration, l'habituel quoi. 

Au fil des années, la législation fut changé pour que l'agent de la paix
puisse, en l'absence de MD ou lors de morts évidentes, de déclarer quelqu'un
mort. De plus, deux personnes majeurs peuvent aussi déclarer quelqu'un mort.
Je résume, mais ça revient à ça. 

Depuis les années 80 ailleurs, et les années 90 au Québec, chaque ambulance
est munie d'un moniteur-défibrillateur. Lors d'une mise à jour des
protocoles d'intervention des paramédics, ceux-ci peuvent maintenant cessé
les manoeuvres de réanimation, voir même ne pas les entreprendre du tout, et
ce pour des cas autres que les morts évidentes. Et ce sous le principe de
"C'est pas une mort évidente, mais c'est évident qu'Il est mort." Mais les
paramédics n'ont pas le droit de dire que la personne est morte.

De là à dire que la personne chez qui on arrête ou on entreprends pas de
manoeuvre est morte, ça devient une question de sémantique légale. Yé pas
mort, mais on fait pas de manoeuvre!

Pour Montréal et Laval, les paramédics cessent ou n'entreprennent pas les
manoeuvres, laissent l'usager où il est, et un médecin assigné uniquement à
cette tâche spécifique passe un certain temps plus tard pour remplir les
papiers d'usages pour l'État Civil et l'entreprise funéraire. Les paramédics
se remette disponible pour d'autres interventions, après avoir complété LEUR
papiers d'usages. 

Cette façon de faire n'est pas disponible en province pour des raisons
politico-administrative (qui peut se résumer à "ça vient de Montréal, donc
c'est pas bon pour nous). 

Pour ma part, j'ai rien contre le fait que les paramédics puissent
entreprendre le processus légal en milieu urbain, question de volume
d'appel, d'exposition, et de support médical téléphonique déjà existant pour
les paramédics de Montréal/Laval. 

Pour ce qui est des inter-ébablissements, l'autre côté du balancier a
maintenant été atteint. Plus spécifiquement, certains CH urbains transferts
des usagers en transports adaptés avec des pompes doubles ou triples,
oxygène, moniteur et infirmière, et lorsque l'usager décompense, et bien on
appelle le vrai camion à maladie. 

J'en ai déjà discuté, mais le problème fondamental du système de santé
actuel, c'est que l'organisation du travail de chaque professionnel continue
de fonctionner sur celui des années 50, en essayant de patcher içi et là,
plutôt que de revoir de bas en haut comment ça DOIT fonctionner. 

Une exemple parmi tant d'autre: "Le CLSC est la porte d'entrée du réseau de
la santé." Avec respect, pour près de 600,000 usagers annuellement, la porte
d'entrée du réseau, c'est le Service Préhospitalier d'Urgence. Alors plutôt
que de se braquer, de dire continuellement "non, non, non,  non, non", qu'on
accepte la réalité, et qu'on fasse évoluer le système dans ce sens là. 

Même chose pour les CH. La porte d'entrée est maintenant l'urgence. Alors
qu'on modifie les structures opérationnelles pour refléter cette réalité.
Comme semble l'avoir fait avec succès le CH Sir Mortimer B. Davis Jewish
General Hospital de Montréal. 

D'un autre côté, on a un MD qui ne fait pas de RCR chez un usager dans sa
salle d'attente, un infirmière qui refuse d'admettre que son usager n'a pas
de pouls, des paramédics qui font marcher des infarctus (avec décès), et des
pompiers qui déclare des décès chez des gens avec un pouls. 

Sans prendre sa défense, les récriminations de Charles sont principalement
orientées sur le refus des professionnels de la santé, en tant que
collectivité, d'évoluer avec les changements de fonctionnement que la
clientèle naturellement impose au fil des années. 

Il faut réorganiser le travail, et c'est pas d'en haut que ça va
fonctionner, c'est de la base. 

Nous tous, les professionnels de la santé.

Salutations

Stéphan Gascon







2009/3/12 Pierre Bourassa <[email protected]>

C'est cela le problème, personne ne veut faire cela.  Je crois qu'en
contexte de manque de médecin, envoyer un MD déclarer un décès...
considérant qu'il n'y a plus de MD qui font (enfin presque) de visite à
domicile d'urgence, serait mal utiliser les ressources.  Utiliser les
ambulance n'est pas aussi un usage judicieux... mais il n'y en a pas
d'autres ressources présente 24/7.  On utilise les ambulances pour
transferts inter-établissements parce qu'il n'y a pas d'autres ressources
(sauf à certains endroits).

 

C,est un peu comme les policiers que l'on appelle via 911, pour des
problèmes pas vraiment judiciaire (vols, violence, crimes) mais pour faire
baisser la musique du party du voisin... ou pour remplir un formulaire de
constat d'accident.

 

Ça coute moins cher que de bâtir un système parallèle.

 

Donc cher préhosp, vous allez avoir cette tâche par défaut, comme bien des
tâches du MD de l'urgence (présent 24/7...), et apprendre à vivre avec.
C'est plate, mais c'est ça. 

 

Pierre Bourassa

 

 

Répondre à